ROSAWAY:L’INTERVIEW

Je vous ai déjà parlé de ce duo atypique composé de Rachel Ombredane et Stéphane Avellaneda dans un des premier portrait du blog. Nous devions enchaîner avec une interview en bonne et dû forme mais l’agenda de ces deux jeunes artistes s’est littéralement envolé et notamment avec la sortie de leur EP Stranger en ce début d’année. Ils sont ensuite partis en tournée, de la France à l’Italie et bientôt en Angleterre, déroulant leurs sons électro pop jazz et embarquant avec eux de plus en plus de monde dans leur sillage.

Je suis donc très heureuse qu’ils aient pris le temps entre deux dates de répondre à mes questions avec leur gentillesse habituelle. C’est un duo à découvrir d’urgence, car unique en son genre dans le paysage musical français et qui est promis à une belle carrière, aussi lumineuse, entraînante et solaire que leur musique et leurs personnalités.

Rosaway existe depuis quand et d’où vient le nom du groupe ?

Il est difficile de dater le début de ce projet car il a mûri sur une période de plusieurs mois. En revanche la première date marquante pour notre duo est le 10 mai 2017 lors de la sortie de notre toute première chanson/vidéo : Golden River.

Pour le nom du groupe… ça n’a pas été simple de trouver un nom qui nous ressemblait, qui résumait ce que nous voulions exprimer, qui nous donnait une identité de groupe tout en gardant nos deux identités propres. Autre paramètre : nous voulions un nom international que tout le monde puisse prononcer dans sa langue. C’est ainsi que l’idée de nos initiales à germer… Ro pour Rachel Ombredane, Sa pour Stéphane Avellaneda et Way pour notre façon de faire… Le fait que RoSaWay soit un boulevard à Los Angeles n’était pas pour nous déplaire non plus 😉 …

Comment une flûte traversière classique croise le chemin d’une batterie aux accents rock, jazz et blues pour finalement s’envoler vers de l’électro pop ?

Assez naturellement… notre idée avec RoSaWay était de partager à deux notre vision de la musique, notre bagage musical, nos envies de tester de nouvelles choses. La musique n’a de frontière que celles que l’on lui donne … La flûte n’est ni classique, ni jazz, ni pop… il en va de même pour la batterie… Ce sont juste deux instruments, de vecteurs de production de sons… Cette vision commune de nos instruments et de la musique en général nous permet de composer, de jouer et d’appréhender notre quotidien en tant que groupe. Finalement, le plus dur dans la rencontre entre la flûte traversière et la batterie est de convaincre les gens que ce mélange est une évidence car il ne s’agit que de musique, de produire des sons, des harmonies, des rythmiques…

Le son de Rosaway est assez nouveau, un savant mélange d’électro, de pop mais aussi de world music mais ta voix Rachel et ses accents lyriques lui donne une chaleur qui contraste avec le côté très structuré des morceaux. C’est particulièrement flagrant sur Raid the Radio. 

Quelles sont vos principales influences musicales mais peut être aussi littéraire, filmographiques ou picturales ?

Il est toujours difficile pour nous de disséquer, d’analyser ou même de mettre des mots sur notre musique (c’est d’ailleurs pour ça que nous avons choisi d’être musiciens 😉 )… L’arrivée dans la trentaine est sans nul doute un tournant, un premier bilan d’expériences… Et c’est peut être ça RoSaWay, une agrégation d’expériences.

D’abord musicales… nos deux carrières sont si différentes, il n’était pas dans l’ordre des choses qu’elles se croisent… et puis peut être que si finalement.

Rachel : Stef a façonné son langage « batteristique » et construit sa carrière sur scène, aux côtés des plus grands que compte la musique moderne : Ana Popovic, BB King, Jonny Lang, Tony Coleman… Nourries à la musique blues au biberon, ses années au conservatoire a étudié les percussions classiques avaient déjà métissé son approche et son jeu. Son entrée sur la scène internationale et plus particulièrement américaine à 23 ans finit de déterminer son style. C’est à ce moment que la somme des savoirs engrangés depuis près de 20 ans semble prendre son sens.

Stef: Quant au parcours de Rachel… il ne pourrait être plus classique… Entrée au conservatoire à 5 ans, sortie à 27 ans. Ce parcours est jalonné de concours, d’auditions, d’examens, d’heure de répétions, de gammes, d’arpèges… mais également de rigueur, de concentration, de recherche de l’excellence… avec un filigrane cette envie toujours présente et de plus en plus importante de monter sur scène et de jouer une musique sur mesure à ses envies, ses sentiments…

C’est donc ça les influences de RoSaWay : une sommes d’expériences blues, rock, classique, une énorme envie de partager la scène, et de chercher de nouvelles choses, de dépasser nos limites. C’est aussi des influences venues du spectacle vivant : de la danse, du cinéma, du théâtre…

Votre image est, elle aussi particulièrement travaillée, que ce soit côté style vestimentaire mais aussi dans les mises en scènes de vos clips et pour vos photos. Est-ce un aspect que vous avez pensé dès le début ou est-ce venu un peu par hasard ?

C’est un aspect que nous avons travaillé dès le début. Je pense même que c’est une des premières choses à laquelle nous avons pensé. Nous inventer/ réinventer en terme d’image est finalement le sas nécessaire dont nous avons besoin pour séparer nos vies privées de notre vie RoSaWay. Nous voulions créer une bulle bien a part et fonctionnant avec ses propres codes, son propre langage, sa propre grammaire et l’aspect visuel nous a semblé être un des éléments centraux.

Parlez-moi de votre EP STRANGER qui est sorti en Mars 2019. A quoi doit-on s’attendre musicalement ? Car vous avez ouvert votre duo à Adam Ahuja, un artiste multi-instrumentiste féru d’electro et qui utilise beaucoup la technique du live- looping. Pouvez-vous nous parler de cette collaboration ?

Notre nouvel EP Stranger vient de sortir. Il présente trois titres : Stranger, Here comes the rain et Rhythm of the night. Nous avons ajouté à ces trois chansons notre single Freedom que nous avions enregistré à New York en Mai Dernier. Nous sommes si heureux et fiers que cet EP voit le jour sous les labels américains Infinity Gritty et Ropeadope.

Nous devons cette opportunité unique  à Adam Ahuja qui en acceptant de collaborer avec nous en Avril dernier lors de notre session d’enregistrement au Pinch Record Studio en enregistrant les parties de Fender Rhodes, de Moog et de Prophets de notre single  Freedom, il est entré dans notre univers musical et a accepté de poursuivre cette aventure en créant les parties de claviers des chansons de notre EP « Stranger ».

Adam est un artiste pluri-disciplinaire, comme le sont bon nombre de musiciens américains. Il est pianiste, claviériste, guitariste, batteur… toutes ces casquettes lui donnent une identité unique, un sens aiguisé de la création et surtout souligne son envie de créer sans frontières ni préjugé.

Ce nouvel EP est musicalement plus affirmé que les chansons que nous avions pu produire auparavant. Après une année de concerts, nous avons développé une certaine assurance, rompu avec certaines habitudes, développé de nouvelles idées de structures, de sonorités… Cet EP est sans nul doute plus proche de nos deux personnalités.

Si vous deviez choisir un mot pour symboliser cet EP, vous choisiriez lequel ?

Son titre : Stranger

Avez-vous prévu une tournée cette année ?

L’année 2019 est clairement l’année des premières fois : la première fois que nous avons joué à Los Angeles (2 concerts), en Italie (3 concerts), en Angleterre (2 concerts)… et il semblerait que cette année nous réserve d’autres jolies surprises…

Avez-vous signé avec un label ou avez-vous choisi d’être totalement indépendant ?

Notre EP « Stranger » est sorti sous les labels Infinitty Gritty et RopeaDope.

Qu’avez-vous utilisé comme levier de communication pour vous faire connaitre ?

Tout ce qui était à notre disposition. Parce qu’ils sont faciles d’utilisation et créent une vraie proximité avec les gens, les réseaux sociaux sont notre vecteur de prédilection.

Nous avons la chance que notre musique soit relayée par certaines playlists également et par des radios (Fréquence Mistral, Radio Enghien, Radio Verdon, Air Show…). C’est une jolie exposition. Nous sommes très reconnaissants à ces médias de nous accorder leur confiance.

Etes-vous de grands utilisateurs des réseaux sociaux et pourquoi ?

Un grand OUI. Par ce que nous y avons trouvé une belle communauté d’artistes et de mélomanes et/ou amateurs d’art en général.

Les réseaux sociaux sont des plateformes ludiques et de partage.

Stef préfère Facebook qu’il trouve plus familial et se sent davantage proche des gens tandis que je lui préfère Instagram qui me semble plus ouvert et davantage basé sur le visuel et l’esthétisme de façon plus générale.

Une question plus liée à votre expérience sensorielle. Décrivez en un mot la sensation ressentie quand vous montez sur scène ?

Excitation

Pour vous avoir vu sur scène au Supersonic, il y a une vraie connexion entre vous du début à la fin du set et surtout une énergie incroyable qui se dégage de votre duo.

Avez-vous travaillé beaucoup en amont la mise en scène ou est-ce que c’est venu au fur et à mesure des shows ?

C’est une question difficile.

Nous sommes tous les deux grands amateurs du Show avec un grand S. Nous sommes fous de musique mais quand cela vient à la scène la dimension scénique est très importante à nos yeux. Elle ne peut évidemment pas se soustraire à la qualité musicale intrinsèque mais il nous semble qu’un concert qui oublierait cet aspect scénique visuel n’atteint que 70% de l’objectif.

C’est donc assez naturellement que notre connexion et ce sens du show se met en place entre nous. Toutefois, il ne faut pas mentir, certaines choses sont pensées, préparées, répétées, façonnées… disons que le canevas est bien préparé et rodé ce qui finalement laisse une liberté encore plus grande au moment T du concert. Autre élément important aussi : nous adorons jouer ensemble… Nous nous surprenons toujours, il nous arrive à chaque concert d’avoir prévu (plus ou moins en amont) une surprise pour l’autre ce qui entretient notre spontanéité et l’envie de renouveler l’expérience !!!

Dans votre loge idéale, on trouve quoi ?

Un canapé pour moi. Le petit stress de l’avant scène me donne un énorme « coup de barre » !!! et un frigo bien rempli pour Stef parce que ce garçon est un ventre sur pattes.

Sur votre scène idéale, on trouve qui ?

Toute l’équipe de Snarky Puppy, Cory Henry, John Legend, Susan Tedeschi, Derek Trucks, John Meyer… en fait eux on les trouve déjà dans nos ipods !!! sur notre scène idéale on trouve Stef et Rachel … mais qui sait dans le futur ce que sera notre scène idéale ?

Si vous aviez un seul conseil à donner à un jeune groupe qui débute, ce serait lequel ?

Dream big. Work hard. Never give up, Never.

Le temps vient de s’arrêter, vous pouvez choisir le moment qui a changé votre vie artistique jusqu’à aujourd’hui ?

Rachel : le jour où j’ai rencontré la flûte traversière.

Stéphane : Le jour où j’ai reçu ma batterie Mickey.

C’est le moment de partir sur Mars, vous emmenez quel disque ou quel bouquin avec vous dans l’espace ?

Comme disque : Upside downside de Mike Stern . Comme livres :  L’intégral d’Harry Potter et les deux tomes de La nuit de l’infamie de Michael Cox.

Pour finir, racontez-nous le moment le plus gênant, marrant ou inattendu de votre carrière ?

A NYC en avril dernier. Fin de notre concert au RockWood Music Hall. Débrief avec les copains et là… : « Oh my god i love this song… I can’t understand what you’re talking about but i like it it’s exotic »…

 Ce moment où l’on s’est rendu compte que les paroles de cette chanson n’avait aucun sens en anglais… Gigantesque fou rire…

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