Le 21 fĂ©vrier dernier, j’ai eu la chance d’assister au concert du groupe anglais Tears for Fears Ă l’AccorHotel Arena. On pourra dire qu’ils se sont fait attendre, initialement prĂ©vu au printemps dernier, le concert avait Ă©tĂ© annulĂ© pour raison de santĂ© Ă notre grand dĂ©sespoir. Bref, un an aprĂšs, nous y voilĂ enfin.
Tears for Fears fait partie des groupes que j’Ă©coute depuis la sortie de leur tube planĂ©taire Shout. Ce groupe composĂ© de Roland Orzabal et Curt Smith a Ă©tĂ© formĂ© en 1981. Leur premier album « The Hurting » sorti en 83 eut un succĂšs monstre en Angleterre et est considĂ©rĂ© comme un album concept de part sa singularitĂ© puisqu’il mĂ©lange les sons des synthĂ©tiseurs, trĂšs en vogue dans les annĂ©es 80 Ă ceux d’instruments classiques. C’est sur album que l’on retrouve « Mad World ».
Leur deuxiĂšme album « Songs from the Big Chair » sort en 1984 et c’est un concentrĂ© de tubes, « shout », « Everybody wants to rule the world ». La particularitĂ© de Tears For Fears se sont surtout des textes forts, une atmosphĂšre empreinte de mĂ©lancolie mais avec une Ă©nergie incroyable. Personnellement je peux Ă©couter pendant des heures cet album que je trouve particuliĂšrement planant.
Le troisiĂšme album » Seeds of Love » parait en 1989 et change radicalement des deux premiers, moins electro pop et plus jazzy mais surtout Ă mon sens taillĂ© pour la scĂšne. Car Tears for Fears est un vrai groupe de musiciens qui donne toute sa puissance sur scĂšne.
La preuve Ă l’AccorHotel Arena, complet et en version assise, les deux anglais accompagnĂ©s d’une choriste incroyable Carina Round, qui a visiblement remplacĂ© la non moins sublime Oleta Adams, ont livrĂ© un show Ă©poustouflant en reprenant tous leurs tubes ainsi qu’une reprise de Creep de Radiohead incroyable. Un concert Ă©norme et intimiste en mĂȘme temps, les voix sont toujours aussi puissantes, mĂȘme si j’ai trouvĂ© celle de Roland Orzabal, un brin nasillarde. Par contre l’Ă©nergie et le partage avec le public a Ă©tĂ© Ă la hauteur de ce que j’espĂ©rais. Avec un immense coup de cĆur pour « Badman’s song » que j’attendais avec impatience d’entendre en live.
Cette chanson a durĂ© presque 10 minutes et a mis le feu Ă Bercy. Orzabal s’est payĂ© le luxe de descendre jouer de la guitare juste devant les premiers rangs. Bref une ambiance incroyable que j’ai rarement vu dans cette salle dont je ne suis pas fan gĂ©nĂ©ralement en raison de son manque de chaleur justement. Mais un public français qui attend un groupe depuis 14 ans, cela donne un moment de grĂące oĂč tout le monde reprend les titres par cĆur et surtout qui fait du bien.
Il y a des concerts dont vous ressortez en vous disant que c’Ă©tait cool et il y a ceux qui vous procure une sensation de bien-ĂȘtre absolu et dans mon cas d’un retour pas dĂ©sagrĂ©able vers mon adolescence. La derniĂšre fois que j’ai connu cette sensation Ă©tait au dernier concert de Simply Red au Zenith, quelques jours aprĂšs les attentats de Paris. L’ambiance Ă©tait chargĂ©e en raison de l’actualitĂ© et nous avions ressenti un lĂącher prise de tout le monde dans la salle. Ce concert a Ă©tĂ© un des plus bouleversant que j’ai vu pour toutes ses raisons.
En tout cas, si vous en avez l’occasion et si vous ĂȘtes fan de la musique des annĂ©es 80 dans sa version la plus riche, foncez les voir, vous ne serez pas déçu. Visuellement, c’Ă©tait juste dĂ©ment avec des vidĂ©os de leurs anciens clips mais aussi de danseurs, et les lumiĂšres Ă©taient lĂ pour sublimer le tout. Et dans tous les cas, ce sont des musiciens incroyablement talentueux.
En rĂ©sumĂ©, joie, joie, joie et la preuve s’il en Ă©tait besoin que la musique est vraiment un baume pour le cĆur de tous et une source d’Ă©nergie inĂ©puisable
Un petit cadeau pour finir avec une vidĂ©o de Bad Man’s Song, certes qui vous donnera le mal de mer, mais pas facile de tenir son smartphone tout en dansant đ