Allez hop, je vais essayer de reprendre les articles du blog, parce que je ne me lasse pas de découvrir de nouveaux artistes. Ceux qui me suivent sur Insta ont dû voir que je partageais surtout des stories sur mes coups de cœur, les événements et les concerts. Mon label, 17C-Records, lancé en 2021, me prend pas mal de temps, mais je tiens à garder mon blog Fred’s Backstages bien vivant. 😊
Aujourd’hui, je te fais un petit récap de ma dernière playlist Spotifyet des raisons pour lesquelles j’ai choisi ces 30 artistes en particulier. Je ne vais pas te détailler chaque nom, mais j’en ai mis quelques-uns en avant; et plutôt des filles cette fois-ci; pour parler d’un sujet qui me tient à cœur : l’engagement des artistes en 2024/2025. C’est un sujet vaste, et j’y reviendrai sûrement plus tard, mais pour l’instant, restons concentrés sur la musique.
Des artistes variés, mais un même besoin de sincérité
Dans ma playlist, on retrouve des noms bien installés, comme Billie Eilish ou M.I.A., mais aussi des talents en pleine explosion comme Nessa Barrett ou Chappell Roan, qui a d’ailleurs décroché un Grammy récemment. Et puis, il y a ces artistes en pleine ascension, qui ne cessent de grandir : Chiara Foschiani, Blue Jay, Kiara Jones…
Chapell Roan
Sur le papier, ça pourrait ressembler à une playlist un peu éclatée : entre la pop alternative de Blue Jay, le soft rock de Marlene Larsen, le RnB métissé de Zeina et le jazz oriental de Yael Miller, on est sur un vrai grand écart musical. Mais en les écoutant, il y a quelque chose qui les relie : une sincérité brute, une musique qui leur ressemble, sans chercher à rentrer dans un moule.
Je trouve fascinant de voir à quel point leurs textes sont souvent très personnels, abordant des sujets aussi forts que la santé mentale, la quête d’identité ou l’affirmation de soi. Il y a une fragilité, un refus des conventions, une manière de raconter des histoires humaines avant tout.
Chappell Roan, par exemple, mêle esthétique rétro et revendications identitaires, c’est ce mélange explosif qui lui a valu son Grammy. Nessa Barrett, elle, explore ses angoisses dans une dark pop ultra sincère, tandis que Billie Eilish, toujours aussi minimaliste, parle ouvertement d’anxiété et de dépression, en jouant sur les silences et les contrastes. M.I.A., de son côté, fait ce qu’elle a toujours fait : mélanger pop, électro et engagement politique, sans compromis.
Quand les racines façonnent la musique
Autre point commun entre ces artistes : leur héritage est un moteur, pas juste une influence. Zeina, qui vient du Liban et du Canada, mélange ses cultures dans un RnB atmosphérique. Saint Levant, lui, jongle entre l’anglais, le français et l’arabe, reflétant son identité hybride. Yael Miller joue sur la fusion entre jazz, pop et traditions moyen-orientales, tandis que Lubiana, une jeune anglaise que j’ai découverte en première partie de Lana Lubiani récemment, avec son afro-pop lumineuse, apporte une touche ensoleillée à cette sélection.
J’adore voir comment ces artistes dépassent les frontières musicales et créent des ponts entre leurs racines et leur univers sonore. C’est ce qui rend leur musique unique et vivante.
Une musique en écho avec le monde actuel
Ce qui me touche particulièrement, c’est la manière dont ces artistes s’impliquent dans leur époque. Leur musique ne parle pas seulement d’eux : elle résonne avec l’actualité, elle prend position.
Les droits LGBTQ+ et la montée des conservatismes : Certains dénoncent les discriminations, notamment face aux politiques conservatrices comme celles de Donald Trump, ou encore aux propos polémiques d’Elon Musk sur les personnes transgenres. Chappell Roan en a fait un élément central de son identité artistique.
Les conflits et tensions internationales: La guerre entre Israël et Gaza bouleverse le monde, et des artistes comme M.I.A. se sont toujours exprimés sur l’immigration et les injustices sociales. Saint Levant et Zeina, issus de régions touchées par ces tensions, intègrent ces réalités dans leur art.
La santé mentale, une thématique incontournable: Ce n’est plus un sujet tabou : Nessa Barrett en parle sans filtre, en mettant à nu ses blessures psychologiques. Billie Eilish, elle, a contribué à briser le silence autour de l’anxiété et de la dépression, en montrant qu’il est possible d’en parler sans tomber dans le pathos.
Une playlist qui reflète la musique d’aujourd’hui
Ce qui ressort de cette sélection, c’est à quel point la musique a changé. Les étiquettes s’effacent, les genres se mélangent, et surtout, les artistes n’ont plus peur de se livrer. On les écoute autant pour leurs sons que pour ce qu’ils ont à dire.
Et c’est peut-être ça, la vraie révolution de la musique actuelle : elle n’est plus seulement là pour divertir, elle fait écho à nos vies, à nos émotions, à notre monde. J’en entends certains dire que beaucoup l’ont fait avant elles et je suis d’accord, sauf qu’on avait un peu perdu cet aspect dans la pop. L’esprit de revendication a été dès le départ un axe majeur dans le rap, il l’est toujours pour certains, mais s’est distillé aussi dans des considérations plus business pour en oublier parfois ses origines. Idem, dans la pop, qui revient à sa vraie définition. « Populaire », car si le mot entend s’adresser au plus grand nombre, il est aussi là pour parler des sujets qui touchent directement aux vies de chacun et chacune. S’amuser et réfléchir, se détendre et penser ne sont pas antinomiques heureusement.
En résumé : une playlist, mille émotions
Si tu cherches des artistes sincères, qui osent expérimenter et bousculer les codes, cette playlist est faite pour toi. Tu y trouveras des morceaux introspectifs, des hymnes engagés, et surtout, des voix qui marquent et marqueront leur époque. C’est ce qu’on leur souhaite en tout cas.
Laisse-toi happer par la dark pop intense de Nessa Barrett et la pop hybride de Saint Levant. Plonge dans les univers envoûtants de Chiara Foschiani et Blue Jay. Ressens l’énergie unique de Chappell Roan et M.I.A..
J’espère que cet article te donnera envie d’explorer cette sélection et, qui sait, de découvrir ton prochain coup de cœur
Voici nos coups de coeur de la semaine les amis, avant une pause estivale. On se retrouve en septembre pour le radar.
On démarre avec Mathieu Saïkaly et sa poésie qui fait du bien. C’est une jolie découverte faite sur Groover, entre pop et folk acoustique. Gagnant à 20 ans de la Nouvelle Star, il sort en major un premier album « A Million Particles » avant de se lancer en indé pour un deuxième album. Le titre « Mon âme » est extrait de son dernier EP « Neptune ». 5 titres délibéremment épurés, guitare-voix, mélangeant anglais et français. Gros coup de coeur pour le titre « Why are you here ». On pense à Bon Iver ou Leonard Cohen, mais comme nous ne sommes pas fan des comparaisons, on dira que cela ne ressemble à rien d’autre qu’à l’univers particulier de Mathieu. Laissez vous embarquer par ses mots et la douceur de sa voix.
Je vous emmène à la découverte du groove de Queency et de son « Forbidden fruit », le morceau idéal de votre été. Queency est originaire de la Réunion, mais basé en Australie Occidentale (Perth/Fremantle). Auteur-compositeur-interprète. Nous avons été séduits par sa voix et l’énergie qui s’en dégage. Un petit côté Bruno Mars dans son côté soul à découvrir absolument.
On continue avec Curseurs, un groupe français formé en 2022. Ils nous déroulent une pop douce et vaporeuse, portée par la voix douce de la seule fille du trio. « Bolide » est un titre doux et entraînant. La mélodie est facile à retenir et embarque dans un voyage qui prête à la rêverie. Armés de textes en français et soutenus par une direction artistique qui semble tout droit venue des Etats-Unis, ils préparent actuellement leurs premières sorties, accompagnés par Frédéric Vectol à la réalisation (Woodkid, Eddy de Pretto…). »
On termine avec Enid, un groupe belge, découvert aussi il y a quelques temps et toujours aussi surprenant avec ce placement de voix atypique et ce grain qu’on dirait venu des années 70 avec cette folie créative que l’on perçoit telle une Janis Joplin du 21ème siècle. Enid signifie « esprit, âme ». Derrière ce nom se cache la fusion du feu et de la glace… Nawal est une créatrice et compositrice impulsive, compulsive et intuitive, c’est de l’émotion à l’état pur. Lorsqu’elle n’écrit pas, elle se plonge dans les œuvres de poètes anglais, créant un pont reliant les époques. Pascal, c’est la tempérance et la sagesse d’Enid. C’est lui qui centralise les idées, canalise la fougue créatrice de Nawal et frappe le rythme. Connu comme batteur dans des groupes comme Kinsley, Blutch et The Diplomat, il intègre ses influences rock dans l’univers éthéré de Nawal.Nawal la chanteuse est aussi. Leur titre « Dream within a dream » est extrait de leur ep » Paracosmic collision » sorti en 2021.
Allez c’est reparti pour un petit radar avec quelques jolies découvertes!
On démarre avec Lias, auteur-compositeur et interprète aux racines néerlandaise qui nous offre un très beau single « Need me now » qui conclut son premier ep « Run Boy Run » qu’il a sorti single après single depuis novembre 2021. Je l’avais découvert avec son titre « Lost » et sa voix m’avait fait penser à celle de Luke Hemmings. Avec « Need me now », Lias continue d’aborder les questionnements amoureux, les doutes, les douleurs mais il y apporte l’espoir d’un mieux-être possible. Il y apporte une note jazzy qui rend l’ensemble doux et intime. A découvrir absolument.
On embarque avec Caravãna Sun, un groupe australien, qui nous emmène dans une expérience cathartique avec son titre « Firebreak « . Un beau morceau chill et presque ésotérique. La voix est planante et enveloppante avec un petit côté Pink Floyd. Un beau titre pour l’été, la tête dans les étoiles. Le titre est extrait de leur album « Burning Palms ». Originaire du sud de Sydney, le groupe est formé en 2010 par Luke (guitare/voix) et Ant (basse/voix) avant d’enrichir le duo avec Chris (clavier/voix) et Smithers (batterie). Le groupe a déjà à son actif de nombreuses dates dans le monde et souhaite se faire connaitre dans l’hexagone, alors si vous aimez les guitares planantes et les ambiances electro calmes, vous devriez kiffer ce morceau et ce groupe!
On continue avec Chris de Sarandy, et son titre « Like I don’t know you ». originaire du sud-ouest de l’Angleterre, ce jeune homme de 24 ans a commencé à jouer dans un groupe indé à l’âge de 14 ans, mais se sentait frustré parce qu’il voulait en faire toujours plus que ses camarades. Il est passé de l’indie à la pop, qualifiant sa musique de plus naturelle et mature. J’ai eu un gros coup de coeur sur sa voix, un peu à la James Morrison avec ce grain un peu éraillé, à fleur de peau.
On termine avec YNDLING, le projet dream-pop de l’artiste norvégienne Silje Espevik. Une très belle surprise avec la découverte de son titre « Plants », avec sa voix douce et presque évanescente, Silje joue avec les harmonies avec grace et élégance. Voici ce qu’elle dit sur son titre : « Plants » parle de la rupture d’une manière lente, et du sentiment d’être trop proche pour voir les choses clairement. Il s’agit des émotions contradictoires de vouloir être toujours tenu en haute estime par votre partenaire, mais en même temps de s’éloigner, et la terrible sensation de perdre la proximité avec ce qui était votre personne préférée. » Yndling tire ses influences d’artistes et de groupes tels que Beach House, Tops, Crumb, Hatchie et Mazzy Star.Ce titre m’a touché et le refrain est addictif, à vous de le découvrir 🙂
Nouveauté sur le blog avec les sorties du vendredi de ceux qui ont attrapé mon oreille depuis quelques temps déjà. Et en ce début juillet, il y a de très jolis titres à découvrir absolument. J’ai selectionné quelques uns des artistes de la playlist à écouter intégralement sur Spotify.
On commence par la délicate Mackenzie Leighton, une autrice-compositrice et interprète américaine, plutôt dans la vibe indie-folk et qui vit à Paris. Sa ballade « James » nous embarque avec son côté jazzy et la voix douce de cette jeune femme talentueuse fait le reste et laisse présager l’arrivée d’un nouvel album
Simony quant à lui continue sa route après un break, le temps de se ressourcer et de nous sortir un deuxième ep « Vortex » plus que prometteur. « Bas les masques » est aussi efficace que les autres singles, avec les Rabbits à la prod et Simony sur les textes. Et on peut dire que ca écrit bien, c’est ciselé, un digne héritier de Nekfeu avec une belle énergie et une intelligence des mots. Simony sera à la Boule Noire le 30 Novembre à Paris.
Lil Yan est aussi un jeune rapeur à découvrir. Lauréat du prix des collégiens lors du Tremplin 77, l’écriture est aussi réfléchie et sait toucher juste. Alors donner lui de la force avec son nouveau titre « OSB »
Dynah, quant à elle nous séduit avec sa voix douce et evasnecente sur son titre « le mal bleu ». La pop de Dynah est intimiste, élégante, un pied dans le rêve, un pied dans le réel, de la force et du minimalisme dans le texte comme dans la musique. Elle sera en concert à Bondy à l’espace Chauzy, le 13 juillet.
Cette semaine, je vous invite à découvrir mes coups de cœur avec de chouettes artistes, originaux et inventifs et 100% français ce qui n’est pas si souvent par ici 🙂
On démarre avec La Biche, qui a sorti le 10 juin son premier single « Mister ». Derrière ce pseudo, se cache Laetitia Dremeau, d’abord étudiante en arts plastiques, puis danseuse professionnelle, chorégraphe et mannequin avant de retourner à la musique, son premier amour. Ses influences vont de Debussy à Billie Eilish, en passant par Gainsbourg, Camille et Eddy de Pretto! “Mister” est issu d’un album qu’elle a intégralement écrit et composé. J’ai beaucoup aimé la production épurée et étrangement complexe. La voix se pose avec évidence sur la musique avec une légéreté contrastant avec le texte.Le titre est illustré par un clip incroyablement beau, avec une esthétique recherchée qui fait du bien aux synapses. Le corps est magnifié et l’on entrevoit,dans cette vidéo toutes les facettes de cette artiste à suivre absolument.
On continue avec Julia Drouot, une artiste française un peu à contre-courant dans les musiques actuelles, de part sa formation classique; elle a étudié la musique de chambre; cependant, Julia réussit à s’en détacher pour ne garder que le côté intimiste dans sa musique, un sens de l’épure et du texte qui ne peut que séduire. Dans ce nouveau titre « Lettre à Jalousie », elle explore les » jeux de dupes et cette foutue séduction par soustraction ». En tout cas, c’est d’une aussi grande douceur, un peu evanescent, bien écrit. On dirait une caresse, j’ai beaucoup aimé le spleen dans sa voix qui est tout sauf plombant, plutôt comme une évidence chantée. Si vous aimez les Emily Loizeau, Emilie Simon, Jeanne Cherhal, Agnès Obel, Keren Ann, vous allez adorer Julia.
On termine ce radar avec le duo détonnant OJOS, grosse surprise et gros coup de coeur. Ojos c’est Elodie et Hadrien qui explorent sans détour la violence, les contradictions, les leurs et celle de la société, usant tour à tour du français et de l’espagnol. Avec » Peligrossa », ils abordent un sujet malheureusement tellement d’actualité pour les femmes, une histoire de harcèlement vécue par Elodie, qu’elle a eu le courage de transformer en un cri artistique puissant, refusant que la peur dirige sa vie. Le clip qui accompagne le titre est fou, complètement barré, j’ai adoré. « C’est une réponse décalée à toute cette violence, à tous ces messages indésirables ayant leur place dans un onglet «spam». C’est l’idée du harceleur harcelé, comme si le spectateur devenait l’un des protagonistes del’histoire : le personnage harcelé ». A suivre sans hésitation!
Hello, de retour après une longue pause dû à la création de mon premier label de musique indépendant 17C-Records, je reviens pour vous parler de mes coups de cœur du moment.
On démarre avec Lodélie, une artiste lyonnaise qui nous avait déjà interpellées avec son titre « Eclat noir » il y a quelques mois. Plutôt folk et en français avec une vraie force dans l’écriture et une voix assurée, bien plantée qui nous a plu. Cette fois-ci, Lodélie revient avec « The Flow » un titre en anglais avec toujours cette sûreté dans la voix qui colle aux mots de façon évidente. Elle prépare son prochain ep pour le mois de septembre 2022 et on a hâte de le découvrir.
On continue avec Hannah Featherstone. Une artiste franco-anglaise qui a participé à l’édition 2018 de The Voice dans l’équipe de Mika. Hannah a surtout et avant tout, une voix surprenante, presque mystique qui nous a un peu rappelé celle de Hannah Reid de London Grammar. Il y a quelque chose de plus froid dans la façon dont Hannah Featherstone chante, plus classique aussi avec un joli travail sur les harmonies qui apporte de la profondeur et du lyrisme. Une envolée presque futuriste à découvrir absolument.
On vous emmène au Brésil avec ZêThó, un artiste qui fusionne habilement les différentes cultures qui l’ont imprégné depuis son enfance (brésilienne, colombienne et antillaise). Il mélange acoustique et électronique et c’est plutôt réussi. On lui a demandé les paroles de sa chanson Nossa Roda, histoire de voir de quoi ça parle, ne maîtrisant pas le portugais, bon pas sûre d’avoir même compris la traduction, mais l’essentiel ici est que cela donne le sourire et envie de danser et ça, on adore ! Son album est prévu pour janvier 2023.
On se retrouve la semaine prochaine pour d’autres découvertes et en attendant n’oublies pas de t’abonner au blog et de nous suivre sur nos réseaux sociaux !
Jean-Marc Sauvagnargues, le batteur des Fatals Picards, le groupe emblématique français m’a accordé une interview pour nous parler de l’actu des Fatals et des concerts-test qui auront lieu à la Secret Place les 5 et 6 Juin 2021 dans une volonté d’ouvrir les lieux culturels fermés. Malheureusement entre l’écriture de cette interview et la sortie de l’article, nous venons d’apprendre que le concert est annulé.
Comment vont les Fatals Picards après ces 15 mois d’arrêt forcés ?
Les Fatals vont mieux maintenant. Pour ne pas rendre cette période de confinement trop inutile ni trop stérile, on s’est mis à fond sur l’écriture de notre 10ème album. On est parti trois fois pendant six jours en isolement pour écrire et faire des maquettes et on a déjà enregistré 5 titres sur les 12 ou 15 que comptera l’album.
Vous avez encore réussi l’exploit de financer un album avec une campagne de crowdfunding incroyable. Quand est-ce qu’il devrait sortir ?
En effet, on a profité du confinement pour lancer cette nouvelle campagne de crowdfunding et on a battu nos propres records en récoltant 135 000 euros. Je pense qu’il y a eu une volonté supplémentaire des gens d’aider un peu les artistes. L’album ne sortira pas avant février 2022 et d’ici là, on espère sortir un ou deux titres avec des clips.
Est-ce que cette période de pandémie a influencé votre manière d’écrire et de composer ?
D’habitude, on écrit en tournée, on discute, on échange nos idées, on a du temps dans les loges pour faire avancer les projets. Mais là, on a été loin les uns des autres, ce qui ne nous est jamais arrivé depuis vingt ans, depuis 2007 et on ne voulait pas travailler via Zoom. Du coup, on a été obligé de mettre en place ces moments d’intimité, pendant lesquels nous sommes partis tous les quatre pour s’isoler. Ce qui a été formidable, ça a permis de travailler d’une façon différente.
Par contre, d’une manière générale, on n’essaye pas de réagir aux sujets d’actualité, parce que quelques années après, ça n’a plus d’intérêt. Pas de chanson sur le Covid donc dans cet album. On se l’est toujours un peu interdit. On a aussi refusé les propositions de concerts en streaming, parce qu’on considère que les concerts ne se font qu’en live et que ce n’est pas dans notre adn . On veut voir les vrais gens et on sait que nos fans attendent ça.
Auriez-vous sorti un album aussi rapidement après le dernier qui date de 2019 sans cette crise sanitaire ?
Je pense que sans le confinement, nous n’aurions pas sorti un album aussi rapidement (Ndlr: Espèces Menacées en 2019). Nous avions une tournée conséquente de plus d’une centaine de dates prévue qui nous aurait empêchés de trouver ces six semaines de travail.
Vous êtes parvenus à ne jamais couper les liens avec vos fans pendant cette période. Quel a été la chose la plus amusante que vous retiendrez de cette période de confinement ?
La plus amusante est sans aucun doute l’émission Poupou que notre chanteur Paul a mis en place sur les réseaux sociaux. Sinon, c’est une période qui m’a forcé à apprendre des choses, du montage vidéo par exemple et je me suis mis au piano comme un malade. Ca nous a forcé à faire d’autres choses, à continuer à ne pas se prendre au sérieux !
Et le plus difficile?
L’absence de concerts ! Quand tu pars tous les ans, au moins cent jours loin de chez-toi depuis vingt ans, que tu as une grosse tournée de prévue, que tu dois gérer tous les jours les annulations, les reports, que tu n’as aucune certitude et surtout que tu vis de ça. Tu as des moments de panique vertigineux. On a une équipe complète qui dépend de nous.
Beaucoup de dates ont été annulées notamment encore cet été, malgré tout, vous devriez fêter les 20 ans du groupe à l’Olympia le 18 septembre.
Il y a encore des dates qui s’annulent parce que les organisateurs ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés, surtout par rapport aux jauges. Mettre en place des règles sanitaires, tout le monde sait le faire désormais, mais certaines jauges font que les organisateurs privés notamment ne veulent pas s’engager à réserver des salles, des équipes, des artistes, payer des avances, sans savoir s’ils ont une chance d’être en positif financièrement à la fin du concert.
Pour l’Olympia, normalement, ça va se faire, mais si la jauge est limitée à 70 % et comme c’est déjà quasiment plein, on ne pourra pas faire le concert. Il faut que la jauge soit à 100 % en debout, sinon on ne peut pas sélectionner 30 % de personnes et leur annoncer qu’ils ne pourront pas venir.
Que pensez-vous du pass sanitaire et de la polémique autour de lui?
Pour le pass sanitaire, si c’est le prix à payer pour retravailler, on est d’accord. On peut tous faire un test salivaire pour aller voir un concert. Certains pensent que c’est une atteinte aux libertés, nous, on ne le pense pas. Si c’est nécessaire pendant une période donnée, c’est mieux que de ne pas jouer, ne pas aller au théâtre, etc. Faire un test salivaire avant d’entrer dans une salle de concert, ce n’est pas plus difficile que de montrer son billet.
Cela faisait longtemps que je voulais vous parler de Dolche, une artiste que je suis depuis plusieurs mois déjà et pour qui j’ai eu un vrai coup de cœur dès la première écoute. Dolche est une artiste franco-italienne qui a déjà une belle carrière d’une vingtaine d’années avec plus de 500 concerts à travers le monde.
Son nom d’artiste se veut un hommage à la “La Dolce Vita” de Federico Fellini.
Elle a un style musical bien particulier qui mélange différents genres comme le folk, la chanson française, la musique du monde, la musique classique, le funk, l’électronique et c’est ce qui me plaît chez elle.
Elle a sorti un albumExotic Dioramaen octobre dernier qui est un bijou. Ca m’a fait penser à Florence and the Machine avec une voix incroyable, très pure et claire. Et surtout, Dolche a un univers visuel très fort que ce soit dans son look avec cette couronne faite de cornes de vaches ( un peu à la Jamiroquai) qui lui donne une aura de fée et dans ses clips qui sont très originaux et puissants.
L’imagerie autour des cornes vient de ce qu’on appelle les Reines en Italie. Ce sont des vaches qui sont parées de couronnes de fleurs quand elles reviennent des alpages. Ces « Reines font aussi partie d’un évènement qui a lieu dans sa ville d’origine en Italie et qu’on appelle la « Bataille des Reines », une joute non- violente pendant laquelle les vaches s’affrontent deux à deux jusqu’à ce que l’une cède sa place. La gagnante est alors parée de couronnes de fleurs et acclamée. Vous le voyez, Dolche aime les symboles forts et résolument tournés vers la bienveillance.
Lundi soir, j’ai pu présenter sur Europe 1 dans l’émission Musique! d’Emilie Mazoyer, sa chanson « Criminal Love. C’est une chanson d’amour pure, qu’elle a écrite pour sa femme avec qui elle vient d’avoir un petit garçon. Pour elle, de la passion ne peut naître que des choses extraordinaires. Elle porte un message simple qui est ne pas avoir peur des sentiments, de donner tout ce qu’on a à l’intérieur de soi, et à ne pas regretter d’avoir aimé même si toutes les histoires d’amour ne finissent pas bien. L’album est à découvrir absolument, car il y a des pépites, entre Universal Gloria, sublime et presque religieux dans sa structure, Psycho Killer, la chanson des Talking Heads qu’elle interprète divinement, mais aussi Big Man. Que du bon dans cet album et des clips à couper le souffle. Que ce soit en anglais, en italien ou en français, Dolche, nous cueille avec sa voix emplie d’émotion et ses textes riches. Bref, énorme coup de coeur pour moi.
Je vous pose le podcast de l’émission. J’interviens dans les dernières 10 minutes de l’émission.
Cette année, je reposterai de temps à autre des articles qui me semblent pertinent pour les artistes émergents ou pas sur les dessous des réseaux sociaux, les trucs à savoir, les formations à suivre, bref, je vais élargir un peu plus sur tout ce qui peut concerner l’industrie musicale. Vous informez le mieux possible. On démarre avec un article sur le shadowban par QSN-DigiTal. Tout le monde peut malheureusement être concerné et dans la musique aussi. Mieux vaut le savoir et surtout l’éviter 🙂
N’hésitez pas à me faire vos retours sur ce sujet.
Le shadowban consiste à ce que des publications soient rendues invisibles sans que l’auteur n’ait fait l’objet d’un bannissement ou d’une notification officielle.
A l’origine, ce principe était destiné à lutter contre les spams, les robots et les faux comptes en leur permettant de continuer à agir tout en limitant leur visibilité exclusivement à leur communauté sans qu’ils en soient informés.
Mais les pratiques des plateformes ne se limitent plus depuis longtemps aux seuls spammeurs. Et nombre de plateformes intègrent ce principe, non-officiellement, dans leurs algorithmes de visibilité et de modération.
Hello, avant tout je vous souhaite une bonne et heureuse année 2021, en espérant qu’elle serait plus légère que la précédente pour tout le monde :). On démarre cette saison avec une nouvelle plateforme à destination des artistes et aussi des fans. Je l’ai découverte grâce à la Smac des Cuizines dans le 77.
Avant de vous présenter CLAPYOURBAND une jeune startup de la région nantaise, créée par Jérôme Vilbert, voici un petit rappel de la situation des artistes et de l’industrie musicale en France et ailleurs qui vous permettra de mieux comprendre les enjeux et tout l’intérêt de cette plateforme.
L’industrie musicale fonctionne autour des grandes signatures et des gros succès, soit 5% seulement des artistes. Comme vous le savez pour la plupart, le modèle économique des streaming et nombres d’écoutes ne rémunère pas les artistes. Le Covid a accentué l’utilisation des weblives sur les réseaux sociaux et ça été très bien pour donner de la visibilité aux artistes émergents, mais cela a amplifié l’habitude du public à consommer gratuitement. Quant au financement participatif traditionnel, s’il permet un coup d’accélérateur sur une phase d’un projet musical en particulier, il a ses limites dans le temps. Et nous savons tous qu’un projet artistique est par essence un projet au long cours, et je sais de quoi je parle 🙂
Source : ClapYourBand (Chiffres SNEP, CNV, Agefi)
Dans l’industrie musicale actuelle, le moindre petit revenu nécessite un nombre indécent de vues ou d’écoutes. C’est la course aux likes pour beaucoup au détriment parfois, et même souvent pour certain d’une réelle vision artistique. Le besoin d’argent peut finir parfois par nuire à l’ identité de l’artiste et par un effet de vase communicant à la diversité culturelle. D’où cette impression régulière d’entendre toujours la même chose à la radio. J’en suis la première désolée, car je découvre grâce au blog des pépites tous les jours, mais qui ne passent que rarement sur les radios nationales. Il faut au passage saluer le travail des web radios, radios associatives qui sont les seules aujourd’hui à proposer un panel d’artistes très large et qui prennent le temps de découvrir des nouveautés.
Chercher par tous les moyens à faire le buzz ne réussit qu’à très peu d’artistes indépendants alors que bâtir une stratégie de petit pas est accessible à tous. La raison d’être de ClapYourBand est donc d’accompagner les artistes à chacun de ces pas. Le premier circuit-court de la musique pour réunir le public et leurs artistes.
C’est quoi l’idée?
L’idée est de proposer au public un abonnement par lequel il s’engage vis-à-vis de l’artiste qu’il a choisi, financièrement certes mais qui va permettre à l’artiste de construire une communauté engagée, fiable, durable et bienveillante. Et ça change tout : la bascule d’une relation « Vente – Public » vers la notion de « Public Acteur » où le public est acteur et confident de la réussite de son artiste. Comme dirait Jérôme Vilbert: « Osons une comparaison: si l’industrie musicale représente les supermarchés de la Grande Distribution, ClapYourBand est le marché paysan local ».
ClapYourBand a pour ambition d’offrir une alternative pérenne en mettant la relation public-artiste au cœur du dispositif.
Quels outils pour l’artiste?
L’artiste possède un espace public pour se faire connaître et convertir ses clapeurs, mais surtout un espace privé dédié à ses clapeurs. C’est sous la forme d’un blog qu’il va pouvoir poster du contenu exclusif ou en avant-première. Par le biais d’un tchat, artistes et fans pourront échanger en direct.
ClapYourBand s’appuie sur les plateformes existantes ce qui permet aux artistes de conserver leurs outils habituels tels que Youtube, SoundCloud, Deezer ou Bandcamp leur permettant de cumuler les vues aux claps. L’artiste découvre ses vrais fans sur ClapYourBand et a accès à une cartographie pour les localiser, un vrai plus pour préparer une tournée ou démarcher des programmateurs. Afin de s’assurer que le concept convient à un groupe en fonction de sa propre base de fans, ClapYourBand met à disposition un simulateur de revenus. Des fonctionnalités sont également utiles aux professionnels de la musique (salles, programmateurs, tourneurs…) avec un catalogue d’artistes par style et par ville leur donnant une visibilité sur leur fan base réelle.
Et pour les fans?
Le public choisit son ou ses « coup de cœur » en leur offrant des claps. Le clap, c’est une promesse de verser 2€ minimum par mois. Pour le public, c’est une somme symbolique, mais pour l’artiste, ça change tout au quotidien. Le clapeur, par son don mensuel, permet à un artiste de se rémunérer mieux et de manière plus juste que par un nombre d’écoutes. En plus de la satisfaction d’aider la cause artistique, il bénéficie d’un contact privilégié avec son artiste. Véritable VIP, il est considéré à sa juste valeur : comme celui par qui tout est possible ! Un clapeur mensuel est engagé pour un an. Au-delà, il part quand il veut. Par contre, pour ceux qui payent pour un an en une fois, ils doivent se réengager à la fin de l’année.
Bref vous le voyez, cette plateforme encore toute jeune est une formidable opportunité pour les artistes indépendants de se rapprocher de leur public et de l’intégrer pleinement dans son quotidien d’artiste. Une vraie relation avec des fans que l’on connaît et qui sont pas juste des likes sur les réseaux. C’est, à mon sens, essentiel dans un monde ultra connecté, ultra virtuel aussi, de revenir à la base des relations humaines. A tout le monde de jouer le jeu, artistes et public, pour se sortir de cette crise sans précédent pour la culture et de prôner la bienveillance, le soutien car sans musique, la vie est tellement plus triste 🙂
Pour ma part, je ne me contente pas de vous parler de cette plateforme, je la teste aussi désormais avec le projet de ma fille Chiara. Je pourrais ainsi vous faire mes retours. Nous débutons à peine, mais l’ergonomie de la plateforme est très agréable, et il est très simple de créer sa page d’artiste. ClapYourband vous suit pas à pas, et ils sont là pour aider les artistes, et informer les clapeurs très rapidement. C’est en plus un projet familial avec des valeurs saines et vous savez à quel point l’humain et l’éthique sont importants sur Fred’s Backstages.
J’espère vous avoir donné envie de vous lancer en tant qu’artiste et pour les fans et les amoureux de la musique, de vous engager en tant que clapeurs: 2€/mois c’est 24€ par an, autant dire une petite somme mais comme on dit, les petites rivières font les grands fleuves 🙂
Hello, dernier radar avant les fêtes, parce qu’il va bien falloir se reposer un peu après une année particulièrement riche en évènements, à tout point de vue. Mais j’aurai l’occasion de faire une rétrospective avant le démarrage de 2021 🙂
Cette semaine, une mise en avant un peu particulière puisque je vais l’introduire avec ma fille Chiara Foschiani, mais nous irons nous balader aussi du côté de Thérèse, deSnakidet de Bonbon. Bref que des chouchous. Allez c’est parti pour le radar de la semaine!
On démarre avec Chiara Foschiani qui a sorti vendredi 11 décembre son deuxième single « My Glass of Wine » extrait de son EP « Trouble Maker » attendu pour avril 2021. Je vais donc essayer de rester objective sur ce titre. Cette fois-ci Chiara nous invite dans un univers en noir et blanc, très cinématographique, et nous raconte la génèse de l’histoire d’amour dont elle a narré la fin avec Queen of Disaster. La chanson est douce, bercée par la présence de synthés enveloppants et rythmée par des batteries plus percutantes, tandis que sa voix est tour à tour aérienne et puissante. Il y a une mélancolie évidente dans le texte mais pas de tristesse, des interrogations sur une relation addictive comme on peut en connaître dans une vie. La sensibilité de Chiara s’affirme encore un peu plus avec ce titre, le premier écrit à quinze ans et qui a connu plusieurs transformations avant de trouver sa couleur définitive. On attend en tous cas le clip, qui sera réalisé en janvier par la même équipe que pour Queen of Disaster mais je n’en dis pas plus 🙂
Thérèse, dont je vous ai déjà dressé le portrait sur le blog, a elle aussi sorti son deuxième single le 10 décembre « Chinoise? ». Thérèse enfonce le clou en démontrant une fois de plus qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche et qu’elle est une citoyenne impliquée et engagée. « Chinoise? » dénonce sans tourner autour du pot les discriminations raciales dont sont victimes les femmes asiatiques, les préjugés ancrés dans la société. Comme elle le dit elle-même « Mon titre « Chinoise ? » compile tous les clichés sur les « asiatiques » pour mieux les démonter (dédicace aux Balkany) et SURTOUT appeler à s’unir contre les fachos en tout genre qui chient sur le « vivre ensemble » ».
Un garçon à présent, pour mon coup de cœur suivant, avec Snakid qui lui aussi a déjà eu les honneurs du blog. Il vient de sortir un album de 9 titres » Sur Mesure » reprenant les singles déjà sortis cette année et quelques nouveautés. Snakid rappe, chante, danse, il est une véritable boule d’énergie, en mode création permanente. J’avoue, j’adore ce garçon, toujours souriant avec un groove naturel et cet album est un régal. Snakid s’est entouré d’artistes talentueux pour des feats énergiques, d’autres plus en douceur. Coup de cœur pour le titre Ice en feat avec Sheli-Rose, une jeune artiste française auteure-compositrice à la très jolie voix. Snakid a vraiment un son à part, un mélange d’influence us, mais surtout un grain de voix et un phrasé reconnaissable. Ce qui est essentiel à une époque où beaucoup de titres de rappeurs se ressemblent et sont pour certains vraiment interchangeables.
Je termine, avec le Peter Pan de la pop, Bonbon qui vient lui aussi de sortir un titre « C’est fou ». Ce garçon me donne le smile à chaque fois avec sa pop électro fraîche et aérienne. Sur ce morceau, il y a des envolées à la Polnareff. C’est faussement léger, car sous ses airs joyeux et sucrés, Bonbon aborde les aléas de la vie. Il faut aussi aller voir son compte Instagram et ses stories qui sont souvent très amusantes. Bref, j’aime son univers coloré qui fait du bien en cette période morose. Son Ep est aussi en préparation pour 2021
Hello, je n’ai pas été très régulière ces derniers temps pour les radars, un peu trop de projets à gérer et toujours que deux oreilles et deux mains 🙂 Alors on se rattrape aujourd’hui avec de jolies découvertes. C’est parti pour le radar!
Les premiers à débarquer ici s’appellent Nova Waves, un groupe français, découvert grâce à Groover. Cela fait déjà trois morceaux que j’intègre dans ma playlist, il était donc temps de vous en parler. Quatre garçons, Fred (basse, guitares, clavier, voix), Cris (guitare et voix), Frank (guitares, ukulélé et voix) et Higinio (batterie), qui vivent chacun à des milliers de kilomètres mais que l’amour de la musique et une belle amitié réunissent malgré la distance. Un rock résolument et absolument assumé anglais, qui résonne Beatles, mais qui aime bien flirter avec les ambiances de surf californiens. Une musique qui s’écoute sans se prendre la tête, old school mais avec une vraie touche de modernité. J’ai craqué et je vous invite à les découvrir pour les nostalgiques du bon rock. Leur titre « Radio song » est le quatrième single de leur album à venir « Going the distance » et j’ai hâte de vous en parler plus longuement. En attendant, on suit Nova Waves sur les réseaux sociaux et on regarde leur clip 🙂
Le deuxième groupe que je vous invite à découvrir s’appelle Nave & The Ghost Collectors, ils sont norvégiens et ont failli ne pas arriver jusqu’ici. En effet, j’ai reçu le clip de Ghost Collector 2, leur dernier titre et ça a mis pas mal de temps à démarrer à l’image, genre plus de 50 secondes et c’est très long sur un clip, mais bon, je suis du genre curieuse, donc j’ai attendu bien sagement et là surprise, pas de chant, mais une instru bien rock et blues à souhait! un joli mix entre ces deux genres avec une touche d’indie. Des bonnes guitares, de l’harmonica forcément sinon pas de blues, ils racontent souvent des histoires de fantômes, d’amour avec des malentendus, de devoir et d’inspiration, de frustration et d’aventure. Bref, c’est très très cool, alors on est patient et on prend son temps pour découvrir 😉
La petite dernière du radar est un rayon de soleil et c’est ce qui m’a plu! Queen Clairie est originaire de Nantes et elle est tombée dans la marmite de la musique très jeune avec un papa qui écrivait des comédies musicales. La demoiselle a écumé les routes de France dès l’âge de 11 ans pour jouer un peu partout jusqu’aux Etats-Unis. Après ses études, direction l’Angleterre et la Guildford School of Acting, puis Londres pour trouver un agent, un premier EP « See me clear » puis un album en 2017 « Happiness is a Choice », Queen Clairie prépare un nouvel opus avec la sortie du premier titre « Au Bord du Monde » et son clip très comédie musicale. Ce n’est pas forcément mon truc, mais la belle déborde d’énergie et de good vibes. C’est un projet familial, avec ses parents et son frère, et cela ne pouvait que me toucher. Je vous laisse la découvrir car je pense qu’elle va continuer à tracer sa route et nous surprendre. Son prochain titre que j’ai eu la chance d’écouter sortira normalement très bientôt et j’ai aussi beaucoup aimé!
La poupée-tigre débarque sur la scène musicale française et je suis ravie d’avoir pu échanger avec elle. Thérèse est un ovni qui a surgi de nulle part. Enfin pas vraiment, mais elle va nous en parler. Elle a su d’emblée imposer son style. Une jeune femme bien dans son temps, activiste assumée, féministe, mais avant tout humaniste. Un son et un style vestimentaire bien à elle, un franc-parler et une liberté de ton qui fait d’elle déjà la porte-parole, un peu malgré elle, d’une communauté asiatique meurtrie par les récentes vagues de violence qui ont pris pour excuse la pandémie du Covid. Thérèse est une artiste multiple qui vit son art avec passion, le nourrit de ses expériences de citoyenne, de femme, de créatrice de mode, bref de tout ce qu’elle est. Il émane de Thérèse une force tranquille, une sensibilité que je vous invite à la découvrir dans cette interview-confidence qu’elle m’a accordé il y a quelques semaines.
Thérèse, tu es une artiste multi-casquettes, musicienne, styliste, activiste. Est ce que tu donnes la même place à ces différentes activités ?
C’est difficile de répondre parce que pour moi, tout va dans le même sens, c’est la même idée. Je jongle entre mes différentes casquettes. L’activisme est un mot assez fort et à la mode, j’aurais plutôt tendance à dire que je suis une artiste engagée. J’ai organisé ma vie pour pouvoir être musicienne. Je n’attends pas de la musique qu’elle me rapporte de l’argent, même si je le souhaite. Si j’avais voulu en gagner dans cette industrie, j’aurais fait autrement, en rentrant un peu plus dans les codes, que ce soit dans le format ou l’image, être un peu plus lisse. Mais j’ai 34 ans, j’ai plus d’expérience, car j’ai commencé finalement tard dans une industrie qui prône un certain jeunisme et ça me permet d’appréhender les choses différemment.
Thérèse – crédits photos Marilyn Mugot
D’où t’es venu ton goût pour la mode ?
Pour la mode, ma mère m’a raconté que j’avais toujours eu ce goût. Quand j’étais petite, je passais ma life dans l’armoire de mes parents à essayer leurs fringues. J’ai toujours fait attention à la façon dont je m’habillais, même si je suis passée par des périodes compliquées (rires), je crois simplement que ça m’amuse. Je me souviens que lors de ma prépa au lycée Hélène Boucher à Paris, je me suis sentie obligée de transformer la banlieusarde que j’étais en parisienne. Aujourd’hui, on va dire que je suis un mix de toutes ces expériences, qui se sert de la mode comme une arme !
Raconte-nous ton parcours musical?
Je suis fille d’immigrée, mes parents sont arrivés du Laos à la fin des années 70. Ils se sont rencontrés à Paris. J’ai grandi pas mal en banlieue, notamment à Vitry. Mes parents ont monté un commerce d’alimentation générale spécialisé dans les produits d’Afrique, d’Asie et des Antilles. Du coup, j’ai grandi dans un environnement multiculturel. A l’école, j’avais déjà une vraie ouverture d’esprit grâce à ça. J’étais plutôt bonne élève, j’ai étudié le chinois, et j’ai commencé le piano à 10 ans au conservatoire, ainsi que le solfège et un peu de chorale avec le chef d’orchestre Pierre Molina. J’ai arrêté avant les examens à la fin du second cycle. J’avais envie à l’adolescence de faire autre chose que deux à trois heures de piano par jour. Trop de contraintes, je me suis servie de l’excuse de la prépa HEC.
Je suis ensuite partie à Lyon, faire une école de commerce, même si j’avais demandé à faire une école d’art, mais mes parents ne m’ont pas vraiment écoutée :). Lyon, c’était un peu la liberté parce que chez moi, c’était très strict. En plus être l’ainée, être une fille et asiatique… le combo! Pendant cette période, j’ai eu la chance de devenir présidente du bureau des arts de l’école pendant un an. On avait plein de partenariat avec des théâtres, des opéras. Ça m’a ouvert l’esprit. Moi qui avais grandi avec la télé, là, je découvrais un autre monde. Il y avait un local de musique à dispo et c’est là que j’ai rencontré des gens comme moi qui avait arrêté la musique et j’ai commencé à écrire des chansons, à les présenter dans des café-théâtres. Je me suis rendu compte que la scène me donnait une adrénaline incroyable. De retour à Paris après mes études, j’ai commencé à jammer, à faire des petits concerts. Puis, j’ai passé trois ans en tant que lead du groupe LA VAGUE avant de me lancer en solo.
Tes parents sont musiciens ?
Mon père joue de la guitare, de la batterie et il chante, mais en amateur. Pour lui, c’est un hobby. Ma mère chante comme une casserole.
As-tu commencé à écrire en anglais tout de suite?
Oui, mon éducation musicale a été en majorité anglo-saxonne. J’écris en français, en anglais et en chinois. Le prochain titre sera en français et chinois d’ailleurs.
Quelles sont tes influences ?
Mon premier disque, c’était Cat Stevens, offert par mon père. En primaire, j’ai découvert TLC, tous les boybands, et girlsband. Beaucoup de rock aussi, Radiohead, System of a Down, Nirvana, Massive Attack, Porstishead, plein de rap US mais aussi le 113 puisque j’étais Vitriote. Mais j’ai toujours été très girl power : Britney Spears, Madonna (plus pour son image que pour sa musique), Missy Elliott. Par contre, je ne suis pas team Beyoncé, c’est trop parfait, je préfère Rihanna (rires). Des influences, j’en ai trop.
T.O.X.I.C , ton premier single sorti en juillet est un objet vraiment à part, avec un clip très beau, quels sont tes prochains projets et avec qui travailles-tu?
Mon single « Chinoise ? » sort le 10 décembre. Il mixera le français et le chinois et un EP 7 titres en mars normalement. Je travaille avec Adam Carpels, que j’ai rencontré via la Couveuse, mon label. On co-compose. Je sais souvent ce que j’ai envie de faire en terme de direction artistique et après je m’entoure de gens pour matérialiser l’ensemble. J’ai commencé à écrire pour moi pendant le premier confinement, mais un peu par hasard. J’ai ça montré à La Couveuse et à Adam et ils ont été enthousiastes. Ils m’ont lancé le défi de sortir le projet avant l’été dernier! Je travaille aussi avec le réal et mixeur Alexandre Zuliani, on est un peu un trio. Et évidemment au niveau de l’image, je travaille avec mon ami Charlie Montagut et une équipe qu’on est entrain de monter. Construire cette famille, ça s’est fait par couche dans le temps, dans un vrai désir de collaboration à long terme. Sur cet EP, on a été vite, parce que je savais déjà qui j’étais, ce que je voulais dire et l’équipe aussi. C’était évident.
Pour pré-sauvegarder son prochain single « Chinoise ? » qui sort le 10/12
J’ai un peu rectifié le tir par rapport à La Vague, mais c’est toujours moi : j’oscille entre la « girl next door » et une créature multiple un peu turfu-goth.
Parlons un peu du message posté par le Collectif Asiatique Antiraciste que tu as relayé sur les réseaux en octobre dernier. Ca t’a semblé évident de le faire ?
Ça fait quelques années que je suis dans ce genre de mouvements en électron libre et ça a commencé par un rapprochement avec l’Association Jeunes Chinois de France (AJCF). Mon implication date de l’assassinat de Zhang Chaolin à Aubervilliers en 2016. Ca été un tremblement de terre pour la seconde génération de Français d’origine asiatique. On a tous subi du racisme ordinaire étant petits. Mais tu te rends compte en grandissant de la violence de certains propos et de l’ignorance des autres cultures quelles que soient les classes sociales. En ce qui concerne ce message, il y a eu en octobre, une vingtaine d’attaques recensées en une semaine. Sans compter ceux qui ne portent pas plainte. Je me suis retrouvée à faire des plateaux télé pour parler de ça lors de la première vague du Covid. Je n’avais pas prévu de me retrouver aussi exposée.
Je ne sais pas si je peux dire que c’était «évident» pour moi de le faire, car ça demande une certaine énergie psychologique de porter ces messages, mais on nous donne bien trop peu souvent la parole sur ce sujet pour ne pas saisir les occasions. C’est plus facile de trouver un coupable, trouver une cible pour déverser ta haine. Plutôt que de réfléchir et se rendre compte que les asiatiques de France n’ont pas à porter la responsabilité du Covid, ni les décisions du gouvernement chinois. Il faut se rendre compte que les paroles des politiques, les médias, qui relayent cette peur, montent les gens, les uns contre et entretiennent le racisme intercommunautaire et les divisions.
Tu n’as pas eu peur que tu sois trop rattachée à ce sujet dans les médias et que ça occulte ce que tu fais artistiquement ?
Non parce que tout est lié chez moi, le prochain single parle de ça et je crois que les gens qui me suivent, qu’ils soient d’accords ou pas, me suivent parce qu’ils sont ouverts à ça, qu’ils décloisonnent les choses. J’assume le fait de rendre politique la culture.
Quel rôle l’artiste a à jouer dans la société ?
C’est une question cruciale aujourd’hui. Pour ma part, on est là pour offrir notre vision du monde et interroger les gens sur la leur.
Tu parles aussi beaucoup de féminisme inclusif. Peux-tu nous en dire plus?
Le féminisme historiquement a souvent exclu les homme. Je trouve que ce mouvement s’est un peu radicalisé dans certains groupes. Mais moi ma volonté c’est de rassembler et d’avancer tous ensemble. L’important c’est de comprendre ce qui bloque chez les hommes et vis et versa et de travailler ensemble. Le féminisme historiquement a souvent exclu les hommes. Je trouve que ce mouvement s’est un peu radicalisé dans certains groupes. Ma volonté c’est de rassembler et d’avancer tous ensemble. L’important c’est de comprendre ce qui bloque chez les femmes/hommes et vice et versa et de travailler ensemble.
Comment le rapportes-tu à ton identité culturelle?
La culture asiatique est beaucoup moins machiste que les sociétés occidentales. A la maison, c’est ma mère qui gère l’argent. Le pouvoir de décision et l’autorité sont plus dilués. Mon père a bossé dans le commerce équitable pendant quinze ans et du coup ma mère nous a élevé au quotidien. J’ai toujours cru à la possibilité des femmes de faire des choses par elles-mêmes. Elle m’a donné beaucoup de force ce petit bout de femme.
Revenons à la musique, quel est ton rapport à la scène ?
Avec La Vague, on a fait une quarantaine de dates pendant trois ans. J’adore ça, même si je ne suis pas toujours contente de moi. Mais ce n’est jamais pareil d’une scène à l’autre, que ce soit la salle, le public, ton humeur, si t’as tes règles ou pas. J’ai toujours des repères pour enchaîner les morceaux, mais entre ses marqueurs, je me laisse la possibilité de faire ce que je veux. On prépare tout en amont avec Adam et Théo, donc on a une setlist. J’ai prévu des chorés aussi. Le prochain concert est prévule 24 janvier 2021 à Montreuil, à la Marbrerie. On va aussi faire une résidence à la Cave aux Poètes à Roubaix.
Dans ta loge idéale on trouve qui ou quoi ?
On trouverait à manger beaucoup pour après le concert, pleins de graines, du chocolat très noir, de la tisane. C’est pas très rock’n’roll. Mais aussi des bons alcools et des bonnes pizzas. Il y aurait Kendrick Lamar, Thom York (Radiohead), Rihanna, Bjork, Kanye West, M.I.A, mon équipe, ma famille, mes potes et des chats. La présence d’un animal dans une pièce nous ramène à notre état de mammifère et c’est révélateur de ce que sont les gens.
C’est pour ca qu’on t’appelle la poupée-tigre ?
C’est mon signe chinois, et c’est un animal que tu crains autant que tu as envie de lui faire des câlins. En plus, on distingue difficilement le mâle de la femelle. C’est moi qui me suis appelée comme ca (rires).
Sur ta scène idéale, on trouve qui ?
Les mêmes que dans ma loge, j’aimerais bien voir à quel point je me sens petite avec ces gens-là, je serais curieuse de voir ma réaction face à des gens avec une telle aura. J’ajouterais Gainsbourg, Barbara, Amy Winehouse.
Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir un moment qui a changé ta vie ?
Le premier confinement, c’est là que j’ai décidé d’assumer ce que je voulais dire toute seule, sans personne et face au public. Je me sens de plus en plus libre, c’est vers ça que je tends.
Je t’emmène sur Mars, tu emmènes qui ou quoi avec toi ?
Je crois que j’amènerais des gens, parce que c’est ce qui me donne de la force. Les gens que j’aime, tous ceux qui étaient dans la loge en fait.
Peux-tu nous partager un moment embarrassant, amusant ou surprenant vécu sur scène ?
J’étais allée jouer à l’Ecole Centrale à Lyon. Ils m’avaient invité à venir chanter avec un groupe. Je vais aux toilettes juste avant de monter sur scène, et en sortant tout le monde me regardait bizarrement. Comme il y avait beaucoup de mecs dans cette école, je me suis dit que c’était parce que j’étais une fille qu’ils me dévisageaient. Finalement, une nana vient me voir pour me dire que je n’avais pas bien remis ma jupe qui était coincée dans mon collant chair. Du coup, tout le monde a vu mon cul avant de monter sur scène (rires). Après ça, j’avais plus grand chose à craindre
Aujourd’hui, je vous présente l’initiative du Pôle culturel d’Ormesson sur Marne dans le 94. Tous les samedis à 20H30, le Pôle fait découvrir en vidéo sur sa chaîne YouTube, un endroit méconnu du centre culturel, investi par un/une artiste.
C’est avec le deuxième confinement qu’est née l’idée de réinventer les liens entre le centre culturel et le public et de les maintenir avec les artistes. Le Pôle culturel d’Ormesson est un bel écrin pour ceux qui le connaisse déjà, et ouvert en permanence à toutes les formes d’arts. L’idée ici est vraiment de vous montrer les entrailles d’un lieu culturel, sa machinerie, ses espaces techniques, la boîte secrète de l’illusion du spectacle. Il s’agit ici de mettre en scène, mettre en valeur les lieux en invitant des artistes à les investir.
Les premiers artistes invités ont été la compagnie de danse AfroDance de Boun, un des plus grands danseurs et chorégraphes. Il a investi les lieux avec deux de ses danseuses dans une chorégraphie énergique! Ils présenteront leur show le 6 mars 2021 au Centre Culturel d’Ormesson.
La deuxième artiste n’est autre que ma fille Chiara Foschiani, filmée par Boun et Chasha Prod, les lieux secrets du théâtre se dévoilant au son de Queen of Disaster, son premier single. Chiara sera en concert dans le cadre des Orm’scènes émergentes le 3 avril 2021.
Quatre autres vidéos sont prévues, mais pour les découvrir, je vous invite à vous abonner à la chaîne YouTube du Pôle Culturel. Ce n’est pas si souvent que des initiatives telles que celles-ci sont prises par les collectivités et c’est important de le souligner. La culture, les artistes et tous les acteurs de cette industrie souffrent actuellement comme d’autres, mais heureusement, il y a de bonnes volontés, des amoureux des arts qui continuent d’expérimenter, d’inventer de nouvelles façons de la présenter au public.
J’en profite pour remercier Thierry Alcaraz, le directeur du Centre culturel d’Ormesson sur Marne, Fred qui s’est occupé de toutes les lumières et des installations, Boun et Chasha Prod pour le tournage, montage des vidéos en un temps record!
Pour suivre le centre culturel d’Ormesson sur Marne et prendre des billets pour les spectacles c’est par ici.
Aujourd’hui, je vous embarque dans l’univers du rappeur Nedelko, découvert au sein du collectif lyonnais L’Animalerie, la musique de Nedelko est un savant mélange entre musique progressive et rap plus technique. Il écrit ses textes, avec une mélancolie assumée, un sens du rythme qui fait mouche et qui a su me toucher. Un premier album Rhéologie sorti en 2019, surprenant qui dévoile un artiste d’une grande sensibilité sachant manier les mots avec poésie. Le 4 décembre prochain, sort son nouvel album URIZEN PT.I, associé au compositeur et beatmaker Oster Lapwass, il promet de nous emmener encore plus loin dans son univers. J’ai eu la chance d’écouter les maquettes et c’est une jolie claque. C’est beau, puissant et fort. Un garçon à découvrir d’urgence parce qu’il va faire de plus en plus parler de lui dans les mois à venir. C’est tout ce qu’on lui souhaite mais je n’ai pas trop de doute vu la qualité de son écriture. Le rap quand il est bien écrit, c’est juste un petit bonheur à savourer tranquillement.
Nedelko, racontes nous ton parcours?
J’ai jamais fait de musique quand j’étais jeune, pas de solfège, ni d’école mais j’en ai beaucoup consommé, beaucoup écouté. Je ne m’étais pourtant pas vraiment autorisé à faire partie de ce monde. Pour moi, c’était pour des gens qui étaient déjà dedans. Quand j’étais petit, je voulais être véto, la musique semblait inatteignable. J’avais des parents qui n’étaient pas contre l’idée, mais c’étaient mes propres barrières, ma timidité naturelle qui m’empêchaient de me lancer. J’ai fait mes études, j’ai fait trois ans d’histoire à la Sorbonne, puis je suis parti six mois en Nouvelle-Zélande, je cherchais un pays qui dépayse pas mal et où il y avait du travail. Là-bas, j’ai beaucoup écrit et quand je suis rentré, j’ai décidé que ce serait la musique. J’ai fait une école de son mais c’était très technique et ça m’a pas accroché, c’était pas assez artistique pour moi. Au bout d’un an j’ai fait des maquettes et j’ai envoyé à l’Animalerie, le collectif lyonnais de Oster Lapwass dont j’étais déjà fan. Il a kiffé et il a voulu travailler avec moi. Du coup, je suis parti sur Lyon et on a bossé sur Rhéologie.
Tu écris tes textes, très introspectifs, très personnels, comment gères-tu l’émotion sur scène?
Des fois c’est compliqué, en plus quand je fais des concerts, les gens qui ne me connaissent pas, attendent de pouvoir bouger, mais moi j’ai un registre assez calme. Parfois c’est plus difficile car il y a des morceaux qui peuvent me percuter plus .Il faut gérer les émotions. Dans le prochain album, il y aura des morceaux plus patate mais ça reste sur des sujets forts.
Quel est ton processus d’écriture?
En général ca va vite, il y a un mécanisme rythmique, c’est presque mathématique. je parle de mes émotions et je les regroupe par thème. Le prochain album sera en deux parties et il racontera une histoire. 14 titres, la première partie sortira le 4 décembre et la suivante en mars 2021. En terme de thème, il y a un élargissement de l’horizon pour la deuxième partie. Ce sera dans la continuité du premier album Rhéologie. Mais on reste dans la mélancolie latente, tout en allant plus loin en terme de musique, dans la construction des morceaux, dans l’agencement des chansons, cela correspond plus à ce que je veux faire dans la musique, un mélange de rap et de musique progressive.
Tu as sorti un son avec Oster Lapwass, « Or what » le 13 octobre dernier, produit par Yann Rat-Patron qui m’a surpris car très différent de Rhéologie. Peux-tu nous en dire plus?
Sur Or what, c’est plus léger en effet, mais ça me représente aussi pas mal, c’est le côté pote que j’aime. Mais il ne sera pas sur l’album, ca m’a fait marrer de le faire et c’est autant moi que les trucs tristes. Je voulais montrer une autre facette. C’était aussi un test parce que j’avais un peu peur que les gens m’enferment dans un style.
Quelles sont tes références musicales?
King Crimson, c’est un pilier du rock progressif. J’ai été un petit peu secoué par Pink Floyd au collège, puis les Strokes pendant l’adolescence, Julian Casablancas, a beaucoup expérimenté mais de façon écoutable. Ca m’intéresse cette démarche, expérimenter mais rester accessible. Il y a aussi Courtney Barnett, c’est une inspiration, qui est australienne. En français j’aime beaucoup, Moustaki Bashung, Leo Ferré, et en rap j’ai commencé à écouter Odezenne, quand il faisait du rap rap, maintenant c’est plus électro. Mais ça m’a entrainé vers le rap que j’aime, le collectif Time bomb, Lunatic, Booba, Oxmo Puccino, des rappeurs avec du fond. Booba on oublie qu’il a apporté beaucoup au rap, au niveau technique. Et mes inspi c’est l’Animalerie.
Tu es en autoproduction ou tu as signé en label?
Je suis en indé, et je ne cherche pas spécialement à signer en label, mais je ne suis fermé à rien, surtout en terme de visibilité. Le but reste d’être écouté par le plus de monde possible. J’utilise aussi la plateforme Groover pour me faire connaître. Ils sont top pour l’émergence.
Pour ce deuxième album, avec qui as-tu travaillé?
J’ai travaillé avec la même équipe, Oster Lapwass et deux beatmakers et compositeurs Hayko, le guitariste et compositeur du groupe Arche, Yaon et GoodJohn. On est plutôt content. Je pense faire un clip par morceau.
C’est quoi le pitch de Urizen?
Dans la mythologie de William Blake, Urizen occupe le rôle de grand architecte. Celui qui dessine les limites de l’horizon, crée l’univers et en définit les contours à l’aide de son compas. Ce second album fait le récit de ces horizons transfigurés, qui grandissent ou se restreignent à mesure qu’ils croisent ou percutent ceux des autres. Ici, Urizen c’est l’histoire d’un monde qui nait dans un autre trop petit. C’est le passage de l’errance, de l’étroitesse et de la solitude, à la rencontre, la lumière et l’ascension. Le concept de l’album est de le couper en deux parties qui se croisent et se répondent, URIZEN navigue entre les saisons et les courants, entre rap, mélodies lancinantes et musique progressive.
Comment gères-tu les clips?
C’est moi qui fait le montage et l’étalonnage, je travaille avec Matthieu, et pour les coûts, je travaille à côté, je suis barman. Pour moi c’est important de payer les gens. Ca demande de l’investissement. D’ailleurs, j’ai prévu de sortir un clip pour chaque chanson sur cet album. C’est un projet qui va durer sur le long terme.
Dans ta loge idéale on trouve quoi ou qui?
On trouverait uniquement mes potes, ma copine, et pas mal de bières, des pizzas et Oster Lapwass
Sur ta scène idéale, on trouve qui?
Baptiste Chambrion, mon backer Edgar, et Oster. En fait avec l’Animalerie, j’ai déjà fait de belles scènes comme Le transbordeur à Lyon. Je devais faire la première partie d’Oxmo mais ca été annulé le jour du confinement.
Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir un moment qui a changé ta vie.
C’est quand j’ai dû prêter un disque dur il y a quelques mois ou sinon le 27 juillet 2019. Ca reste un secret 🙂
Je t’emmène sur Mars, quelle personne ou quel objet emmènes-tu avec toi?
Je prends mon chat Mario, parce que ca le dérangera pas plus que ça, comme il ne fait que dormir.
Raconte-nous un moment gênant, drôle ou inattendu que tu as déjà vécu dans ta carrière?
Un concert à Chambéry, c’était dans un bar, et les gens ne voulaient pas de nous, ca se voyait. Rien à faire pour les embarquer. Jusqu’à la fin ca été un enfer. On est sorti de ce concert, on s’était garé à un endroit où il fallait pas et la voiture avait été bloquée par un gros poteau. On a passé la nuit pour enlever ce truc (rires)
Quels sont tes projets dans les mois à venir?
La sortie de l’album, acheter un pavillon à Clamart (rire) et une Fiat Multipla.
Dans les jolies découvertes de ces derniers mois, il y a Kiara Jones, une jeune femme très talentueuse avec un univers déjà très particulier. J’ai eu la chance de l’interviewer juste avant la sortie de son premier ep « Black Garden ». Kiara fait partie de la sélection pour le prix Pernod Ricard France, très couru des artistes émergents. Sa musique oscille entre soul, jazz et pop, mais elle a surtout un son qui n’appartient qu’à elle et un univers visuel vintage et déjà très affirmé.
Racontes nous un peu ton parcours et d’où viens tu Kiara?
J’ai toujours fait de la musique d’aussi loin que je m’en souvienne. J’ai un papa qui était musicien, bassiste et percussionniste et une maman écrivain. Elle nous a transmis cet amour pour la culture et j’ai toujours été dans ce milieu artistique. Je ne me suis pas posée la question de savoir si j’avais le droit de faire de la musique. C’était une évidence. J’ai chanté, j’ai commencé par le ukule car le plus accessible, puis à la guitare, et au piano. J’aime bien toucher à tout, tout savoir faire, surtout quand je compose, je n’ai pas envie d’être limité dans ma création.
Quelle est justement ta formation musicale?
En autodidacte, j’ai appris sur le tas avec des musiciens. Je pense qu’il faut avoir des bases, mais il faut savoir s’en libérer pour ne pas avoir peur de dépasser ses limites et ne pas être trop scolaire. On retrouve cette liberté dans ma musique. Sinon on ne se serait pas forcément lancé dès le premier single « Black Garden », sur un morceau sans batterie, ni basse, en complet guitare chant. Je ne me pose pas la question de savoir si c’est mainstream ou pas.
C’est pour ça que ta musique est atypique, elle est très épurée.
Je trouve qu’il faut respecter certaines codes, au niveau de la structure par exemple, mais on ne doit pas se poser la question de savoir si ça va plaire. Il faut déjà que ça nous plaise à nous.
As-tu fait des études en parallèle de la musique?
J’ai fait un master d’économie, tout en ayant mon projet artistique et mes collègues se demandaient ce que je faisais en entreprise. Quand je n’ai plus réussi à concilier les deux, j’ai dû faire un choix. Entre ce que j’aime vraiment et qui me motive et l’entreprise, il n’y avait pas photo. Mes parents voulaient surtout que je réussisse, mais dans tous les cas, on ne peut pas lutter contre ce qu’on est vraiment.
Comment as-tu commencé?
Au départ, je composais dans ma chambre avec ma guitare. J’habite à Fontainebleau qui est un bassin de musiciens. J’avais participé à une scène ouverte et beaucoup m’ont dit qu’il fallait que je trouve un groupe, mais c’était vraiment pas pour être pro au début. La bascule s’est faite en 2018, pendant le premier tremplin soul en France, le Sankofa soul contest. Ca se passe au Bizz’art à Paris et c’est un évènement parce qu’il y a des artistes qui viennent de partout en France. Quand je suis arrivée, c’était noir de monde et l’accueil a été fou. Ca m’a marqué et je me suis dit qu’il fallait que je me lance. J’ai été repéré par Bruno Berberes pour The Voice 2019 à cette occasion. J’avais déjà passé le casting mais j’étais dans mon master et je ne pouvais pas faire les deux. Deux ans après, je me suis lancée mais j’ai quitté mon job. Je n’ai pas été très très loin. Je suis passée aux auditions à l’aveugle Ca donne de la visibilité quand même. D’ailleurs, cet été j’ai fait le Summer Tour de The Voice.
Le chant est-il venu tôt dans ta vie?
J’étais de nature très timide et le chant était un moyen d’expression depuis toute petite. Je ne parlais pas beaucoup mais je chantais énormément. C’était tout ce que je disais pas dans la journée que j’essayais d’exprimer dans ces petits moments. C’est venu avant de jouer des instruments.
Tu as une personnalité et une identité déjà très affirmée avec une esthétique dans tes clips très particulière. C’est un travail d’équipe ou de toi uniquement?
J’aime beaucoup la mode, le cinéma, j’écoute beaucoup de musique anglo- saxonne. On m’a souvent dit que mon esthétique ne fait pas français, ce que je ne comprends pas. je dessine le moodboard moi même pour faire la trame du clip. Après je pense les vêtements. Je travaille en collaboration avec les réalisateurs mais je suis un peu leur cauchemar parce que j’ai des idées bien arrêtées.
Tu es en auto prod ou en label?
J’ai refusé jusqu’ici d’être en label, j’attends de sortir mon projet. J’ai eu peur qu’on me bride et qu’on m’empêche de faire ce que je veux. Pour ce projet, j’ai envie d’avoir une liberté totale. Après on verra, je ne refuserais pas éternellement, mais pour moi, jusqu’à aujourd’hui, même pour la synchro, je pensais ne pas être assez prête en terme d’identité. Et objectivement, je me débrouille bien et j’ai une équipe avec moi, un manager, un tourneur mais pour l’artistique je préfère rester seule maître à bord. On a de la ressource malgré tout et je connais trop d’artistes qui sont bloqués avec des labels.
Pour la communication, de quelle façon gères-tu le projet?
J’ai utilisé des plateformes comme Groover, sinon on se débrouille avec mon équipe. Surtout qu’au début pour mon premier single, je ne pensais pas à l’impact que Black Garden allait avoir sur les autres artistes. Mais j’ai été super soutenue parce qu’ils ont trouvé ça différent de ce qui se faisait en France.
Parles nous de ton Ep « Black Garden » sorti le 6 novembre quelle en est la couleur?
Une couleur jazz, indie pop, et plutôt soul. J’avais assez de morceaux pour faire un album mais les autres titres sont plus électro pop. Donc sur l’ep les derniers titres sont plus pop pour annoncer la suite. Il y a 5 titres.
Quel est le fil rouge de ton ep?
Le thème principal c’est l’amour et l’espoir. Le premier titre s’appelle « Not Today », composée un peu avant le confinement et cette chanson a pris sens avec ce qui s’est passé après. Elle est plus dansante, plus feel good que « Black Garden ». C’est un ep positif, je voulais que sur chaque chanson, on ressente quelque chose, de la joie ou de la mélancolie. « Another day » qui clôture l’ep, est un morceau plus funk et plus jazzy, c’est un mélange de ce que je fais en live, plus dynamique.
On doit donc s’attendre à une évolution de ta musique vers d’autres univers ?
Oui c’est un peu décalé et je vais continuer à me balader dans différents univers. J’ai envie d’explorer.
Dans ta loge idéale on trouverait quoi?
J’aurais forcément une guitare comme ça pas de stress avant de monter sur scène. Après je prendrais mon régisseur, parce que j’ai besoin d’avoir un regard rassurant, pour la confiance. Je n’ai pas d’exigences particulière.
Sur ta scène idéale on trouverait qui?
KAYTRANADA, James Blake, Sampha, Robert Glasper ce serait énorme.
Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir un moment qui a changé ta vie?
La première fois que j’ai joué sur la bouclette tv, quand j’ai joué mon morceau avec ma guitare en plateau devant toute l’équipe. Je présentais une de mes compos et j’ai pris conscience que c’était concret. C’était un sentiment particulier, c’est la bascule pour moi.
Je t’emmène sur Mars, qu’emportes-tu avec toi?
Je prendrais un album de Kaytranada pour avoir de la musique qui me donne le moral tout le temps et un piano. Sinon des chaussons de danse, avec la gravité, ça peut faire une image pas mal.
Pour suivre Kiara Jones sur ses réseaux sociaux, c’est par ici
La semaine dernière, il n’y a pas eu de radar car malheureusement le temps m’a manqué. Je me rattrape cette semaine avec trois beaux artistes. Allez hop c’est parti pour les découvertes.
On démarre avec Metò, un artiste multi-instrumentiste, auteur-compositeur-interprète et producteur québécois qui valse entre une multitude de tons et de textures dans ses compositions musicales. Alors que son père tombe gravement malade en 2019 et qu’il doit prendre soin de lui jusqu’à son départ, Metò décide de projeter sa réalité en mélodieuses et romantiques épiphanies. Depuis sa chambre et le sous-sol d’un ami, il assemble un éventail sonore pour produire son premier EP : Alstroemeria. Le premier single ‘Arvida’ évoque une joie mélancolique, un passé révolu qui refait surface dans les songes du présent, un endroit que l’on traîne malgré nous. C’est une pièce empreinte de sérénité où la simplicité acoustique de la guitare transporte de somptueux arrangements sonores vers une finale grandiose. Elle a été produite dans un petit sous-sol, au cœur même de celle-ci. C’est aussi un très long morceau puisqu’il dépasse les six minutes, ce qui va à l’encontre des standards radiophoniques, mais j’ai dans l’idée que ce garçon s’en contrefiche. L’intro du morceau m’a fait penser à Songs from the Big chair de Tears for Fears, il y a une véritable atmosphère et c’est donc à découvrir absolument pour les fans d’Indie folk.
Magalí Sare est un gros coup de cœur, cette artiste espagnole a la voix cristalline m’a beaucoup touché. Difficile à classer dans un genre précis, elle fait partie de ces chanteuses à la voix atmosphérique. Son titre Beber de ti sorti le 16 octobre évoque la difficulté à communiquer avec d’autres êtres humains de façon fluide comme l’eau auquel elle fait beaucoup référence. Magalí Sare nous invite à vivre intensément chaque relation dans laquelle nous sommes impliqués (famille, amitié, couple) à montrer nos craintes, à faire preuve d’empathie et à exprimer notre gratitude lorsque la situation l’exige. En 2019, Magali a été nominée comme talent émergent à l’académie de musique catalane, comme meilleure nouvelle artiste aux ARC awards et elle a remporté le premier prix international du Festival Suns Europe (Italie). Enfin, Magalí est connue pour être la soprano de Quartet Mèlt (lauréats de la troisième édition de l’émission Oh happy day de TV3 Catalogne en 2015). Bref, c’est beau et poétique.
Mon dernier coup de cœur est pour le dernier titre de Yseult« Bad Boy ». Cette artiste me fascine assez par la liberté esthétique qu’elle met dans chacun de ses clips et la sensibilité que sa voix dégage à chacune de ses chansons. Pour « Bad Boy » un clip réalisé par Thibault-Théodore, Yseult nous embarque avec une incroyable poésie dans une histoire d’amour passionnelle. Elle reprend les codes du sm dans les visuels alors même que la chanson est d’une douceur absolue. Ce qui n’est visiblement pas antinomique. Le couple qu’elle forme avec le rappeur Ichon est évident tout au long du clip. Yseult continue son cheminement sur l’acceptation de soi, entamé avec Corps, et se révèle dans toute sa nudité à tout point de vue. C’est gonflé et d’une jolie délicatesse. Je suis bluffée par cette artiste et je vous invite à regarder ce clip comme un tableau. Son EP « Brut » est en pré-commande et sortira le 20 novembre 2020.
« J’voulais qu’ça transpire d’audace, de vulnérabilité, de passion, de sincérité et d’érotisme. J’voulais aller au-delà d’un clip, j’voulais qu’on filme des sensations, des sentiments, du vrai, du brut. J’voulais créer des références inédites. Cette œuvre est une lettre ouverte à l’industrie française, il est encore tant de prendre des risques et d’exciter le regard du public, oui tout est possible lorsqu’un Artiste s’écoute et suit son instinct. J’ai du débloquer des portes dans ma tête pour vous livrer une tél prestation physique et émotionnelle, je suis si fière du résultat. J’ai pris la décision d’assouvir des fantasmes et de toucher du bout des doigts le mot « Art ». Y » (texte extrait de sa chaîne YouTube)
Il y a quelques mois, j’ai eu la chance d’aller voir en concert Irma aux Cuizines, l’interprète de « I know » nous a offert un show magnifique, accompagnée de ses trois choristes, qui sont bien plus que cela en réalité. Emotion, énergie, complicité ont fait de ce moment, une jolie bulle de bonheur, qui a donné le sourire à tout le monde. Une artiste sensible, belle à pleins d’égard et qui a su toucher son public par sa spontanéité et son talent. Il y a quelques jours, elle m’a accordé une interview téléphonique, l’occasion de revenir sur son parcours, ses projets et sa participation à la dernière campagne de sensibilisation de Handicap International. Mais je vous laisse découvrir dans le détail notre conversation.
The Dawn, ton troisième album est sorti cette année, six ans après Faces. Qu’est ce qui t’a donné envie de retourner en studio?
En effet, pendant toutes ces années, je n’ai pas eu de présence médiatique, j’ai même été assez radicale puisque j’ai coupé tous mes réseaux. Ce qui est fou, c’est que pour moi ca été un moment de travail assez intense, sur beaucoup d’aspects de mon métier. Le premier pas a été de me lancer en indépendante, de créer mon label. Ca a pris du temps, car j’ai commencé à 18 ans et j’ai toujours été dans des labels. Je découvrais un autre monde, où tout reposait sur mes épaules. Il fallait que je trouve mon équipe. Il y a eu toute cette remise en question, cette reconstruction qui a pris du temps et qui était nécessaire. Je me suis posée beaucoup de questions sur ce que je voulais faire et j’ai finalement décidé de tout casser et de recommencer à zéro.
As-tu eu l’impression que tout allait trop vite au moment de l’explosion de « I know »?
Sur le coup, je n’ai rien analysé et heureusement. J’ai foncé, et d’ailleurs, je n’étais pas du tout en accord avec la vision extérieure de l’avancée de ma carrière. J’étais toujours dans une espèce d’étonnement quand les gens me reconnaissaient dans la rue par exemple, ou me demandaient des autographes. Ce n’est qu’aujourd’hui que je réalise ce qui s’est passé et l’ampleur que ça a eut. Par contre, ca été, au-delà de la vitesse, très très intense, même violent. Quand on le dit en tant qu’artiste qui a eu du succès, cela peut sembler ingrat. En plus, je considère qu’en tant qu’humain, on est des énergies, on communique comme tel autour de nous et en fait, là, on s’oublie parce qu’on se prend toute l’énergie de toute la planète. Tout le monde sait mieux que toi qui tu es, ce que tu veux faire. Tu te dépossèdes de toi-même et tu appartiens à la terre entière sauf à toi-même. C’est terrible parce que tu ne sais même plus ce que tu donnes. Ce qui compte le plus, c’est du coup l’entourage.
Comment as-tu réussi à te protéger?
J’ai dû développer une carapace exceptionnelle. J’étais une femme et en plus une jeune femme noire. Va te faire respecter dans un milieu qui est composé essentiellement d’hommes blancs. Tu dois te battre, mettre des couches et des couches pour te protéger. Du coup, ce break a été un moyen aussi pour enlever toutes ces couches et de dire qui je suis. En plus j’étais jeune quand tout est arrivé, j’étais encore en pleine construction.
Parlons de tes textes à présents car tu y portes une attention particulière. Ils ont d’ailleurs été traduits en français et ce sont comme des poèmes.
Pour le coup mon public est surtout francophone, mais je suis persuadée de l’universalité de la musique. J’ai joué dans des endroits en France, où les gens ne comprenaient pas un mot d’anglais et pourtant ils connectaient avec la musique et ce qui se passait sur scène. Je me suis dit que c’était dommage qu’ils se coupent de ce que je dis, c’est pour cela que j’ai voulu traduire les chansons. Surtout que j’ai fait un gros travail sur les textes pour ce troisième album, d’où l’importance de le traduire en français.
Tu commences à écrire en français ou en anglais?
Toujours en anglais, à part, récemment, j’ai trouvé ce qui résonne chez moi en français. Les chansons que j’écris en ce moment sont en français. L’anglais est ma langue d’expression artistique. J’ai appris la musique avec les Anglo-saxons et la musique camerounaise. Les vibrations musicales, elles me donnent une inspiration en anglais. Il y a aussi une pudeur à écrire dans sa langue, c’est ce que je commence à comprendre et cela montre que le travail sur soi n’est jamais terminé. Aujourd’hui ce que je suis, la manière dont je suis alignée dans ma personne, je n’ai plus la pudeur de m’exprimer en français, parce que je sais qui je suis.
Tu qualifies ta musique d’afrofolk, as-tu le sentiment avec cet album d’avoir enfin pu retrouver le Cameroun et sa musicalité?
J’ai accroché les wagons, j’ai réconcilié tout ce que j’étais. C’est pour ça que chaque chanson à sa propre histoire, son propre style. C’était important pour moi de ne pas fragmenter, de dire que l’album est un tout parce qu’il est moi, mais on est pas une chose, une case. Rien que dans le référencement sur les sites de streaming, j’ai galéré pour choisir le bon style de musique.
The Dawn est à plus d’un titre, un album qui célèbre ta pluralité et cette envie justement de ne pas rentrer dans une case.
En tant que femme, ca fait partie d’une lutte, d’un combat dans ces milieux artistiques. On autorise beaucoup plus de choses aux hommes qu’aux femmes. Un mec qui va montrer toutes les palettes de sa créativité, on va appeler ça du génie, et on va toujours chercher à comprendre ce qu’il a voulu dire. Mais, une femme qui va vouloir dépasser les cases qu’on lui impose, on va le voir comme un manquement ou une forme d’indécision. J’ai eu pas mal de retour de médias qui trouvaient les chansons supers, mais ne comprenaient pas où me placer. Pour moi, c’était un compliment, mais pour eux, c’était un problème. Donc il ne faut jamais rien tenir pour acquis. Si je veux vendre ma musique comme je l’entends, sans case, c’est à moi de créer mon propre créneau.
Les deux premiers albums étaient beaucoup plus folk que ce dernier et ta voix s’est affirmée, elle est plus grave, plus pleine.Qu’est-ce qui a changé?
Ca fait partie de tout le processus. J’ai suivi une formation vocale pendant trois ans, durant lesquels j’allais tous les jours dans une association à Mantes la Jolie qui s’appelle Looking for soul. Ca avait été un problème à la fin de la tournée de mon deuxième album, ma voix était rincée, plus rien ne sortait, j’avais même peur de l’utiliser. Je n’avais jamais pris de cours de chant avant car je ne considérais pas ma voix comme un instrument. Je me considérais comme une musicienne pas une chanteuse. J’ai demandé à mon prof de chant de me réparer. Il m’a dit que je ne savais pas utiliser ma voix, que ce n’était pas ma voix.
Les chanteuses qui t’accompagnent sur scène sont aussi incroyables, peux-tu nous en parler?(ndlr: Hybrid, Andy Lou Clency & Lilly Formosa)
Elles me portent en effet, et me donnent l’impression d’être à la maison, car c’est avec elles que je travaillais, c’est la famille. Elles sont avec moi dans le projet, c’est plus une collaboration. Et elles ont la particularité d’être solistes, elles ont chacune des projets. C’est l’alliance de quatre voix que je mets au même niveau. Elles ont toutes leur place dans le spectacle. Ca montre aussi qu’on est pas seule, j’en suis revenue de ce culte de la personnalité. C’est important de partager la tribune d’expression avec ceux qui ont participé. Après cela dépend aussi du projet. A mes débuts, je faisais tout seule et du coup j’étais un peu une femme orchestre sur scène et c’était la réalité de ma création. Mais sur The Dawn ça s’est fait différemment et je n’avais pas envie de me priver de tous ces gens et ne pas montrer cette collaboration.
En fait tu es en pleine mutation et c’est très courageux de repartir de cette façon pour se trouver soi. L’album a d’ailleurs été très bien accueilli par les médias.
Oui ce qui est fou, c’est que les médias que j’ai faits et qui m’avaient déjà reçus pour les autres albums, étaient des programmateurs qui aimaient vraiment ma proposition artistique et qui m’ont suivie même dans ce délire d’indépendance.
Quelle est ta vision de l’émergence aujourd’hui et de l’indépendance?
Le problème aujourd’hui, c’est que le rôle des radios n’est plus de faire découvrir de nouveaux talents, ni de faire passer des petits artistes, qu’on va accompagner jusqu’à ce qu’ils grossissent. Le but est de vendre de la pub et de faire passer des artistes qui sont des valeurs sûres. Le mieux aujourd’hui est de faire les choses comme on en a envie et de toucher un public qui le restera. Donc rester indépendant, c’est se dire que cette base de gens qui me comprend, qui entend ce que je leur envoie, c’est solide. C’est des gens qui seront là pour moi. Le pire, c’est que les labels ne sont plus une garantie de quoique ce soit. A tel point que pour un artiste, c’est plus intéressant de développer lui-même sa fan base avec les réseaux que de tout de suite se mettre dans un carcan. Je ne regrette pas mon expérience avec les labels, parce que j’ai appris beaucoup sur moi-même. Si je n’étais pas passé par tout cela, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. La vie n’est pas une ligne droite, il y a la place pour tout ce qu’on veut finalement.
Comment as-tu vécu la période du confinement?
Oh la la mais je l’ai vécu si bien, c’est terrible parce que je sais que ça été dramatique pour beaucoup de gens, mais je me suis un peu retrouvée dans mon élément. Ca a remis les pendules à l’heure pour beaucoup de gens, ça a redonné la notion du temps, de ne pas se laisser imposer un calendrier et de passer son temps à s’agiter. Il y a eu ce truc de se poser, de laisser le temps s’étirer. Ca m’a fait du bien, car j’étais en train de me condenser dans une espèce de course avec la promotion. En réalité ça m’a calmé, et m’a obligé à chercher des nouveaux moyens de faire arriver ma musique aux oreilles des gens. Ca a ouvert un éventail de possibilités et d’horizons que je n’aurais sans doute pas eu sans ce moment. Que ce soit des collaborations avec des danseurs notamment, ca m’a ouvert les yeux, ca a accidenté le parcours. Par contre, on aimerait bien reprendre les concerts. Autant la période du confinement, j’étais assez sereine, autant, j’avoue que le début du confinement a été très violent parce que je repartais en tournée après cinq ans d’absence. J’ai heureusement eu quelques dates reportées mais c’est très incertain et c’est pesant sur la durée. Les concerts, c’est ce qui fait vivre ta musique, la relation avec le public, c’est ce qu’on cherche. Je ne crée pas mes chansons sans les imaginer sur scène.
Parle nous de la campagne à laquelle tu as collaboré avec Handicap International.
Ce sont eux qui m’ont approché, ils voulaient sensibiliser sur les bombardements des civils. Aujourd’hui, 90% des victimes de bombardement sont des civils. Il n’y a pas un endroit dans le monde, où les civils ne sont pas les victimes collatérales de toutes ces histoires entre gouvernements qui jouent à celui qui aura la plus grosse. Handicap International voulait mettre des images sur cette violence et mettre en avant ce paradoxe entre nous qui sommes dans notre bulle et ce qui se passe dans le monde. Ils avaient besoin d’une chanson qui cassait avec les images de bombardement, une espèce de berceuse qui symbolisait le côté « numb » (ndlr: engourdissement) dans lequel on est. J’ai eu un problème au début quand j’ai entendu parler de cette campagne, que j’ai vite dépassé finalement. Ma première question a été de dire, oui je suis d’accord avec ça mais est ce que nous-même à Paris, on n’est pas aussi victime de cette violence. Pour moi, allez dire aux civils dans une campagne qu’il y a des civils qui sont bombardés, autant allez le dire finalement à ceux qui bombardent. Mais, il faut le voir comme une façon de reprendre le pouvoir, dire aux gens qu’ils peuvent faire des choses pour changer ça. Handicap International, par exemple dit aux civils qu’ils ont le pouvoir de faire pression sur les gouvernements pour que soient signés les traités contre les bombardements de civils. C’est aussi pour cela que j’ai accepté de participer en écrivant cette chanson pour cette campagne.
Abordons des choses plus légères, dans ta loge idéale on trouve quoi?
Du citron, du miel , du gingembre et un canapé.
Sur ta scène idéale, on trouve qui?
Les trois filles avec qui je chante. Après ca dépend de l’humeur du moment, je kifferais jouer avec un big band, avec des cuivres, des violons.
C’est le moment de partir sur Mars, tu emmènes quoi avec toi?
J’ai eu du mal à choisir la chanson que je préférais parce qu’elles sont toutes belles et les vidéos toutes différentes. J’ai choisi finalement Venom of Angels pour sa douceur et son petit côté rétro avec les très belles voix de ses choristes. Mais je vous invite à aller découvrir les autres clips sur sa chaîne YouTube.Irma sera aussi en concert à l’Européen à Paris le 24 novembre
Crédits photos avec l’aimable autorisation d’Irma.
Dans le radar de la semaine, du rap avec trois garçons dont je vous ai déjà parlé sur le blog, en tout cas pour deux d’entre eux. La nouvelle scène du rap reprend des couleurs en France, et c’est une bonne nouvelle. Allez hop c’est parti pour le radar de la semaine.
On commence avec le dernier titre deSimony « Boucle » qui s’entoure comme toujours de ses Rabbits pour la prod et du Fief pour le clip. Le texte est comme toujours percutant. C’est du rap, mais mélodique car Simony sait chanter aussi et son univers s’affirme à chaque morceau, musicalement et visuellement. C’est un garçon qui va continuer à nous surprendre dans les années à venir car il y a chez lui une sensibilité à fleur de peau et une véritable belle créativité.
Snakidfait partie de mes chouchous depuis quelques mois aussi. Ce jeune artiste est un véritable performer et il déborde d’énergie, enchaînant les projets, les collab avec un sourire jusqu’aux oreilles. Il est solaire mais ne vous fiez pas aux apparences, Snakid a des choses à dire et c’est le cas avec sa dernière chanson « Do it better » dans lequel il dénonce la toute puissance des réseaux sociaux et notamment Instagram et le filtre que la plateforme crée sur la vie des gens. En tout cas, il vous donnera la pêche rien qu’à le regarder s’éclater avec 1000 faces avec qui il signe ce titre.
Le petit dernier s’appelle Le Double A et il est en train de se faire sa place dans le game, lui aussi. Originaire de la région lyonnaise et se lance dans la musique en 2017. Menant des études d’arts visuels depuis le lycée, celles-ci l’amèneront à s’installer à Paris. En juillet 2019 en résidence studio à l’Hacienda (Tarare), il compose son premier EP. S’associant avec les producteurs Bademe et Rodeo, il sort son premier gros projet le 22 novembre 2019, avec 7 titres. Il est constamment dans un processus de création en enregistrant des morceaux tout au long de l’année. Mais je ne vous en dit pas plus car il sera mon invité très bientôt sur le blog et vous aurez l’occasion de le découvrir. En tout cas, il écrit bien, il a lui aussi un univers déjà bien affirmé et une sensibilité qui ne peut que me parler. Mauve est son dernier single.
Hello, on termine la semaine en beauté avec ma sélection hebdo. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir trois artistes, tous très différents à priori mais avec une sensibilité et un groove tout à eux. Allez hop c’est parti pour le radar de la semaine!
On démarre avecGabriel Delmas, un batteur talentueux qui fait partie de mes premières interviews maison. J’ai découvert Gabriel en 2017 alors qu’il venait de remporter un concours organisé par la Baguetterie, lieu mythique pour tous les amoureux de la batterie. Depuis, je le suis dans ses aventures musicales. C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai découvert Vyo. Cette fois-ci, Gabriel revient avec un nouvel EP « Try » qui sera dispo le 31 octobre mais que j’ai eu la chance d’écouter en exclu. Gabriel avec ses deux comparses Viktor Raynaud (Bass) et Florent Hortal (Guit) nous propose quatre morceaux instrumentaux de jazz mais qui groove sacrément. Influencé par des artistes tel que Oz Noy, Wayne Krantz, Mark Guiliana, Gabriel Delmas et son trio sont à découvrir d’urgence pour les fans de Jazz fusion.
Andrée est une chanteuse française qui m’a séduite par le clip de sa chanson l’Ennemi, extrait de son EP Lune Rousse sorti cette année. Tourné dans l’église montreuilloise Saint André, le clip nous embarque dans l’univers particulier d’Andrée, très esthétique avec une touche de mysticisme qui m’a plu. L’Ennemi parle de cette dualité que nous avons en nous. De cette petite voix qui nous envoie des messages négatifs, distille de la peur et nous empêche d’avancer. Parce que notre pire ennemi, c’est nous. A travers ce titre, Andrée s’adresse à son ennemi intérieur avec simplicité et sincérité, à la recherche d’une réconciliation. Une belle voix jazzy, profonde qui s’épanouie aussi bien en français qu’en anglais. Mais il faut dire que les influences d’Andrée se ballade entre Bjork, Emily King, Solange ou Jeanne Added. Au final, un joli mélange de jazz, de pop et d’électro.
Jessy and The Volunteers est un groupe étonnant mené par Jessy Wadeson. Originaire de Nouvelle-Zelande, Jessy est une artiste qui a démarré très jeune, écrivant ses premières chansons à l’âge de 10 ans. A 12 ans, elle sort un premier EP. Acting, danse, musique, Jessy est une boule d’énergie qui dépasse les frontières pour expérimenter, s’enrichir, de l’Australie au Guatemala en passant par les Etats-Unis. Elle revient finalement chez elle à Auckland en 2017 et monte son propre groupe dans le sous-sol d’une maison, « un mélange sexy et bluesy de funk, de rock et de soul » comme elle le décrit. Ils écument les festivals et sortent au printemps dernier « Time is Laughing » un petit bijou de groove avec cuivre et choeurs qui donnent envie de danser. Les influences de Prince sont influences et on ne peut que songer à Janis Joplin en voyant Jessy. Gros coup de coeur en tout cas et j’espère que vous aimerez aussi 🙂 Leur premier album devrait sortir avant la fin de l’année.
Hello aujourd’hui c’est un radar un peu spécial car j’y ai inclus ma fille Chiara Foschiani, et mes amis de Rosaway parce qu’après tout, mon blog est avant tout mon espace d’expression et le reflet de ce que j’aime et surtout de qui j’aime 😉
Honneur à la famille, avec Chiara qui sortait vendredi son premier single « Queen of Disaster » à tout juste 17 ans. Chiara fait du piano depuis l’âge de huit ans et pour la petite histoire chantait avec moi quand elle était petite avant que je l’envoie à l’école de musique pour que je ne sois pas la seule à profiter de sa jolie voix. Auteure-compositrice-interprète et productrice, Chiara gère tous les aspects de sa musique depuis le début. Son univers est un mélange de dark pop, d’électro et de dream pop. « Queen of Disaster » évoque une relation toxique dont on a peine à se sortir mais dont il faut se libérer pour retrouver sa paix intérieure. C’est la dernière chanson de l’EP « Trouble Maker » qui sortira en 2021. Elle a collaboré avecValentin Larbre, ingénieur son formé aux célèbres studios Abbey Road. Ensemble, ils ont su trouver la direction artistique qui correspondait à ce que Chiara recherchait pour cet EP. Le clip de ce premier titre arrivera courant octobre et nous aurons l’occasion d’en reparler. En attendant, allez découvrir et écouter Chiara et partager un max si cela plaît à vos petites oreilles 😉
Mon deuxième coup de cœur concerne Rosaway, le duo électro-pop-groove dont je vous ai déjà parlé sur le blog à plusieurs reprises. Rachel à la flûte et au chant et Stéphane à la batterie et aux harmonies. Ils ont sorti eux aussi vendredi leur dernier bébé « Dreamer » un EP de 5 titres tout en énergie. En anglais encore une fois et entourés de guest talentueux tel que Adam Ahuja aux synthés, piano et orgues, Joey Peebles (Trombone Shorty), Doug Belote (Robben Ford, Derek Trucks), Rob Lee (Mike Zito). La voix lyrique de Rachel se pose sur une pop résolument feel good et dans une dynamique constante d’un bout à l’autre de cet opus. J’attends d’entendre Rachel dans un registre plus posé aussi, pour que l’on découvre sa voix dans un registre différent. C’est un EP taillé pour la scène en tout cas. Désormais entouré d’une équipe créative, Rosaway continue son chemin avec ambition et talent. Le clip accompagnant le premier single « On your way up » est très beau et esthétique. Un univers particulier à découvrir.
Et enfin dans un style complètement différent, je vous invite à découvrir WELCH, un rappeur qui prend l’écriture de ses textes à coeur et c’est ce qui m’a touché. Il fait ses armes au sein du collectif VSO qu’il crée en 2010. Il le quitte en 2015 après la sortie d’un premier EP Hiphopia. Welch collabore ensuite avec Oden et Edward Hardy, un beatmaker de la scène électro Montpelliéraine et sort son EP « Lagon Bleu ». Il continue son parcours avec cette équipe et l’ EP « Je plane » qui remporte au passage des bourses et des prix. Cela ouvre aux deux amis de belles premières parties de Roméo Elvis, Georgio, Sopico, Columbine et des Festivals comme les Déferlantes Sud de France et le Printemps de Bourges. A partir de 2020, ils décident ensemble de sortir un projet ambitieux : TRIPTYQUE une série d’EP de 3 titres qui sortira tous les mois accompagné d’un clip. Lalalandest le 2eme extrait de triptyque vol.1. Le vol.2 est dispo depuis le 30 septembre. Malgré l’utilisation légère de l’autotune dont je ne suis décidément pas fan, il y a dans le rap de Welch une belle musicalité, un flow efficace, mélancolique et cash que j’ai aimé. Les prod sont douces et n’écrasent pas le texte, nous laissant le temps de bien écouter les lyrics. A découvrir d’urgence d’autant que le clip est très cool.
Après la pause estivale, hier je revenais sur Europe 1 dans l’émission d’Emilie Mazoyer pour présenter un groupe dont je vous ai déjà parlé sur le blog Photøgraph. L’occasion de vous donner des nouvelles de leur actu, puisqu’ils sortiront bientôt un nouvel album. Quelques dates planifiées, malgré le Covid, en Bretagne notamment et une reprise surprenante du titre de Niagara « L’amour à la plage » qui rappellera des souvenirs à ceux de ma génération.
Vous pouvez toujours les suivre sur les réseaux sociaux et les soutenir en likant, et commentant leurs publis. Quand on aime les artistes, et surtout en ce moment où l’industrie musicale dans son ensemble est fortement mise à mal, il faut leur montrer parce que sans art et sans culture, la vie serait bien triste 😉
Pour écouter le podcast de l’émission d’hier soir cliquez sur l’image ci-dessous, et si vous êtes impatient c’est à peu près à 1:00:00
Hello tout le monde, voici les trois titres que j’ai sélectionné cette semaine pour mon radar hebdo. Trois artistes qui ont su faire frétiller mes oreilles. C’est parti pour la sélection!
Local Nomad est le nom qu’a choisi Michael Desmond, cet américain natif de Long Island pour continuer son aventure musicale. Après des débuts en tant que leader d’un groupe rock indé, il peaufine son son et revient avec une musique plus folk mais résolument actuelle. Il puise son inspiration chez Tears for Fears, ce qui n’est pas sans me déplaire, Elvis Costello, Phil Collins. Le titre que je vous présente « Snakechild » fait partie d’un EP qui sortira bientôt et qui parlera d’amour perdu, de baseball, de la mort et de la vieillesse (vaste programme). En tout cas le titre est catchy et donne envie de danser. Pas encore de clip mais on attendra encore un peu pour ça et en attendant vous pouvez le découvrir sur ses réseaux sociaux.
La deuxième artiste qui m’a tapé dans l’œil cette semaine s’appelle Thérèse. Malgré un prénom bien classique et français, elle chante en anglais et n’a rien de classique pour le coup. Cette jeune femme a un univers déjà très affirmée pour un premier single. Cela laisse présager de jolies choses pour la suite. Musicienne, mais aussi styliste, militante, Thérèse est résolument dans son temps avec un petit côté barré, mais très stylé. Son premier clip sur le titre T.O.X.I.C est sombre, beau et parfaitement dans le mood du morceau qui décrit la toxicité de certaines relations. Une artiste à suivre qui ne devrait pas manquer de nous surprendre.
Et pour finir, voici une artiste que je suis depuis plusieurs mois, et qui n’en finit pas de m’étonner par sa créativité. Dolche est une chanteuse, compositrice et productrice de disques italo-française qui peut déjà se vanter d’une carrière musicale de 20 ans, de plus de 500 concerts en Europe et de collaborations clés avec des professionnels ayant remporté des Grammy Awards. Son travail est bien connu pour son style musical distinctif et le mélange de différents genres tels que le folk, la chanson française, la musique du monde, la musique classique, le funk, l’électronique. « Sunday Mood » est le cinquième extrait de son prochain album Exotic Diorama (sortie en octobre 2020). Ce single signe une véritable a déclaration de guerre de Dolche à la violence et aux abus sexuels. Le clip qui l’accompagne est très beau, très cinématographique. « J’ai traversé une période difficile, un moment sombre de ma vie et j’ai composé cette chanson en pensant à la difficulté et à la longueur du processus de sortie de là, puis à la soudaineté et à la facilité avec lesquelles il a fallu, en fin de compte, faire ce premier pas décisif. Je voulais que la vidéo de Sunday Mood montre la libération de la violence, de l’insécurité et des abus. Je la dédie à toutes mes soeurs femmes » dit-elle. Jusqu’ici j’ai aimé tous les titres sortis par Dolche, elle a un vrai univers, onirique à la limite du transcendantale et l’émotion qu’elle transmet dans sa voix vous prend aux tripes. A découvrir d’urgence!
Le radar de la semaine est un peu en retard, car mon week-end fut occupé par un tournage de clip. Mais qu’à cela ne tienne voici les trois titres que j’ai retenu cette semaine. De l’Indie pop comme j’aime, du rap comme j’aime aussi et de la french pop qui dépote!
Le premier artiste pour qui j’ai eu un coup de cœur la semaine dernière estRook Monroe. Son premier single « Jolie » a un petit côté Fleetwood Mac qui m’a plu tout de suite, avec sa voix de fausset et son rythme dansant, c’est une chanson qui s’écoute pour chiller tranquille et se laisser aller à ses émotions. Bien que « Jolie » soit la première sortie originale de Rook Monroe, il n’est pas étranger à l’industrie de la musique. Il a écrit le très acclamé « Desperado » de Rihanna et d’autres singles pour des artistes aussi divers que Jeremih ou The Chainsmokers. Un artiste à suivre de près.
Le deuxième artiste que j’avais envie de mettre en avant est MEPHISTO, un rappeur, MC, beatmaker et réalisateur de talent. Son album ULTRAVIOLET est sorti il y a quelques semaines et j’avoue que j’ai été très surprise par cet opus. Mais Mephisto aura les honneurs du blog dans une interview très bientôt, donc en attendant, je vous invite à écouter ses sons sur les plateformes. C’est très cinématographique, bien écrit et pleins de trouvailles et tous les feat sont d’une grande qualité. J’ai choisi le titre « Kings Cross » pour vous faire découvrir son univers, mais il faut vraiment aller l’explorer car il est riche et pleins de surprises.
LAÏN arrive à Paris à presque 18 ans et le besoin vital de faire quelque chose avec la musique. Si le jazz fut sa première musique, elle découvre ensuite Léo Ferré, Nougaro, Barbara, Philippe Léotard, qui la conforteront dans la recherche d’une autre forme de beauté, moins évidente, moins accessible. LAÏN travaille, cherche son binôme artistique pour mettre ses textes en musique. LAÏN rencontre Jean Fauque aux Francofolies de La Rochelle. Enthousiasmé par le talent de la jeune femme, l’auteur de ‘‘La nuit je mens’’ lui proposera un texte qu’il avait écrit pour son ami Alain Bashung et que ce dernier adorait : ‘‘On sera sur’’. Une voix qui vous accroche en tout cas et que j’avais hâte de partager avec vous. Son album « Clean » est à découvrir d’urgence. En attendant le clip, voici le lien Spotify et un autre titre que j’ai aussi adoré AB Negatif.
Le radar de la semaine met les filles à l’honneur avec trois jeunes femmes talentueuses aux univers déjà bien affirmés et bien ancrées dans la réalité. C’est parti!
KIARA JONESest une artiste française qui chante en anglais. Auteure-Compositrice-interprète et multi-instrumentiste. Kiara est une chanteuse qui mixe la neo-soul que j’aime particulièrement et d’Indie pop, avec des influences évidentes de jazz, pop et soul. Je l’ai découvert avec son morceau « And I feel the same », un morceau chill à souhait avec une ligne de basse au top qui donne un petit côté old school que j’ai adoré. Déjà trois singles sortis avec des clips qui révèlent un univers assez onirique et poétique. Son premier EP devrait arriver très vite. Je vous en dirais bientôt plus, car la belle Kiara sera en octobre en interview sur le blog. En attendant, suivez la sur ses réseaux sociaux et prenez le temps de la découvrir.
Mon deuxième coup de cœur s’appelle MOLI. Auteure-compositrice, la jeune chanteuse née en Belgique d’une mère anglaise et d’un père Sud-Africain mixe l’anglais et le français dans ses chansons. Elle nous propose une pop lumineuse et glamour assumant totalement sa féminité. Elle sort un premier EP en 2018 « Didn’t Mean to me » qui est très bien accueilli. S’ensuit de belles collaborations et des participations dans des méga hits comme « Breaking Me » du producteur Topic et de A7S. Son deuxième EP est en cours, alors qu’elle a signé chez Embassy of Music à Berlin. Le premier single « Disconnected » est sorti en juin et « Jacuzzi » par lequel je l’ai découvert, le 4 septembre dernier. C’est frais et très prometteur à seulement 21 ans. Moli a tout pour réussir une carrière internationale. Très inspirée par les années 80, elle nous fait danser avec un petit côté Dua Lipa dans la voix. Bref une jolie combinaison de pop et de soul. Moi j’adore!
Et enfin MARLOUNSLY, une artiste américaine née à Haïti, auteure-compositrice-interprète. Sa musique est plus proche du RnB avec un groove évident. Déjà repérée aux Etats-Unis, elle a fait la première partie de groupes tels qu’Ella Mai, H.E.R et Summer Walker lors de grands festivals de musique et de tournées. Son dernier titre « Lie Again « tout juste sorti cette semaine est un jam R&B funky produit par Noden qui met en valeur la voix puissante et soyeuse de Marlounsly. Très impliqué dans le mouvement « Black Lives matter », Marlounsly a reçu le soutien de Billie Eilish sur Instagram suite à un post sur le racisme au sein du milieu médical « Je veux que les personnes racistes soient exclues du domaine médical. Je me fiche totalement s’ils ont travaillé dur ! Ils sont donc la raison pour laquelle les femmes noires sont totalement discriminées en terme de sécurité sociale. »
Aujourd’hui, je vous invite dans l’univers de Check, un artiste aux multiples influences, nés de parents maliens, à Saint Denis dans le 93 avant de migrer dans le 77. Il commence la musique en 1999, forme un premier groupe de rap RPK avec des copains d’école, qui se fait repérer par la radio Générations. Mais, Check est un créatif qui aime les défis. Il lance avec un ami en 2016, le collectif Black & Yellow Productions, afin d’allier musique et image. Il collabore avec Rapunchline, média incontournable de la scène rap. La création de clips, d’interviews, de making-of pour des artistes aussi connus que Aya Nakamura, Sofiane ou Soprano sont son quotidien pendant quatre ans.
Ce long break est pourtant nécessaire pour celui qui ne se reconnait plus dans la production rap des années 2010. Avec la nouvelle vague de rappeurs tels que Roméo Elvis, Lomepa et Nekfeu, l’envie de refaire de la musique revient pourtant tranquillement mais sûrement.
Mais là où on aurait pu l’attendre dans un registre rap, Check propose au contraire une musique hybride, qui va piocher dans la chill music avec une écriture soignée et précise. Il y accorde une grande importance, cherchant à mettre du sens, de la pertinence dans ses textes, puisant dans son quotidien aussi.
Il retourne en studio et enregistre un EP de 7 titres « Objectif Lune » sorti en juin dernier. C’est là que nos routes se croisent. J’ai été séduite par son single « Besoin d’air » au rythme particulier et à la mélodie qui fait du bien. Il collabore avecJames Z, un artiste que j’ai déjà interviewé sur le blog, mais aussi Mey et également DJ KB. Les beatmakers Neni beats et Hipman sont quant à eux aux manettes pour la création des instrumentaux.
C’est un EP intéressant, qui est celui de la maturité pour Check, une envie aussi de revenir sur scène mais avec une formation de musiciens et pas uniquement un DJ. Il faudra attendre que la crise du covid s’achève et ouvre à nouveau les portes des salles de concerts.
En attendant, Check sort un nouveau clip vendredi 18 septembre extrait de son EP, alors allez streamer « LVB » et n’hésitez pas à suivre cet artiste, positif et joyeux qui fait désormais parti de mes chouchous 😊
Aujourd’hui, je vous présente le premier livre écrit par Nicolas-Yves Cayrol que j’ai rencontré grâce à Instagram. Pendant le confinement, lui et son équipe ont proposé des interviews lives avec des acteurs de l’industrie musicale, des concerts et toutes sortes de conseils en direction des artistes émergents de la scène des musiques actuelles françaises.
Mais parlons un peu de NYC comme on le surnomme :); Il est issu d’une famille de musiciens professionnels et lui-même va devenir l’un des plus jeunes chefs d’orchestre français. Il va ainsi découvrir à travers ce métier complet, la direction artistique, mais aussi le management. Pendant près de 15 ans, NYC va évoluer dans ce monde avant de faire évoluer sa carrière vers la direction commerciale. Possédant désormais une double expertise artistique et business, il crée une pédagogie adaptée aux groupes émergents en musiques actuelles en établissant en permanence des parallèles avec la direction d’orchestre.
Comme il le dit lui-même « Ce programme est né d’un constat simple : les artistes des musiques dites « actuelles » sont les seuls du monde du spectacle à ne pas avoir un référent direct. Les comédiens ont le metteur en scène, les danseurs, le chorégraphe, les musiciens classiques, le chef d’orchestre, etc. Pour autant, leur rôle sur scène est l’interprétation, et les enjeux en sont l’écoute, le dialogue, l’échange, la transmission, la coopération transversale, la circulation d’énergie. Enjeux que l’on retrouve de façon exaltée dans la direction d’orchestre! Le Chef d’Orchestre communique avec son orchestre pour le fédérer autour d’un seul projet : sa vision de la partition, sa ligne directrice, au service de la musique.
« Au-delà d’une simple prise de conscience, cette pédagogie s’applique à faire découvrir aux musiciens émergents une nouvelle façon d’aborder leur projet et la scène. En expérimentant des outils utilisés dans la direction d’orchestre, les artistes peuvent en mesurer les enjeux et leur efficacité, dans le but d’accroître leur savoir-faire et leur savoir-être au sein du groupe et sur scène ».
Vous l’aurez compris, son livre « Devenir musicien pro » est un must-have pour tous les musiciens qui se lancent dans cette aventure folle et exaltante qu’est la musique et qui souhaitent se professionnaliser. C’est un long chemin, mais grâce à Nicolas-Yves Cayrol, certains obstacles vous paraîtront bien moins insurmontables.
NYC est un professionnel à l’écoute et ses conseils précieux. Je suis bien placée pour le savoir, ayant eu la chance de bénéficier de son expérience depuis plusieurs mois pour le projet de ma fille Chiara. C’est donc avec un grand plaisir que je vous invite à vous procurer son livre en cliquant ci-dessous ou scannant le QR code.
Cerise sur le gâteau, vous trouverez dans ce livre, des témoignages d’artistes et des conseils de professionnels du secteur tel que Michael Jones, guitariste de Goldman, Eric-Marc Feret, directeur territorial de la SACEM et Maryline Saint-Cyr, directrice du Centre de Recherche pour l’Emploi et la Formation.
Retrouvez ici, mes coups de cœur de la semaine, à consommer sans modération mais surtout à explorer d’urgence!
ABAKAN, un de mes chouchous depuis que je l’ai découvert en avril dernier, a sorti hier un nouveau single « Going somewhere » toujours aussi groovy. C’est efficace et ça donne envie de danser . « Cette chanson est une rêverie sans destination, l’envie simple d’avancer, droit devant soi, avec le désir d’être complètement libre. L’expression de notre imaginaire, pour nous soulager, le temps d’un instant, d’une réalité devenue trop pesante » explique t-il. Tout est dit, il n’y a plus qu’à foncer l’écouter.
ELEONOREest un auteure-compositrice et interprète orléannaise, que j’ai découverte tout récemment. Son EP » Who you are » est sorti fin août et dévoile une voix proche de celle d’Amy Winehouse, très néo soul. Cinq titres qui groovent et qui rappelle le Rnb les années 90. De belles radios, comme FIP ou France Bleue l’ont déjà programmé. Une artiste prometteuse que je vous invite à découvrir.
MICHAEL LANEest un artiste indie-folk avec un parcours de vie particulier. Moitié américain moitié allemand, il a, en tant que soldat, été en Afghanistan et a vu et subi la réalité de la guerre. Sa musique est une sorte de journal musical, très douce et son dernier titre « Coming Home » est un message d’espoir qui exprime l’envie d’un retour à l’essentiel. Déjà très connu en Allemagne, avec deux chansons dans le top 50, quatre albums, et des tournées internationales, Michael Lane fait partie des artistes à découvrir cette semaine.
Maïtagari, c’est d’abord une voix qui invite aux voyages, une voix presque lyrique qui pourrait faire penser à la chanteuse Camille, dans l’utilisation qu’elle fait de la polyphonie. Mais, là où je trouve Camille parfois trop expérimentale, Maïtagari est plus accessible à mes oreilles et je me suis laissée embarquer dans son univers si particulier.
C’est un doux mélange entre pop, électro, transe et surtout beaucoup de poésie dans les textes. Maïtagari est tombée amoureuse de la musique de Björk à l’âge de dix ans. « J’ai puisé beaucoup d’inspiration dans ses créations pendant mon adolescence parce que j’étais fascinée par son univers musical et visuel très riche, sans limite et surtout qui réussissait, je trouve, à connecter l’imaginaire (dans les visuels, les arrangements etc…) à la réalité (sa voix et ses textes) » raconte-t-elle.
Licenciée en musicologie, formée au chant lyrique. Tout au long de son parcours musical, qu’elle initie à Narbonne, puis à Toulouse, avant de rejoindre Paris, elle explore différents styles, du jazz au rock expérimental en passant par l’impro et même un trio vocal humoristique.
En 2018, elle obtient une bourse de la région Ile de France et commence à travailler avec deux musiciens Pierre Petitjean (batterie électronique) et Manu Tovski (claviers, synthés) qui travaillent avec elle les arrangements et les instrus de ses chansons.
Avec une vingtaine de concerts à son actif, dans de jolies salles comme La Bellevilloise , La Manufacture Chanson et le Festival Off d’Avignon, deux singles sortis en 2018 et 2020, Maïtagari met à profit le confinement forcé du printemps dernier pour autoproduire un EP intimiste « VOCA« , composé de 5 titres en français aux textes forts. Elle y parle de la vie qui l’entoure, et comme elle le dit elle-même « de l’intérieur et de l’extérieur ».
Le magnifique « Aux Glaciers » porté par un clip fort, engagé et surtout participatif nous parle de ces sdf qui vivent sous notre nez, comme des ombres invisibles que souvent nous ignorons car trop pressés de vivre nos vies pour s’arrêter et juste écouter notre humanité. L’écriture est juste, sans pathos.
La voix de Maïtagari est un instrument qu’elle manie avec une dextérité peu commune, comme dans le titre « Le balcon des ambulances » sur lequel les harmonies remplacent les instruments. C’est beau et envoûtant. Sur scène, elle utilise aussi un looper qui lui permet de modifier le son de sa voix et de créer des arrangements vocaux en live.
Un coup de cœur pour « Mariage blanc » qui aborde un sujet lourd avec une force incroyable, sans ambiguïté. « Il y a des réalités que l’on ne suppose pas. La mienne a déchanté depuis longtemps déjà » chante t-elle, évoquant les rêves brisés de ces femmes prises dans un engrenage encore et toujours d’actualité.
Il y a une modernité évidente dans la voix de cette artiste, portée par le choix d’arrangements minimalistes. Un lien tout aussi évident avec la belle chanson française qui raconte des histoires, soignant les mots sans jamais céder à une facilité d’écriture.
« VOCA » est à écouter en se posant tranquillement et en profitant de chaque note chantée par Maïtagari.
Elle sortira un nouvel EP début 2021, plus proche de l’électro qu’elle propose sur scène mais la fée Maitagarri en basque n’a pas fini de nous envoûter.
J’espère que cette rentrée 2020 se passe bien pour tout le monde malgré la situation sanitaire. Pour Fred’s Backstages, elle se fait en douceur et on commence par la playlist du mois sur Spotify mais aussi sur ma chaîne YouTube.
Toujours un large choix de style, du jazz, de la pop, du rap, un petit retour sur le titre « Sundance » du regretté Nepal en raison de la sortie du clip avec Nekfeu mais surtout par goût.
La playlist va s’étoffer tout au long du mois, comme d’habitude, les interviews et portraits vont reprendre très vite.
L’été fut dense pour mois car je travaille au lancement du premier single de ma fille Chiara. Une façon aussi pour moi d’être totalement immergée dans la vie des artistes émergents avec tout ce que cela comporte d’aléas, mais aussi de rencontres et de passions. Une façon aussi de tester ses capacités de rebonds, d’inventivité, de réactivité mais ça tous les artistes le savent. En tout cas, on vous prépare de belles choses que ce soit sur le blog ou avec Chiara.
Nous n’avons plus qu’à espérer que ce fichu Covid, arrête enfin sa course, pour que le monde du spectacle puisse reprendre la sienne dans des conditions normales. A tous ceux qui écoutent, regardent, partagent la musique tous les jours, les artistes ont vraiment besoin de vous pour passer cette période. N’hésitez pas à les soutenir, les encourager, leur envoyer pleins de bonnes ondes car sans la scène et sans le contact direct avec leurs publics, les artistes sont un peu orphelins.
Hello, le blog se met en pause au mois d’Août pour les interviews et portraits d’artistes mais je continue de partager avec vous mes coups de coeur grâce à mes playlists.
Vous connaissez ma playlist mensuelle sur Spotify et bien désormais vous pourrez la retrouver en vidéo sur YouTube pour encore plus de découvertes!
Profitez de vos vacances pour ceux qui partent et courage pour ceux qui travaillent en cette période estivale. N’oubliez pas non plus de vous protéger en portant votre masque car le Covid ne prend pas de vacances malheureusement.
Aujourd’hui, un article un peu particulier sur le fonctionnement même de l’industrie musicale. Tenir un blog musical c’est bien, savoir exactement comment tout fonctionne, c’est encore mieux. Vous le savez désormais, j’accompagne quotidiennement des artistes émergents grâce à mes articles, interviews, partages en tout genre, et cela depuis plus de deux ans.
Mais je manage aussi ma filleChiara Foschiani, qui à 17 ans se lance dans une carrière de chanteuse pop electro. Nouveaux défis pour moi donc, et je mets cela volontairement au pluriel. En effet, les challenges à relever pour lancer une jeune artiste sont nombreux et relèvent tout autant de l’artistique, que de la stratégie, la communication, le web marketing, le commercial, bref un métier riche et passionnant mais qui nécessite une connaissance approfondie des rouages de cette industrie si particulière.
Il y a quelques mois, je me suis tournée vers Tarik Hamiche pour élargir le champs de mes connaissances en la matière et accompagner au mieux les artistes que je soutiens et le projet de ma fille.
Tarik est un producteur français plusieurs fois disque d’or et de platine, beatmaker et formateur. Il est surtout parti de rien et a construit sa carrière grâce à l’aide d’un mentor, de beaucoup de volonté et de travail.
J’ai dans un premier temps acheté son livre « Le secret pour vivre de sa musique », puis je me suis inscrite à sa formation PEAS 3.0. Depuis, je me forme et j’en apprends tous les jours.
J’avais déjà largement conscience que lancer une ou artiste dans les meilleures conditions était complexe, mais avec cette formation, je me sens beaucoup plus soutenue et accompagnée. C’est une belle communauté qui se retrouve tous les mardis soirs en visio call pour échanger et une formation que l’on fait tranquillement de chez soi à son rythme sous forme de vidéos très claires et une équipe toujours disponible et à l’écoute.
C’est un investissement qui en vaut la peine et que je vous recommande fortement. Si vous avez votre société, vous pouvez même le financer intégralement par le biais de votre droit à la formation.
J’espère que cela vous donnera envie de vous lancer, que vous soyez artistes indépendants, producteurs, manager, que vous souhaitiez lancer votre propre label, la formation répond à toutes vos questions. Plus vous en saurez sur cette industrie, plus vous serez à même de faire les bons choix pour la suite 😉
BONUS EXCLUSIF POUR LES LECTEURS DE FREDSBACKSTAGES!
Hello, j’espère que vous vous portez bien et que vous êtes prêts à découvrir ma playlist du mois d’août. Encore une fois très éclectique et assez barrée pour certains morceaux comme le très fou Eddy Woogy et son rap insolite, mes copains d’Oulmerie et leur dernier titre « Madison ». Mais on s’embarque aussi dans l’univers très folk de Our Man in the Field ou dans l’ambiance très contemplative de Anima.
Pas mal de fusion dans cette playlist, le jazz côtoyant l’urbain et le groove de Khool Kwest, le son plus rock brit de Tomaka. Et pour ceux qui aiment les reprises, il faut découvrir « Sugar Man » le mythique morceau de Sixto Rodriguez, repris par Yul que j’ai adoré.
Mais clairement, j’aime tous les artistes que j’ai intégré en playlist et ils méritent tous vos oreilles attentives. J’ai glissé un petit Taylor Swift parce que son dernier album « Folklore » est un petit bijou et un retour réussi à ses origines folk 🙂 qui flirte bien avec la sensualité de Terry Blade.
Éclatez-vous, dîtes moi vos préférences, vos coups de cœurs. Abonnez-vous à ma playlist si vous souhaitez découvrir de nouveaux artistes et n’hésitez pas à me proposer vos sons de l’été, j’écoute tout et si ça me plaît, j’ajoute avec plaisir.
On continue dans notre incursion dans l’urbain sur le blog avec ma rencontre avec le rappeur parisien Maaisen. Il s’est confié à moi dans une interview et je suis très heureuse de vous faire découvrir ce garçon ambitieux, au flow maîtrisé et au rap efficace. Ici encore beaucoup de sensibilité, et une passion pour le cinéma de Christopher Nolan. Beaucoup d’énergie chez Maaisen et un univers plus festif qui donne envie de danser mais avec des textes qui racontent des histoires personnelles. Maaisen, c’est le goût du contraste tout en respectant les codes du rap. En tout cas, un garçon qui m’a plu par sa simplicité, sa gentillesse. Il sait où il va et a su s’entourer d’une chouette équipe de potes autour de lui, tous passionnés et avides de réussir. Je vous embarque dans le sillage de Maaisen sans tarder!
De quelle planète viens-tu ?
Je viens de la campagne du 77, ensuite je suis monté sur Paris pour faire une fac de cinéma et c’est là que j’ai vraiment décidé de me lancer dans la musique. Ça faisait longtemps que cela me trottait dans la tête. Mon père est guitariste et ma mère joue de la cithare, donc famille de musicien.
Tu joues un instrument?
Mon père m’a appris la guitare très jeune et tout petit j’ai commencé à écrire des poèmes. C’est plus tard avec les influences rap que j’ai développé ce style d’écriture vers la fin du collège début du lycée. Mais mes textes étaient toujours très structurés, sur un modèle très poétique, avec des alexandrins. Par contre, je n’arrive pas encore à créer mes flows de rap en jouant de la guitare. Mais je m’en sers pour trouver les mélodies.
D’où viens ton pseudo?
C’est un anagramme du mot amnésia, que j’aime beaucoup parce que ça fait référence à l’oubli. Du coup, j’ai mélangé les lettres et ça donné Maaisen.
Quelles sont tes influences musicales?
Le rap mais aussi beaucoup du rock que mon père m’a fait écouter, Pink Floyd, Police, Led Zep. Même la chanson française, comme Jean Ferrat, Maxime Leforestier, Gainsbourg. Des artistes qui écrivent de vrais textes. Et dans le rap en France, je suis très attaché à Nekfeu, c’est ma référence absolue. Niveau rythmique, il y a Josman. En rap US, Eminem c’est la base, Kanye West, ceux qui ont renouvelé le rap. Et sinon, je suis très fan de The Weeknd que je trouve très fort niveau mélodie.
Tu fais tes prods toi-même?
Non pas encore, pour l’instant je travaille avec des beatmakers qui me proposent des prods et je vois si ça m’inspire.
Racontes moi l’histoire de ton EP « Vagues » sorti en février dernier?
Ce projet est assez doux, ça parle beaucoup d’amour. L’image de la vague correspondait bien. Il y a une notion de calme et de force. Le contraste d’une manière générale, j’en fais un objectif. Pour moi quand il y a un contraste marqué sur un morceau c’est réussi. Que ce soit entre le texte et l’image par exemple.
Si tu devais définir cet EP en un seul mot?
Authentique
Pourquoi as -tu choisi le rap comme moyen d’expression?
Parce que tu as une liberté totale, c’est le style de musique dans laquelle je peux dire le plus de chose. Je suis moins oppressé, je m’exprime directement. j’ai l’impression quand j’écoute du rap que les mecs me parlent directement.
Tu fais des références au cinéma dans tes textes et tu es un passionné de films. Pourquoi n’y fais tu pas plus référence?
C’est quelque chose qui va venir. J’espère que je ferai un jour l’album de l’introspection mais je n’y suis pas encore prêt. Je sais que je vais prendre ce tournant.
On sent que tu as beaucoup de choses à raconter, et du coup à exploiter.
Je pense aussi, mais c’est un cheminement. C’est un exercice que je m’applique à faire mais il faut que ça suive une évolution. On a commencé à travailler des maquettes et je travaille sur ce fameux lâcher-prise.
Tu es en autoprod pour l’instant, est-ce que tu vises une signature en label?
Oui j’ai envie pour avoir les moyens de faire des clips qu’on ambitionne et pour tout ce qui est promo. Les choses avancent positivement en ce moment.
As-tu prévu des clips pour l’EP?
Oui on va essayer de clipper « Fantôme » cet été.
As-tu fait beaucoup de scène?
Non pour l’instant, j’en ai fait une seule, à Tournan dans le 77 et c’était top. Je suis quelqu’un de super timide, du coup j’ai eu très peur mais finalement, j’ai passé un moment super. Le public était chaud. J’étais le mec le plus heureux du monde. Donc c’est un exercice encore nouveau. Par contre, je sais que quand j’écris maintenant, je tiens compte de l’impact potentiel sur scène.
Dans ta loge idéale on trouve qui ou quoi?
On trouve toute mon équipe, des plantes homéopathiques. Mon collier de baptême, parce que j’ai la foi mais aussi des bonbons et de l’Ice Tea.
Sur ta scène idéale, on trouve qui?
Mon backeur et mon équipe qui rentre à la fin. Sinon j’aimerai bien partager une scène avec Josman, Nekfeu et un Bercy avec The Weeknd 🙂
Es-tu un grand utilisateur des réseaux sociaux?
Oui et j’adore. Je suis très Instagram, je peux gérer toute ma com. Je prends beaucoup de plaisir à communiquer en direct avec les gens. C’est surtout le compte « 1 minute 2 rap » sur Insta, qui m’a apporté des abonnés et notre clip « Loin dans le ciel » l’été dernier qui m’a donné pas mal de visibilité.
Est-ce que tu vis de ta musique?
Pas encore, mais c’est un bon complément. Le stream commence à bien marcher.
Comment as-tu vécu le confinement en tant qu’artiste?
Très mal au début mais finalement je l’ai pris comme une pause. J’ai essayé de me pousser à en profiter pour écrire à fond, mais j’ai pas vraiment réussi parce que d’ordinaire j’ai ma petite routine. Je bosse et le soir, je me pose pour écrire sauf que là je n’avais que ça à faire mais avec trop de temps. Du coup, j’ai fait un blocage. J’avais rien d’autre à faire, c’est devenu comme une contrainte. Dès la fin du confinement, j’ai recommencé à écrire. Le temps était en suspens.
Quelle est la difficulté principale à laquelle tu es confronté dans ton développement artistique?
Se démarquer, parce que parfois c’est frustrant de se comparer aux autres. Tu attends beaucoup par rapport à tes projets, mais ça m’a appris à savoir garder les pieds sur terre. A faire les choses par étape. Ne pas faire trop de plans sur la comète et surtout être toujours dans l’énergie et continuer quoi qu’il arrive.
Quel est l’événement qui a changé ta vie jusqu’ici?
Je crois que c’est le jour où je suis venu m’installer à Paris. J’ai découvert une ouverture de malade, la vie à Paris et l’indépendance. Tout à coup, tout était possible. J’avais le droit d’aller au studio, de faire de la musique. Quand j’étais plus jeune, je faisais les choses en cachette. Je me sentais pas légitime par rapport à mes potes qui rappaient déjà. Finalement aujourd’hui, on se soutient tous. Paris m’a débloqué. j’ai changé de terrain de jeux.
Quels sont tes prochaines étapes?
On va essayer de sortir pas mal de petits projets dont des lives sessions avec Neonair. Une mixtape d’ici la fin de l’année avec une dizaine de sons inédits. On va en sortir en singles sur un ou deux mois. Le but avec ce projet est de prendre en visibilité et de monter sur scène.
Je t’emmène sur Mars, qu’emportes-tu avec toi?
J’emmène des graines, je prends mon téléphone avec une enceinte. Une photo de ma sœur et de mes parents. Mon film préféré Gladiator et naturellement mes meilleurs potes!
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Crédits Photos: Adam Bidar et Alexandre Lanfranchi
Thibault Eskalt fait partie de ces artistes entiers, atypiques,surprenants et surtout inclassables. Je l’ai découvert avec une première chanson « Quelqu’un qui m’entend » et j’avais aimé l’élégance de sa musique, l’univers déjà marqué et assumé. Il y a du mystère chez ce garçon, une certaine idée de la solitude, un vrai goût pour les voyages, le froid et les paysages désertiques de l’Islande au cercle polaire. « Il veut tout voir avant que cela ne disparaisse » Thibault nous parle d’aurores boréales, de questionnement intemporels. C’est un artiste en quête d’absolu, mais ne le sont-ils pas tous un peu?
Thibault Eskalt a baigné dans un univers musical très jeune, avec un père qui écoutait beaucoup de musiques anglo-saxonnes.Influencé par Jeff Buckley et Radiohead, il apprend la guitare à 13 ans et écrit en secret mais sans oser chanter. Il faudra attendre une rencontre pour qu’il se lance.
Il découvre la nouvelle scène française. Il se cherche beaucoup, son style, sa voix, expérimente énormément. Il lit de la poésie, Aragon, Eluard et on le ressent dans l’écriture de ses chansons et son élégance dans le choix des mots.
Il fait ses premières armes sur les scènes parisiennes en 2013, sa voix douce et aérienne embarque dans son univers si particulier, onirique et envoûtant. A partir de 2015, ses voyages l’emmènent sur les routes d’Europe et lui inspirent ses premiers titres. Le single « Quelqu’un qui m’entend » sort en avril 2019 avec un très beau clip. Il s’exile ensuite dans le désert pour tourner son deuxième clip » A La Fin » très cinématographique, avec comme fil rouge, cette solitude et ce goût pour les grands espaces.
Le petit dernier « Scaphandre » sorti en juin dernier est un morceau en apesanteur qui encore une fois nous embarque dans la bulle de Thibault. Sa voix androgyne est assez addictive. Le masculin et le féminin se mêle avec évidence chez cet artiste. Les textes sont beaux et évoquent qui il est, un artiste pudique qui veut juste être heureux et sa musique est là pour l’accompagner et nous avec sur ce joli chemin.
Je vous invite à découvrir Thibault Eskalt sur ses réseaux sociaux et à partager sa musique si comme moi, elle vous a renversé le coeur 🙂
Aujourd’hui, je vous invite à découvrir Haïro, un jeune rappeur parisien dont les textes et la personnalité m’ont frappé en plein cœur. Il gravite lui aussi autour de la planète Parisian Spirit. Percutant, sensible, mystérieux et sombre, Haïro balade ses mots sur des prods affutées, avec une douceur apparente qui en dit plus long sur ses tempêtes intérieures que de longs discours. Il s’est pourtant confié à moi dans une longue interview avec une grande et sincère générosité. Haïro est à n’en pas douter un rappeur qui va compter dans les mois et années à venir. Ses univers et ses planètes sont multiples mais on a très envie de graviter autour et de se laisser embarquer dans ses mondes. Il y a du Nekfeu dans son flow et la douce influence de Nepal dans sa façon de balancer ses états-d’âmes. Une poésie évidente. Canal 27 est son premier album, réalisé avec Valentin Larbre, le comparse de Louis dans le duo Oulmerie dont je vous ai déjà parlé. Deux sensibilités qui se sont bien trouvées. Il se passe décidément beaucoup de choses passionnantes dans ce studio, et je n’ai pas fini de vous en parler. En attendant, je vous embarque avec moi à la rencontre de Haïro.
De quelle planètes viens-tu?
Je ne suis pas sûr de venir d’une seule planète. L’univers d’où je viens est beaucoup trop grand pour le réduire à une seule planète. J’ai dû passer d’une planète à une autre dans une autre vie et j’ai dû m’imprégner de toutes celles que j’ai vu. Je me sens très détaché du monde. Je suis un solitaire par dépit.
Quel est ton parcours?
J’ai quitté l’école tôt, j’ai déménagé plusieurs fois, j’ai changé de quartiers souvent et de milieux sociaux aussi. J’ai un peu bifurqué par rapport à mes potes vers un monde plus ouvert. Je déteste ce qu’on m’apprend, si on m’apprend trop un truc, je vais le détester. J’ai envie de faire mes expériences tout seul. Je n’aime pas les frontières qu’elles soient dans la tête ou physique.
D’oùviens ton pseudo?
Mon prénom c’est Rafael et mon pseudo Haïro veut dire gris en japonais. On m’a parfois dit que j’étais quelqu’un d’assez gris. Je ne suis pas neutre, j’ai des avis sur beaucoup de choses mais je comprends toutes les positions qu’elles soient extrêmes ou pas. J’ai finalement l’esprit de contradiction mais je respecte les avis des autres. Je ressens un vrai détachement par rapport à ce que les gens pensent de moi. Haïro ça me définit bien parce que finalement je n’ai pas encore trouvé ma planète. Je suis observateur mais j’ouvre aussi ma gueule quand il faut.
Pourquoi as tu choisi le rap comme moyen d’expression?
J’ai commencé à écrire des histoires sans forcément être dans la musique et puis un jour j’ai découvert le rap avec Doc Gynéco quand j’avais 8/9 ans. Je suis tombé amoureux direct. Il y a aussi une facilité de la langue dans le rap. Je trouve ça très compliqué de faire du rock, alors que mes influences sont plutôt rock à la base. J’ai surtout écouté Nirvana à cause de Kurt Cobain. Mais aussi Eminem, Linkin Park, Kiss et Mötley Crüe. Des personnalités atypiques, solitaires, excentriques aussi. J’aime beaucoup Metallica mais aussi de la variété française comme Julien Doré, Gainsbourg, j’adore les comédies musicales.
Est ce que tu joues un instrument de musique?
J’ai fait du piano pendant 4 ans quand j’étais très jeune, après j’ai fait un an de guitare au conservatoire juste pour avoir mon premier diplôme et après j’ai arrêté. Je compose pas trop en fait, j’ai fait quelques prods sur l’ep mais co-réalisé avec Valentin. Je suis plus passionné par l’écriture que la musique en fait. C’est une mathématique qui me fait chier plus que tout. Je peux pas rester devant un ordinateur. J’ai juste envie d’écrire et de rapper. Aujourd’hui, je suis vraiment dans ce délire, de me poser, tout seul, de me concentrer et travailler, analyser le texte. C’est pour ça que j’utilise le terme « mathématique ». Il y a la mathématique de la composition et celle de l’écriture.
Pourquoi as-tu appelé ton album « CANAL 27 »?
27 parce que c’était le numéro de la maison où je vivais dans la rue de la station. Je déteste le mot station, c’est moche. Du coup j’ai cherché un synonyme de ce mot et j’ai pensé à la radio, du coup le mot canal s’est imposé. C’est mon canal à moi.
Si tu devais définir ton album en un mot?
Besoin. C’était quelque chose que j’avais besoin de faire plus qu’envie. C’est aussi une présentation de moi parce que c’est très personnel surtout pour un premier projet dans le rap. Généralement le 1er c’est très ego trip, on montre ce qu’on sait faire et dans les suivants, on montre qui on est. Après ça dépend des rappeurs, Lomepal ou Roméo Elvis se sont beaucoup livrés tout de suite. L’idée de cet album est né dans ce studio en fait. A force de venir bosser avec Valentin, l’idée a trouvé son chemin. Canal 27 est très lié au départ d’une maison qui a été très importante pour moi. Je l’ai assez mal vécu parce que je suis très attaché aux endroits où je vis. J’ai vécu longtemps dans le 20 ème et j’ai besoin d’y retourner régulièrement.
As-tu prévu des clips pour cet album?
Oui pour le titre « Dernière nuit », ça devrait être le seul du projet. En fait, cet album je l’ai balancé comme ça, j’avais envie de m’en libérer. J’ai pas eu de stratégie particulière.
Tu parles beaucoup d’amour dans cet album?
Oui, d’amours contrariés. Chez moi tout est sombre (rires).Même quand je réécoute l’album, j’me dis qu’il a morflé ce mec et c’est moi en fait.
Pour le prochain projet, tu as décidé de le sortir différemment?
En fait avec Canal 27, j’ai bouclé une boucle, je me suis prouvé que j’étais capable de le faire. Maintenant, j’ai une vision plus professionnelle de la suite.
Quels sont les prochaines étapes de ton développement?
J’ai des vidéos qui sont et vont sortir avec NéonAir. On a tourné deux lives avec des nouveautés. C’est la première fois que les gens vont vraiment me découvrir. Jusqu’ici, j’ai posté quelques photos de moi sur mon Instagram, mais personne ne me connaît vraiment. Il y aura aussi le clip de« Dernière nuit ». Je vais aussi faire une série de vidéos sur Instagram toutes mises en scène. J’aimerai les sortir de mi-juillet à septembre pendant la période des vacances. Et puis à la rentrée, repartir sur un EP.
Quel est ton rapport à la scène?
Pour l’instant, je n’ai eu qu’une expérience. J’ai fait Super Rap avec Parisian Spirit et j’ai été très très étonné par le public, je pensais pas que ma musique pouvait rendre autant fous les gens. Après ce que j’ai fait à Super Rap, c’était pas les morceaux de Canal 27. C’était beaucoup plus festif. La scène me fait peur parce que les gens t’envoient beaucoup d’amour. J’ai envie d’être aimé mais c’est aussi flippant. Mais ça évolue. Il y a une différence entre faire Super Rap et faire ton propre concert, parce que les gens ne viennent pas te voir toi en particulier. Du coup, ça met une grosse pression.
Sur ta scène idéale on trouve qui?
Oulmerie! Après je suis très passionné par un rappeur américain qui s’appelle Yelawolf qui mélange, rock, rap, country. Il était dans le label d’Eminem. J’écoute beaucoup de choses, par contre je ne suis pas fan de musique festive.
Dans ta loge idéale, on trouve quoi?
Oulmerie encore une fois, pas mal de bouquins d’auteurs comme Laurent Gounelle qui a écrit « L’homme qui voulait être heureux ». Pour moi c’est mon livre de référence. Mais en vrai, il n’y aurait pas grand chose.
Es-tu un grand utilisateur des réseaux sociaux?
Oui mais forcé. Je suis surtout sur Instagram. Mais ce sont des outils indispensables. J’ai pas encore le réflexe de m’en servir quand je vis un truc.
Comment as-tu vécu le confinement en tant qu’artiste?
Très mal, ça été une énorme souffrance. Je suis quelqu’un qui a besoin de voir la vie, je suis un contemplatif amoureux de la poésie du monde capable de rester devant un coucher de soleil. Niveau inspi, au début ça été, mais après ça a commencé à tourner en rond, parce qu’il n’y avait pas fin. Ça m’a surtout empêché d’aller faire de la musique parce que je ne le fais qu’à l’extérieur.
Quelle est la difficulté principale que tu as rencontré dans la musique jusqu’ici?
L’argent forcément, mais surtout se faire des contacts. Comme je suis un solitaire, c’est ce qu’il y a de plus difficile.
Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir un moment qui a changé ta vie?
Quand j’ai quitté le vingtième pour le 94. Tout a changé pour moi, il n’y avait plus d’immeuble, mais des maisons, beaucoup de verdure. J’ai changé complètement d’environnement social aussi, et j’ai eu l’impression de rentrer dans le monde c’est là que j’ai compris que le monde était vaste.
Je t’emmènesur Mars, tu emmènes quoi ou qui avec toi?
Le livre de Laurent Gounelle, mais aussi un manga Deathnote qui pour moi est le meilleur parce qu’il fait réfléchir. C’est un salaud qui est en même temps un héros. C’est là que tu comprends la vraie définition « d’être gris ». J’aime beaucoup la gymnastique intellectuelle que demande la lecture de ce manga. . J’emmènerai aussi une salopette (rires) parce que c’est encore avec ce genre de fringue que je suis le plus à l’aise!
Hello, voici la première playlist de l’été, avec mes coups de cœur du moment, pas mal d’urbain mais pas uniquement, il y aussi du jazz, de la pop, du groove et on se balade de Paris à Atlanta en passant par beaucoup de jolies coins de France, car la musique est partout et les jeunes talents viennent de tous les coins. Alors, comme d’habitude, soyez curieux, écoutez, découvrez, partagez et soutenez tous les artistes que vous aimez. Ils ont besoin de vous, plus encore que d’habitude.
Il y a encore des artistes qui entreront dans la playlist pendant tout le mois de juillet, n’hésitez pas à y revenir 😉
Hier soir, j’ai eu le plaisir de présenter le dernier titre de Vyo, dont je vous ai déjà parlé sur le blog. L’occasion pour moi de remercier une fois encore Emilie Mazoyer et son équipe de permettre aux artistes de la scène émergente de trouver une place sur une grande radio nationale comme Europe 1.
C’est donc le 3ème single de Vyo, sorti le mois dernier et si vous ne l’avez pas encore écouté et que vous aimez les belles voix qui groovent, foncez streamer son titre sur les plateformes et partagez un max.
En attendant, voici le replay de l’émission, mon intervention est au tout début vers 20h20.
Alvin Chris fait partie de cette nouvelle génération de rappeurs qui savent écrire de beaux textes et qui ont une vraie sensibilité. C’est aussi pour cette raison que vous trouvez pas mal de rap dans mes chroniques ces derniers temps.
Alvin Chris vient d’Amiens mais est né en Belgique à Mons. A 18 ans, il commence à rapper et se définit comme un belge vivant en France. D’origine congolaise, il a su intégrer des sonorités africaines dans sa musique. C’est un rap très chill qu’il nous propose porté par une voix douce, des rythmiques marquées par la mouvance Trap. Auteur-compositeur – interprète mais aussi beatmaker, on peut parler de néo-rap. Alvin aborde avec une sorte de nonchalance ses interrogations sur le monde, ses états d’âmes.
Il a toujours écrit et cela se sent dans ses textes. C’est à 18 ans qu’il a commencé à sortir ses premiers morceaux sous le nom de Crescendo. Il participe alors aux Rap Contenders avant de prendre un autre tournant. Il décide de faire évoluer sa musique vers un son plus authentique et reprend son vrai nom pour marquer ce changement de cap.
Alvin Chris
Il rencontre Strunk, un autre beatmaker et Oscar MÖz et commence à collaborer avec eux. En 2018, il sort deux EP « Amour Amer » et « Besoin Cruel » fédérant autour de lui une vraie communauté de fans. Il se produit sur quelques jolies scènes, comme les Disquaires, Canal 93, L’Alimentation Générale aussi avec le collectif Parisian Spirit
Il lance aussi le concept, « je rappe comme je respire », une vingtaine d’épisodes, sortis toutes les semaines sur Instagram en mode freestyles. Cela lui permet de se donner de la visibilité et de sortir « Coucou c’est encore moi » streamé plus de 600 000 sur Spotify.
Repéré par Groover, il a déjà participé à un tremplin organisé par la plateforme et a ainsi trouvé ses managers.
Alvin a un bel avenir devant lui et devrait séduire les adeptes d’un rap plus tranquille en terme de prod mettant en valeur sa voix ( sans excès d’autotune) et ses textes introspectifs et ciselés. Une vision du monde réaliste mais positive. Une jolie découverte que je vous invite à suivre sur ses réseaux sociaux.
Décidément la nouvelle génération de la scène française est passionnante, engagée et ultra connectée au monde dans lequel elle évolue. C’est encore le cas ici, avec le duo Acolytes.
Deux garçons, Jérémy et Yona, deux amis d’enfance qui décident il y a 5 ans de créer ce groupe. Ils mélangent rap et pop en français et en anglais. Leur univers est assez mélancolique avec des textes travaillés qu’ils composent et produisent ensemble. Ils sont fans de guitares tous les deux, d’où un son très acoustique dans leurs prods.
En 2018, ils sortent leur premier EP de six titres, au nom éponyme qui marche très bien sur les plateformes de streaming et sur YouTube. En 2020, le single « Bull » sort et c’est par ce morceau que je les ai découvert. C’est un morceau engagé qui aborde le thème de la détermination, de la réussite et de la volonté, mais j’y ai vu aussi une critique de la société et de nos politiques. C’est subtil et bien écrit. Le mélange de rap et de pop est équilibré. Il y a des morceaux que j’ai adoré comme » Allez leur dire » et « Maintenant », c’est très musical, et les deux voix s’accordent bien. Yona a une voix chaude et plus pop que celle de Jeremy qui est plus sur les parties rap. Les prods sont épurées avec des mélodies qui restent en tête.
Leur 2ème EP est en préparation et devrait sortir à la fin de l’année. « Bull » et « Dis-moi » sont les deux premiers singles. En attendant, je vous invite à les découvrir en vidéo et sur leurs réseaux sociaux.
Aujourd’hui, je vous emmène sur la planète OULMERIE, un duo de rap français particulièrement atypique que j’ai déjà évoqué dans l’article sur Parisian Spirit. C’est d’ailleurs lors d’un concert organisé par ce collectif en septembre 2019 que j’ai découvert ces deux ovnis. Oulmerie c’est l’histoire de deux amis, Louis et Valentin, deux passionnés de musique, de rap et de théâtre qui ensemble ont décidé de partager leur univers avec nous. Un univers où la créativité est omniprésente, la passion, l’énergie mais aussi l’introspection. C’est du rap mais pas que, c’est le phrasé si particulier de Louis, son énergie incroyable sur scène, sa sensibilité beaucoup, c’est la maîtrise dans les prod de Valentin et la magie qu’il est capable d’y insuffler. C’est une envie de partager et de se faire entendre qui est communicative. Ils ont déjà sorti trois projets, le premier au titre éponyme, ne comptait pas moins de 16 titres, assez inclassable car ils y ont mis toute leur personnalité. Le second « Burnout » plus introspectif m’avait un peu dérouté car découvert sur scène, la version studio était finalement plus sage. Leur nouveau clip « Jouets & souvenirs » qui est sorti hier soir, est une façon de clore ce chapitre avant le suivant. C’est un morceau tout en délicatesse, mélodieux et nostalgique. Ce n’est pas du rap, c’est du Oulmerie et je ne vois pas comment mieux décrire leur musique. Ils ont un son bien à eux, très novateur et c’est ce que j’aime chez eux. Louis m’a gentiment accordé une longue interview et c’est l’occasion pour moi de vous faire entrer dans leur monde. Beaucoup de générosité chez ces vrais artistes et deux belles personnes. C’est parti !
La planète Oulmerie c’est la planète Oulmerie. On vient tous les deux du sud. Oulm c’était vraiment un surnom, des néologismes et quand on a créé le groupe c’était une évidence. C’était un nom affectueux. C’est la maison des oulms.
Quelles sont vos influences musicales?
Moi j’ai toujours écouté du rap, mon papa écoutait beaucoup MC solar, Iam,et puis en grandissant, j’ai exploré. J’écoute tous les styles et dans le rap c’est infini. Valentin au départ il écoutait surtout de l’électro, du rock psyché et du jazz. A la base il est pianiste, il a une formation classique. Quand on s’est rencontré à 15 ans, on s’est retrouvé autour de la musique, de la philosophie.
De quels instruments jouez vous?
J’ai fait un peu de guitare, de la trompette aussi mais je ne suis pas un bon musicien, plutôt un touche à tout. Valentin par contre a fait du piano pendant 15 ans.
Vous avez deux tempéraments assez différents?
Je suis plus extraverti, Valentin est plus réservé, c’est un observateur. Moi j’étais le gamin ultra sociable, je m’entendais bien avec tout le monde. En vieillissant j’ai appris à trier.
Quel a été votre parcours ?
Comédien c’était mon objectif. J’ai suivi un parcours théâtral au lycée. Ensuite j’ai intégré une compagnie après le bac. En parallèle, j’essayais tout ce que je pouvais au niveau créatif, les vidéos, l’écriture. J’ai ensuite rencontré des clowns et j’ai voulu tenter le concours d’entrée de l’école de Québec, une des meilleures écoles de cirque au monde. Du coup, je suis monté à Paris et j’ai intégré une école de clown burlesque le Samovar. Valentin était déjà sur Paris pour faire l’école d’ingé son Abbey Road. L’idée d’Oulmerie s’est imposé d’elle même quand j’ai arrêté l’école car il me fallait un projet pour rester à Paris et Valentin avait besoin d’expérimenter ce qu’il apprenait. J’ai besoin de créer tout le temps sinon je déprime.
Quel était votre objectif en vous lançant professionnellement dans la musique?
Se faire entendre, s’exprimer on sait le faire, on passe notre temps à le faire mais quand tu décides de faire de la musique ta vie, l’égo change. J’en ai fait pendant des années et ce n’était que du plaisir. Dès que j’ai commencé à me confronter au public, j’ai réalisé qu’il fallait vraiment être audible, se remettre en question. Avec Valentin, notre objectif depuis le départ a été de faire de la musique jamais entendue. Notre dicton s’était « Musique contrariante pour gens contrariés ». On aime profondément la musique et le but c’est de contribuer à son évolution, à notre échelle. Etre constamment dans la petite révolution et refuser les codes. Il faut trouver l’équilibre par contre, l’essentiel c’est de rester naturel d’où la peur de ne pas être compris parfois.
Quel est votre rapport à la scène?
Valentin en a fait beaucoup avec le conservatoire au piano et moi par le théâtre du coup, on sait gérer l’espace. Ce qui me frustre aujourd’hui, c’est que je sais que je peux dégager plus mais qu’il me manque de l’espace. On a fait que des petites scènes alors que je sens que je peux aller tellement plus loin. J’ai envie d’explorer ce lâcher-prise. La scène c’est une nécessité.
Parle nous de votre collaboration avec Parisian Spirit?
A la base Léo, notre ingé son est un copain de Valentin. Au fur et à mesure, on a collaboré avec eux, profité des compétences de Parisian Spirit. Ça fait un moment qu’on travaille ensemble, on est des membres actifs, on participe aux soirées qu’ils organisent.C’est une vraie entraide. A la base, on est un groupe de musique mais on est aussi un studio d’enregistrement avec Valentin. J’anime pas mal de soirées, j’organise aussi. J’ai envie d’être sur scène mais aussi de devenir un acteur du Hip Hop, de la scène émergente actuelle. Etre un moteur et mettre ma passion au service de la musique. Par exemple, avec Super Rap, je trouve ça super excitant de mettre en avant les autres, mais être aussi et surtout sur scène avec eux. On est dans le partage.
Parlons du clip « Jouets &souvenirs » qui est sorti hier soir?
C’est le genre de morceaux qu’on ne fait pas beaucoup, dans notre style en tout cas. Mais c’est une chanson qui nous tient à cœur. On est très loin du rap, c’est très mélancolique, nostalgique. C’est une ballade dans mes souvenirs d’enfance au bord de la mer. C’est moi qui ai écrit le texte. Il s’inscrit dans l’album « Burnout ». Ça évoque mon mal être parisien, mon manque du sud. Du coup, ce morceau peint cette tristesse quand le sud me manque. C’est la porte qui se ferme de « Burnout ». On a exploré des choses personnelles, très introspectives. Avec une version scène qui tabasse. C’est un peu comme si l’album avait deux visages. Je vois nos albums comme des chapitres.
Le prochain projet Hyperloop est en cours de finalisation. Un mot pour le décrire?
J’aime pas cet exercice parce que je n’aime pas être restreint. Mais je dirais « électrique » pour le raccrocher à la couleur bleue. Il y aura 8 titres.
Vous êtes en autoprod, est-ce que signer en label est un objectif?
On n’est fermé à aucune possibilité, l’auto prod c’est par la force des choses. Notre but c’est de durer et d’être toujours là dans 10 ans, du coup, ça prend son temps. Si demain ça intéresse des labels, ils seront les bienvenus mais pas à n’importe quel prix. On a beaucoup de convictions, et on sait ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. On a plus 18 ans. On sait où on veut aller. On a une vision à long terme, on sait comment faire nos scénographies quelque soit la taille de la scène. Il ne faut pas brider sa créativité et ses envies.
Comment vois-tu le rap?
Le rap c’est comme les Pokémon, c’est devenu infini. Y a ceux qui dise « le rap c’est le texte. sans le texte c’est pas du rap » mais aujourd’hui y a des centaines de rappeurs qui cartonnent et… Bon.. Ben le texte c’est pas leur force. Je pense qu’il en faut pour tout les goûts et il y en a pour tout les goûts. Nous on essaye juste d’en créer un nouveau. Par exemple, on parlait de Mc Solaar, c’est le combo parfait entre la sur écriture et la musique qui t’ambiance. Tu comprends tout ce qu’il dit, tu peux danser dessus.
Dans ta loge idéale, tu mettrais quoi ou qui Louis?
Déjà il y a mes plantes homéopathiques nécessaires ;). Il y a beaucoup d’eau parce que je ne bois pas vraiment d’alcool. Il faut une bonne température. Je suis pas trop nerveux avant de monter sur scène sauf pendant les 6 dernières secondes. Le théâtre m’a aidé à gérer ma respiration. Il me faut de la bouffe pour après la scène, j’ai souvent la dalle et les copains. Valentin est plus décontracté que moi parce qu’il est moins sur le devant de la scène. Mon stress c’est d’oublier mon texte, parce que j’apprends mes chansons sur le tas, vu que je compose en même temps qu’on enregistre le plus souvent.
En quoi la scène enrichit ton écriture musicale justement?
Il y a des sujets dont tu ne peux pas parler tant que tu ne les as pas vécu. C’est une autre énergie sur la scène. Avoir fait une dizaine de scènes l’année dernière ça a nourri le prochain projet. Hyperloop est très inspiré de l’impact que le morceau a eu sur scène. On a créé un morceau studio qu’on utilise pas sur scène. L’idée, c’est plus la nécessité de ramener des choses sur scène qui ne sont pas sur les projets, ne pas juste envoyer des prods et rapper, mais vraiment comme les groupes de rock ou de musique, jouer, faire des solos… C’est pour ça qu’on se considère comme un groupe, ce qui est assez atypique dans le rap. Les gens ont du mal dans l’identification parce que Valentin n’est pas rappeur et que dans un groupe de rap « normalement » il y a plusieurs rappeurs. Nous, on a pas deux blazes, on est Oulmerie.
Sur ta scène idéale on trouve qui?
Tous les copains que j’affectionne. Si un jour, on fait une grosse scène, on a juste envie de ramener tout le monde, tout les gens qui ont participé. C’est culturel dans le rap. C’est normal en fait. Il y a les gens qui ont collaboré de près ou de loin sur nos projets et on a envie qu’eux aussi ils prennent l’énergie. Dans les artistes connus, il y en a trop que j’affectionne pour en citer qu’un. Dans la dimension d’Oulmerie, j’ai du mal à envisager des featurings parce que musicalement on est dans notre univers et pour l’instant il n’y a pas la place. On est encore dans un souci d’identification. Et puis les prods de Valentin sont particulières et pour moi c’est facile parce que je le connais bien, mais c’est notre musique et d’autres rappeurs peuvent avoir du mal à poser leur flow dessus. En France, j’aimerai beaucoup travailler avec Laylow, c’est certainement un de ceux que j’aime le plus dans le paysage rap français. C’est très sombre, digital, électronique. Mais sinon j’écoute plus de rap us comme Travis Scott ou Tyler the Creator. Lui a une sensibilité particulière. Après je prends Snoop Dogg ! c’est le parrain du rap.
Etes vous des grands utilisateurs des réseaux sociaux?
C’est moi qui gère surtout Instagram. Sur Facebook, on va juste relayer nos vidéos et nos freestyles. Ça dépend de l’actu. A la base, ça ne me passionne pas les réseaux, on a plus tellement le choix mais je ne nourris pas l’Insta quand on a rien à dire. Ça m’épuise. On a été très actif pendant le confinement par contre, surtout en stories. Mais les réseaux ne doivent pas te manger le cerveau, ce qui compte c’est ce que tu fais dans la vraie vie.
Est-ce que vous vivez de la musique?
J’ai un job alimentaire à côté et Valentin a son job d’ingé son avec le studio.
Comment avez-vous vécu le confinement ?
On avait des projets de concerts qui sont tombés à l’eau. Mais le confinement on l’a plutôt bien vécu, il nous a permis de nous recentrer sur la compo et les enregistrements. En 2019 on a été très occupé par les scènes, le studio était toujours booké par d’autres artistes. Du coup, comme Valentin a dû le fermer, on a pu réinvestir le lieu pour nous. On en a profité pour terminer le projet et mettre en place tout ce qui arrive maintenant. Pour le groupe ça été un mal pour un bien, après ce qui me fait mal au cœur, c’est l’arrêt de la culture et le peu de perspectives pour le futur. L’objectif c’est la scène et là on ne sait pas quand ça va reprendre vraiment. C’est déjà tellement difficile de se faire une place, quand ça va reprendre c’est ceux qui ont déjà leur place qui vont être repris en priorité parce qu’il faut remplir les salles.
Quels conseils donnerais-tu à un jeune rappeur qui souhaite en faire son métier?
Je lui dirais que c’est pas une bonne idée, je lui conseillerai de faire une école de commerce ou de marketing. Il te faudra une âme d’artiste, être créatif, travailler pour avoir du flow, de l’écriture mais si tu veux un cursus logique pour réussir dans la musique au XXIème siècle, fais une école de ce genre ou d’audiovisuel. Développe toi dans une branche annexe. Tu deviens pas rappeur, tu deviens producteur et tu t’aides de ça pour avancer. Le mieux c’est de devenir ton propre manager. C’est ce que je me serais conseillé à 15 ans, même si je ne l’aurais pas fait nécessairement, parce que j’ai du mal à rester dans un cadre. J’ai la chance d’être entouré, je me fais tout seul, je bosse beaucoup, mais ça reste un métier difficile. C’est des sacrifices, plutôt que d’aller au restau, de claquer ton fric dans des fringues, tu te payes des sessions studios, du matos etc.. quelque soit la forme d’art, il faut savoir tout faire, c’est être un chef d’entreprise. L’école est importante pour ça, elle te permet aussi de te faire un réseau. Après je reste persuadé que le rythme de chacun est le plus important. C’est aussi plus facile aujourd’hui de se lancer parce qu’on a accès à plus de choses.Maintenant faire du rap dans sa chambre c’est facile, mais en vivre c’est autre chose.
Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir le moment qui a changé ta vie?
Ce qui a changé ma vie c’est relativement négatif. Ma vie c’était le skate, j’ai commencé à me blesser et j’ai compris que je n’allais pas pouvoir en faire mon métier. Du coup, le théâtre c’est beaucoup plus intéressant et je préfère être créatif. Mon corps est devenu mon outil de travail. C’est la conscientisation de mon corps qui m’a fait passer cette étape. Ensuite à 16 ans, j’ai connu une perte qui m’a fait réaliser que la vie était précieuse et qu’il fallait la savourer. On est pas pressé, tout le monde va trop vite, même dans le sud. Depuis cet accident, mon horloge s’est arrêtée. Tout a changé dans ma perception du temps, de l’art , du rapport aux autres. C’est là que j’ai décidé que je ne ferai pas le choix d’être un adulte comme c’était prévu. Ça m’a libéré du regard des autres. Je vais m’écouter et je fais ce que j’ai envie de faire. J’écoute mais je ne fais confiance qu’à mon instinct.
Quels sont les prochaines étapes pour Oulmerie?
La sortie du clip « Jouets & Souvenirs », le single « La Monnaie » qui va arriver et une live session chez Neon Air qu’on a tourné la semaine dernière. Du merchandising Oulmerie qui arrive.
C’est le moment de partir sur Mars, tu emmènes quoi avec toi dans l’espace?
Un transat, et Valentin son piano, je sais que ça lui manque un peu, de ne plus en faire autant. Si je suis sur Mars, c’est que j’ai réussi à être au soleil, loin des cons 🙂
Voici une jolie découverte faite d’abord via Groover puis par un heureux hasard pendant la nuit de l’émergence organisée par Bandscamp sur Instagram. J’avais tout de suite été séduite par la voix groovy et un brin jazzy de Amélia, la chanteuse charismatique de Panache!. Mais avant de rentrer dans le détail de leur EP, je vais vous parler un peu de ce groupe et de leur parcours.
Panache! c’est Amélia au chant, Samuel au piano, Pierre à la basse et aux synthés, Félix à la batterie et Raoul à la guitare. Amélia est franco-américaine d’où le choix de chanter en anglais sur la plupart des titres. Elle écrit aussi les textes avec Félix. Et pour la musique, c’est de la création collective, avec chacun ses compétences. C’est au départ un groupe de copains qui se retrouvait pour jammer. Certains avaient une formation musicale en conservatoire, Samuel, Pierre et Felix en jazz surtout. Raoul s’est formé en autoditacte et Amélia a suivi des cours de chant pendant un an.
C’est un groupe très live qui a connu un tournant majeur en participant à Emergenza en 2018 et en remportant la finale. Après cela, ils se sont produits sur les scènes de plusieurs festivals et tremplins dont celui de la Sorbonne Live.
Leurs influences vont de Police, au Who, en passant par Santana, les Naives pour Félix. Alors que Amélia puise son inspiration vers L’Impératrice, Stevie Nicks de Fleetwood Mac ou Patti Smith.
Panache! flirte entre le R&B, mais aussi une vraie pop avec ce groove dans la voix de Amélia et les jeux de guitares, résolument rock quand les basses apportent un côté funk. A entendre les titres se dérouler, on les projette aisément sur scène, car il s’en dégage une énergie évidente. Depuis 2019, ils ont enchaîné les dates, défendant avec enthousiasme leur EP éponyme composé de 5 titres. Ils se payent le luxe de démarrer l’EP par un morceau instrumental assez incroyable qui pose leur univers qui m’a fait penser à celui de Jamiroquai. C’est dansant et cela fonctionne aussi bien en anglais qu’en français. Gros coup de cœur pour le titre « Magnetic » mais aussi le très beau « Candélabres ».
Panache! s’autoproduit complètement. Ils vont à leur rythme mais avec la volonté farouche de faire découvrir leur musique au plus grand nombre, et pour moi, ils ont tout ce qu’il faut pour y parvenir.
Je vous invite donc à les suivre sur leurs réseaux et à les écouter surtout car Panache! est un nom qui leur va très bien et que vous n’oublierez pas de sitôt 🙂
Cela fait déjà un moment qu’Austyn et moi avons fait connaissance grâce au blog. Un brin trop mélancolique pour mes petites oreilles sur le premier titre écouté, mais il a su attirer mon attention, de par son parcours. Bref, il était grand temps que je vous en parle, car Austyn a sorti son dernier EP en mars dernier et il mérite vraiment qu’on s’y attarde. Si je devais décrire sa musique, je dirais que c’est de la pop indé, assez sombre, assez rock aussi, car elle m’a rappelé tout de suite Bashung dans son phrasé et l’univers étrangement solitaire et introspectif qu’il dégage.
Austyn nous vient de Lyon, ville au combien créative à tout point de vue et c’est sur les scènes lyonnaises qu’il fait ses premières armes. Auteur-compositeur et interprète, il enregistre ses premières maquettes en 2011. Puis un premier single « La main sur les yeux » qu’il jouera dans de belles salles parisiennes comme La Cigale, les 3 Baudets ou le Réservoir. Il rencontre par la suite Yann Cortella, producteur et arrangeur entre autres de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin et sort un premier EP « Je Tabou ».
Son talent d’auteur lui permet aussi de participer aux albums d’autres artistes, notamment pour Tigane (finaliste de la Nouvelle Star) et pour la chanteuse Robert.
En 2019, il commence à travailler avec Denis Clavaizolle, un musicien arrangeur qui a collaboré avec Jean-Louis Murat notamment et fait aussi la rencontre de Kent avec qui il signe le titre « Phantom » qui se trouve sur l’EP Désordres et que personnellement, j’aime beaucoup. Deux titres sont déjà sortis « Tes délits font désordres » et le superbe « Grenson ». Le petit dernier « Brune Mandarine » vient à peine de sortir en mai, avec un chouette clip. C’est très bien écrit. Austyn est dans la droite lignée d’une chanson française qui se veut élégante, se baladant entre un univers rock classique avec de belles guitares et une vraie modernité dans les prod. C’est en plus très cinématographique, ce qui me plaît d’autant plus. La voix d’Austyn est particulière, assez grave, limite linéaire parfois, mais avec une cohérence évidente. Un EP à découvrir pour les amateurs de chansons françaises bien écrites, mais qui flirtent avec un son plus américain (je ne sais pas pourquoi, mais en l’écoutant, je pensais au film Bagdad Café).
Austyn est en plus une vraie belle personne et vous savez comme cela compte pour moi sur ce blog 🙂 Suivez le sur ses réseaux sociaux et n’hésitez pas à partager sa musique si vous l’appréciez. La scène française a plus que jamais besoin de vous pour surmonter cette période compliquée pour les artistes.
Hello tout le monde, la playlist Spotif de Fred’s Backstages est en ligne. Ce mois-ci que des nouveautés et dans beaucoup de styles différents comme d’habitude ici. Pas d’artistes issus de la #scenefrançaise que je soutiens particulièrement en ce moment. Mais aussi des artistes venus de Norvège, d’Islande, des Etats-Unis, d’Angleterre, bref un joyeux mélange comme je les aime.
N’hésitez pas à vous abonner à cette playlist, j’ai changé ma façon de fonctionner et celle-ci restera unique, seuls les artistes changeront tous les mois.
Bon week-end à tous et comme toujours si vous souhaitez me faire découvrir des artistes que vous aimez, laissez moi un commentaire 😉
Aujourd’hui, je vous parle d’un DJ, découvert sur Groover encore une fois, Wiese. Il vient de Norvège et a grandi dans le même quartier à Bergen, que Kygo et Alan Walker, deux des plus célèbres DJ actuellement sur la scène Internationale. Wiese est aussi producteur et auteur. Il signe chez Warner Music avant de finalement décider de se mettre à son compte en créant son propre label indépendant. Comme pour la majorité des DJ, il propose des morceaux calibrés pour les festivals et les clubs. C’est festif et avec un fort potentiel à exploser les charts. Si vous avez envie de danser cet été, je vous conseille son morceau « I fell ». C’est un mélange d’electro-pop et de Future Bass, genre lancé par des groupes comme Flume et plus tard Marshmello, Martin Garrix etc.. Sans connaître nécessairement les appellations de ce style musical, vous l’avez forcément entendu partout en radio. Wiese s’inscrit donc dans cette lignée.
Son dernier titre sorti vendredi dernier « Never let me go » a déjà intégré les plus grosses playlists de Norvège sur Spotify au milieu d’artistes comme Lady Gaga, Ariana Grande, The Weeknd, de quoi être heureux pour Wiese qui est déjà un habitué des stades. Il m’a accordé une interview récemment et c’est une bonne occasion de faire connaissance avec ce jeune homme à la carrière prometteuse.
Comment as-tu appris la musique? Plutôt en école de musique, en autodidacte, en regardant des vidéos sur YouTube ?
J’ai toujours aimé la musique et j’ai commencé à marteler les casseroles de ma mère avant de pouvoir marcher. J’ai fini par comprendre que j’aimais chanter, et je me suis lancé pour écrire des chansons et jouer de divers instruments.
Est-ce que tu joues plusieurs instruments?
Oui, en fait, je joue de plusieurs instruments. La guitare est mon instrument principal, mais je joue aussi du piano, de la basse et de la batterie. À l’école primaire, j’ai joué « Can You Feel The Love Tonight » à la flûte devant toute l’école, mais je suppose que cela ne compte pas.
Où rêverais-tu de jouer?
Oh, il y a tellement de lieux passionnants dans le monde entier. Les lieux les plus évidents à mentionner seraient des lieux historiques comme le Madison Square Garden, Ushuaïa et Coachella, mais pour être honnête, chaque scène où les gens viennent juste pour entendre ma musique serait un rêve.
À quel âge la musique est-elle passée du concept de « hobbies » à celui de « carrière possible » ? Je ne pense pas m’être jamais permis de penser à autre chose qu’au plaisir. Cela dit, cela ne veut pas dire que je n’ai pas de rêves et de buts. Je suppose que la clé du succès, dans l’industrie musicale comme dans d’autres domaines de la vie, est de se fixer des objectifs et des étapes clairs, de travailler dur et de saisir les opportunités qui se présentent.
Dis-nous quelques mots sur ta carrière artistique ? J’ai commencé par chanter, jouer de la guitare ou de la batterie dans plusieurs groupes de lycée avant de faire des chansons en solo pour mon équipe de football, le Viking FK de Stavanger. Quand j’étais à l’université, j’ai fait beaucoup de production musicale en studio et en concert. J’ai même été un coureur en coulisses, donc je suppose que j’ai été de tous les côtés de la table.
As-tu prévu des collaborations spéciales ? Oui, mais j’ai bien peur que vous deviez attendre pour le savoir.
Comment définis-tu ta musique ? Je suppose que la pop moderne ou la pop électro serait le genre général. J’aime faire des chansons énergiques, groovy et adaptées aux clubs, ainsi que des morceaux plus downbeat, avec des vibrations RnB. Vous pouvez vous attendre à ces deux types de musique d’ici la fin de l’année.
Quels sont les artistes qui t’ont le plus influencé ? Depuis mon enfance, tout, d’Eric Clapton à Eminem et Green Day. Sans oublier les favoris du lycée tels que Backstreet Boys, Westlife et Spice Girls. Ces dernières années, il est difficile de ne pas mentionner des DJ comme Avicii, Kygo et Alan Walker.
Comment écris-tu tes chansons ? Commences-tu par les paroles ou la musique ? Cela dépend, mais le plus souvent, je commence par jouer avec les mélodies et la production. Ensuite, les paroles sont souvent la conséquence de l’ambiance.
Comment as -tu géré le confinement de ces dernières semaines ? J’ai un studio dans mon appartement, donc ce n’est pas si mal pour faire de la musique. Je travaille beaucoup avec des musiciens et des producteurs d’autres pays et nous nous envoyons des choses comme avant. En fait, cela facilite les choses car tous les bars et les boîtes de nuit sont fermés. Ce qui peut être très chronophage en temps réel pour moi et pour les autres.
Quetrouverions-nous dans ta loge idéale avant un concert ? Je ne suis pas très exigeant. Une bonne stéréo, quelques bières et des snacks et je suis content. Oh, et un miroir !
Qui trouverions-nous sur ta scène idéale ? Je dois dire Billie Joe Armstrong de Green Day. Je suis un grand fan de sa présence sur scène et je parie que les coulisses seraient géniales !
Ma rencontre avec Wyll fait partie de celles qui sont les plus jolies car les plus inattendues. Un message envoyé par ce garçon sur ma page Facebook, un clip et un coup de cœur pour moi. Quelque temps plus tard, nous nous sommes parlés et ma première impression s’est alors confirmée. Wyll est quelqu’un de bien comme le titre de son dernier single. Il écrit et compose depuis l’âge de 15 ans et il a choisi le rap pour s’exprimer. Avec une voix un peu éraillée et surtout un côté folk assez atypique dans le monde du rap. C’est cette particularité qui m’a plu.
Wyll a commencé le rap « par ennui » me dit-il, et c’est plutôt intéressant comme point de démarrage. Il a surtout vécu des heures douloureuses à l’école, car étant malvoyant, il a souvent été montré du doigt. Et justement, il a eu envie que les gens le regardent pour ce qu’il a choisi et non pour ce que la vie lui a imposé. L’envie d’être utile, de donner aux autres. Ses parents lui offrent son premier micro à 18 ans et il lance un skyblog sur lequel il partage des morceaux qu’il écrit.
Wyll
Il participe à de nombreuses scènes ouvertes à Dinard, sa région, et dit lui-même que les jams ont changé sa vie. Il rencontre la chanteuse Karine Moni et c’est elle qui va le pousser à développer son projet. Un premier album maison « Boîte à musique », de nombreux concerts dont l’ouverture du Festival Quartier d’été au côté de Disiz et Tunisiano. Il fait aussi la première partie de Blankass au Spot à Dinard avec juste un guitariste et ce format fonctionne au point de se lancer dans l’écriture d’un nouvel EP « La reine et son roi » en 2017.
Il s’entoure d’une belle équipe, Acacio Andrade à la guitare et aux arrangements qui a notamment joué avec Olivia Ruiz, Tom Clémentaux percussions et Karine Moni aux chœurs et sort un EP très acoustique, qui met en valeur ses textes. La guitare sèche d’Acacio Andrade, donne ce côté folk très roots avec un très beau travail sur les percussions et la très belle voix de Karine.
C’est un disque d’amitié qui en dit long sur la personnalité de Wyll, tourné vers les autres dans sa musique, mais aussi dans sa vie. Il nous parle des gens, de leurs dualités comme dans la chanson « Quelqu’un de bien », dont le clip, tourné à l’hôpital de Saint-Malo, raconte l’histoire d’un homme qui se déguise en clown pour faire rire les enfants malades, mais qui dans sa vie quotidienne passe à côté de sa propre famille. Cette dualité que nous avons tous connue à un moment ou à un autre.
L’écriture de Wyll est juste, percutante, engagée comme lui, qui donne de son temps dans les collèges en organisant des ateliers d’écritures. Pour Wyll, « le rap est viscéral, une sorte de rage à vouloir changer les choses », mais pour cela, il utilise sa musique et son verbe pour exprimer son humanité
L’EP est sorti en juin 2018, mais le titre « Quelqu’un de bien » réarrangé, remixé et clipé est sorti en avril dernier.
8 titres sur ce disque et de très beaux morceaux comme « Ma guerre » qui oscille entre rap, chant et slam. « Madame France » qui malgré une critique acerbe de notre société, porte un optimisme à toute épreuve et un refus absolu de subir.
Vous l’aurez compris, Wyll est un artiste à découvrir et à écouter. Ils ne sont pas légions ceux qui savent écrire avec sincérité alors profitons-en et je lui souhaite un beau chemin tant musicalement qu’ humainement.
J’ai découvert Cutter, via Groover, mais sur un de ces autres projets, le groupe Tel Quel. Sa voix m’avait pas mal intrigué, son flow aussi et la chanson en elle-même était assez surprenante. Bref, nous sommes entrés en contact et j’ai découvert un artiste aux multiples facettes. Originaire de Montpellier, Cutter a développé un projet personnel et a sorti récemment un album « Mesdames & Messieurs » de 12 titres que j’ai trouvé vraiment atypique dans le paysage du rap français actuel. Les textes sont assez crûs dans l’ensemble. Il parle de sexe sans détour, mais c’est bien écrit et ça fait toute la différence avec certains morceaux de rap utilisant la sexualité comme un cliché devenu galvaudé à force d’être systématique. Cutter parle des relations humaines sans faux-semblants. Il a un véritable univers qu’il serait réducteur de limiter à cet aspect d’ailleurs. Il y a une certaine nonchalance dans sa voix, teintée d’une mélancolie qui m’a touchée.
Gros coup de coeur sur quatre morceaux en particulier: « Je m’en vais », « Pavillon de nuit »en feat avec Gio, « Trop sensible » et le dernier single « Mi piace ».
Il a déjà pas mal foulé les planches des salles de concerts, faisant les premières parties de Dooz Kawa, Davodka, Hippocampe Fou, Casey ou encore Oxmo Puccino.
Mais je vous laisse découvrir ce rappeur sensible dans l’interview qu’il m’a accordé cette semaine avec beaucoup de générosité dans ses réponses et de sincérité.
Je vous invite aussi à le suivre sur ses réseaux sociaux
Parle-nous de toi de quelle planète, viens-tu ? Avec plaisir. Que te dire, moi, c’est Cutter, je suis né dans le Sud de la France sans avoir vraiment la sensation de venir d’ici, enfin, disons que ce n’est pas quelque chose qui se ressent dans ma musique ou qui fait partie de mon identité. J’ai un peu ma propre planète en construction dans ma tête, je crois !
Àquoi correspond ton pseudo ? A plein de références obscures. Ca n’a pas toujours été mon pseudo, mais de réduction en réduction il m’est reste Cutter, et aujourd’hui je trouve que ça me correspond, ce caractère de type un peu rasoir, cette manière de découper les mots, les samples, et d’être un peu tranchant dans les propos…
Quel est ton style musical et influences musicales? Je fais du rap. Même si on me dit parfois qu’aujourd’hui, je ne fais plus du rap. Même quand je vais chanter ou aérer mon flow, je sais que je fais du rap, je sais tout ce qui me vient du rap dans le vocabulaire ou les placements, je sais à quels artistes je pense quand je me lance. Au niveau influences musicales, c’est par contre très large. J’ai beaucoup d’affection pour le rap qui a su rester brutal, polémique, mal vu un peu destroy… Et en même temps, j’aime beaucoup le côte mélodieux de choses assez pop, mignonnes.
De quel instrument joues-tu et depuis quand ? Eh ben je joue avant tout de ma voix, sous toutes ses coutures. Je joue également beaucoup avec mes petits samples un peu bizarre sur ma mpc, un peu branque avec une jambe de bois, tu vois. Je ne me considère pas du tout comme beatmaker, mais du coup quand je fais des prod je m’amuse parce que je fais des trucs que je n’ai pas l’impression d entendre partout ailleurs… C’est comme dans le film Birdman : la surprenante vertu de l’ignorance.
Parle nous de l’histoire de ton album « Mesdames et Messieurs » C’est un album que j’ai commencé à construire sur mon dictaphone en 2017. J’avais envie de faire un album sur les relations amoureuses homme-femme parce que j’étais complètement dans ces prises de tête là sur le moment. Finalement, aujourd’hui, je suis content de l’album, c’est un pas en plus vers ce que je suis musicalement. Des gens m’ont dit que j’avais trouve mon délire, c’est vraiment important ça. Par ailleurs cet album, c’est aussi ma réponse à tout ce rap qui a les plus belles filles, le plus d’argent etc… J’écoute aussi des albums comme ça, mais j’avais envie de dire « Ouais ok moi, je ne connais pas ce genre de relations où tout sepasse facile et où y a jamais rien de gênant, mais tant mieux pour vous ». Du coup, j’ai dit des trucs bien moins glorieux !
Si tu devais définir cet album en un mot ? Je dirais : tourmenté.
Pourquoi t’es-tu tourné vers le rap pour t’exprimer ? C’est ce que j’écoutais, ce que j’avais sous la main, c’était plus rapide que d’écrire un scénario de film ! Quand j’avais genre 12 ans et que j’ai découvert Eminem, je crois que ça m’a retourné le cerveau, ce type sorti de nulle part qui avait été un gosse bizarre, qui rappait mieux que tout le monde et qui allait loin dans l’intimité et la provoc.
Tu es en autoprod, est-ce que tu cherches absolument à signer avec un label? Non pas du tout. Je ne pense pas que ce soit le chemin pour moi ou pour les groupes dans lesquels je joue. S’il doit se profiler un chemin et se passer un truc, je pense que ce sera plus sur le côté, créer notre public et le faire suivre nos différents projets sur notre propre label.
Comment conçois-tu tes clips ? Ça m’est pas mal arrivé de trouver les idées de mes clips, parce que je suis assez cinéphile, mais depuis quelque temps, je travaille avec une équipe sur le côté visuel etc., c’est intéressant d’avoir des propositions extérieures sur tout ça.
Quel est ton rapport à la scène ? Un rapport passionnel ! Je suis pleinement dans le truc quand je suis sur scène, pas de demi-mesure qu’il y ait 500 ou 30 personnes. Il n’y a pas le choix, il faut y aller. Et j’adore ça.
En quoi la scène enrichit-elle ton écriture musicale ? Bonne question. C’est un échange entre les mots, les sons et la gestuelle. Physiquement, les mots vont m’inspirer des choses. Mais le ressenti physique et cette énergie peut aussi inspirer des ambiances, des refrains… J’y pense pas dans un premier temps, mais ça vient vite.
Dans ta loge idéale, on trouve quoi ? Que des trucs mignons. Du bon thé, du miel, des saloperies chocolatées. Des bons fauteuils.
Sur ta scène idéale, on trouve qui ? Je te dirais les gens avec qui j’ai toujours travaillé, Fat Shew de Frères De Chaussures au micro, Dominique Gazaix de Tel Quel au violoncelle, Tyza La Réplic sur la MPC ! Ca va être un bordel, mais bon, c’est idéal !
Peux-tu nous raconter le moment le plus marrant, inattendu ou gênant que tu es vécu sur scène ? Y en a eu beaucoup des drôles. Il y a une vidéo marrante sur un vieux live solo, à un moment Fat Shew qui était mon backeur sur ce live, me pousse en mode NTM tu vois, et en fait il m’a un peu déboîté l’épaule ça dû faire crac, on voit très bien ma réaction de surprise sur la vidéo c’est marrant.
Y a-t-il des artistes avec lesquels tu rêves de jouer ou avec qui tu as déjà eu la chance de jouer ?
Pour le fun des bêtes de scène comme Joey Starr, Busta Rhymes, Method Man… Des types dont je suis plus vraiment dans le feeling, mais qui m’ont fait kiffé sur scène. Sinon je suis très fan de Lino d’Arsenik, alors pour le fun encore une fois, mais faudrait qu’on fasse un morceau tous les deux !
Es-tu un grand utilisateur des réseaux sociaux ? Oui, mais sans grands résultats, pour ma part partager ma musique ça marche surtout pendant les concerts, les ateliers, etc.
Aujourd’hui, est-ce que tu vis de ta musique ? Oui. Je vis en faisant seulement de la musique, des concerts, des ateliers, des projets en collaboration diverses et variées. C’est une chance, je ne fais que des choses qui m’intéressent et ça me fait vivre, je ne vais pas me plaindre.
Comment as-tu vécu le confinement et quel regard, as-tu sur ta vie d’artistes dans les mois à venir ? Je l’ai plutôt bien vécu ça va. Je pense que ça nous a forcé en tant qu’artistes à faire preuve d’humilité dans le meilleur des cas, à ne pas forcément dire ce qu’on pense et montrer des choses à tout-va. Maintenant, il faut s’y remettre, je ne me suis pas arrêté en vrai, mais malgré ça, il faut quand même arriver à redémarrer quelque chose !
Quel conseil donnerais-tu à un jeune musicien qui souhaite en faire son métier ? Je lui dirais de n’attendre personne. Chaque personne, chaque chose que tu peux obtenir ça va être à toi d’aller les chercher, prends les choses au sérieux dans ta création, tes relations au public et lâches pas ton truc à toi.
Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir le moment qui a changé ta vie jusqu’à aujourd’hui ?
Ma première scène en 2010. Je crois que je suis un peu né ce jour-là ! On était 10 sur scène, on avait créé une dizaine de sons, 1 heure de concerts en 1 mois, c’était probablement n’importe quoi, mais ça a vraiment changé ma vie.
Quelles sont les prochaines étapes de ton développement ? On continue à défendre l’album Mesdames & Messieurs, pour la suite, il faut maintenir le cap, sortir et mettre en avant comme il faut les meilleurs morceaux en stock. J’ai d’autres projets qui arrivent et il faut rester sur notre ligne de conduite, viser juste, aller vers les gens qui nous comprendront.
C’est le moment de partir sur Mars, tu emmènes quel disque avec toi dans l’espace ? C’est chaud ! Je suis tout seul ou bien y a ma copine pour discuter ? Non en vrai, je crois que je prends l’album 2001 de Dr Dre. Parce qu’il a vraiment représenté tout ce qui m’a fait aimer le rap à l’époque. Puis il y a certains sons qui vont coller nickel avec la vie dans l’espace, je crois !
J’ai découvert Vyo grâce à un ami batteur Gabriel Delmas, dont je vous ai déjà parlé au tout début du blog et j’ai tout de suite eu un coup de foudre pour sa voix. Vyo est auteure, compositrice et interprète, originaire de Nice. Elle commence très tôt à chanter et à écrire mais par pudeur, elle met un peu de temps à montrer ses textes. Le chant et l’écriture sont pourtant un exutoire indispensable pour elle. Vyo offre ses textes à d’autres avant de se lancer enfin en solo en 2019. Elle sort ses deux premiers titres « Our Chemistry » et « Speechless » qui laisse entrevoir un bel univers, très glamour, très pop mais la voix de Vyo et ses accents groovy donne une dimension déjà très affirmée. Ses influences musicales vont de Stevie Wonder, Lianne la Havas à Tom Mish avec la touche pop d’une Dua Lipa.
J’ai eu l’occasion de parler longuement avec Vyo et j’ai découvert une jeune femme sensible et enthousiaste qui a su s’entourer d’une équipe solide, ce qui a permis à son projet artistique de trouver rapidement une fluidité évidente. L’humain est au cœur de sa musique, de ses mots comme de cette aventure.
J’ai adoré le groove et la chaleur de sa voix. C’est chill à souhait mais avec une énergie pop et un peu jazzy. J’ai même trouvé qu’il y a avait un petit côté Jamiroquai. Vyo a en tout cas tout pour réussir. Les deux premiers titres ont été très bien reçus sur les plateformes. Le 3ème single « Born to die » est sorti le 6 mai dernier et laisse présager un bel album, très prometteur. Un mélange de sons pop-electro avec des touches funky et de new soul, voici l’univers de Vyo que je vous invite à découvrir sur les plateformes de streaming et sur sa chaîne YouTube en attendant de l’écouter sur scène.
Petit bonheur du jour, quand tu passes dans l’émission de Emilie Mazoyer pour présenter une artiste que tu défends sur le blog depuis quelques temps. J’ai été ravie de pouvoir parler de Vita Schmidt hier soir et de son single « Le doute et le Feu » dans sa version française. En effet, comme je vous le racontais dans mon précédent portrait de cette jeune artiste, Vita a pris le parti de sortir sa chanson dans trois langues, le français, l’anglais et le norvégien.
Au moment de la parution du premier article, son album « Know Someone » n’était pas encore sorti, c’est chose faite depuis le 8 mai et c’est un petit bijou. Sa voix aérienne nous embarque dans un univers de douceur et de nostalgie. Il y a des voix qui caressent et c’est le cas avec celle de Vita. Mais le groove n’est jamais loin et vous attrape par la main sur « What you need ». Les prod sont élégantes et épurées avec de jolies trouvailles, comme sur » But for how long » avec la présence de la flûte de Sarah Watcher.« Number I could call » est très RnB. En réalité tout l’album se balade avec une fluidité parfaite entre la soul, le RnB, mais aussi le jazz avec une belle modernité et des sons parfois surprenants comme sur « Phil » complètement arrangé par le pianiste Matthieu Naulleau, morceau presque expérimental musicalement je trouve, mais totalement original.
Il y a de la recherche dans cette album. Une véritable aventure humaine aussi avec en plus de Sarah et de Matthieu, Damien Sarret, à la guitare, Julien Moril à la basse et Johann Feuerstoss à la batterie. Il y a d’ailleurs un vrai beau travail de percussions qui donne à certains morceaux un côté presque « world music » comme sur « Behind« . Sans oublier l’équipe du label Complice Music qui accompagne Vita sur ce joli chemin avec beaucoup de passion et d’enthousiasme.
Une album d’une belle maturité artistiquement parlant et ce n’est pas si commun pour un premier opus. Vita a un vrai talent d’auteure-compositrice et d’interprétation. Bien entourée comme elle, je ne doute pas qu’elle ira loin.
En attendant de la retrouver sur les scènes de France et sans doute aussi d’ailleurs, pour défendre « Know Someone », vous pourrez toujours l’écouter pour un concert en streaming au « Charlie et sa bière » un bar parisien qui d’ordinaire propose des concerts, mais en raison du confinement, ils ont décidé comme beaucoup de se lancer dans le live sur YouTube. Vita fera donc partie de cette initiative le 14 juin à 19H pour un set et une interview avec son guitariste et son percussionniste.
Je vous pose le podcast de l’émission Musique ici ( cliquez sur l’image). Mon intervention est à la 39ème minutes, mais toute la programmation de l’émission est top. Ensuite hop, vous filez écouter Vita Schmidt sur les plateformes parce qu’encore une fois, les artistes ont besoin de vous et de vos oreilles 😉
Originaire de Blackburn, dans le nord de l’Angleterre, Charlotte OC, de son vrai nom Charlotte O’Connor — a toujours eu un pied dans plusieurs cultures, entre ses racines irlandaises, indiennes et malawites. Signée très jeune par une major, elle a vite pris ses distances avec les chemins tout tracés pour suivre une voie plus personnelle, plus libre. Depuis, elle trace un sillon singulier entre pop alternative, soul profonde et touches d’électro cinématographique.
Sa musique a ce quelque chose de viscéral : on ne l’écoute pas à moitié. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plusieurs séries (Grey’s Anatomy, Riverdale, Pretty Little Liars…) s’en sont emparées. Même les médias comme Vogue ou Billboard ne s’y sont pas trompés. Mais ce qui nous a frappés, c’est sa sincérité, sa capacité à faire passer l’émotion brute.
Après une pause salutaire, Charlotte revient en 2025 avec un nouvel EP, Seriously Love, Go Home, qui nous a sincèrement touchés chez FredsBackstages. Intime, intense, souvent à fleur de peau, ce disque marque une nouvelle étape dans son parcours. On a eu la chance de discuter avec elle, pour parler d’identité, de retour aux sources, et de la façon dont on trouve sa place, enfin.
On vous en reparlera très vite, mais une chose est sûre : on a hâte de la voir sur scène, ici, en France.
Tu as signé ton premier contrat à 18 ans, ce qui peut être à la fois excitant et difficile. Te souviens-tu du moment précis où tu t’es dit : « Ça y est, je veux vivre de ma musique » ? Et que dirais-tu aujourd’hui à la jeune fille que tu étais ?
Je pense que c’était lors de mon tout premier concert, celui d’Alicia Keys. Je me souviens l’avoir regardée et m’être dit que je voulais émouvoir les gens avec ma musique. Et je dirais à mon jeune moi :
« Le monde est beau, Charlotte. Tu as traversé tellement d’épreuves que cela a obscurci ta vision. Mais tu es profondément aimée par ceux qui te connaissent vraiment. Tu vas rencontrer des gens au moment idéal de ta vie, des gens qui enrichiront ton univers. Et puis tu découvriras quelque chose d’encore plus puissant : tu es capable d’enrichir ta propre vie simplement en ayant confiance que tu es sur la bonne voie. Rien de tout cela n’est une perte de temps. Tu es destinée à faire cela. Tu aideras les autres, même si tu doutes de tes capacités ou de ta valeur en ce moment. Tu le feras, car au fond, c’est ce qui a toujours compté : la connexion, l’attention et le sens.«
Un héritage métissé, une voix unique
Tu as créé un son qui mélange soul, électro-pop, rock et blues. As-tu l’impression que tes racines — indiennes, irlandaises, malawiennes — sont désormais plus présentes dans ta musique qu’elles ne l’étaient au début ?
Tu sais quoi ? Probablement. C’est ce que j’ai écouté toute ma vie, et pour la première fois, je pense que j’ai enfin réussi à tout combiner et à en faire mon propre son. Ça a été le plus grand défi de tous… alors oui, j’ai l’impression que c’est beaucoup plus présent que jamais. Mon rêve est de retourner au Malawi et d’y enregistrer des sons à inclure dans mes futurs morceaux — je croise les doigts pour que cela se réalise un jour.
Un chaos familier
Tu as dit que le clip de Roméo montre à quel point il est facile de s’habituer à détruire tout sur son passage. Penses-tu que la douleur peut parfois nous faire sentir chez nous ? Et que l’amour, dans ce sens, est l’intrus ?
Oh oui. Ça a été le cas pendant longtemps. Et l’amour était parfait pour rendre les choses encore plus compliquées, surtout quand on ne s’aime pas soi-même ou qu’on n’aime pas le monde qui nous entoure. Je me sentais parfois comme une accro à l’amour, ça me donnait une validation quand je me sentais au plus bas. Je m’en nourrissais. C’était un endroit horrible, et je suis tellement contente de ne plus y être.
Musique et image
Tes chansons ont été utilisées dans des séries telles que Grey’s Anatomy, Riverdale, Pretty Little Liars… Que penses-tu de ce lien avec ce type de storytelling ? Écris-tu en pensant à des images, ou ces synchronisations * (ndlr : musique à l’image) sont-elles toujours une surprise ?
Je pense que mes chansons peuvent parfois être assez cinématographiques, donc je trouve que cela fonctionne bien, en particulier avec les synchronisations que j’ai obtenues pour Grey’s Anatomy et Suits. Je suis honorée que mes chansons soient utilisées dans ces programmes. Cela donne un tout nouveau sens à la musique, en fonction de ce qui se passe dans l’histoire. Je trouve cela magique.
Roméo : « Cet amour était ta meilleure mauvaise idée. »
Dans Roméo, tu chantes : « Cet amour était ta meilleure mauvaise idée. » Est-ce ta façon de décrire un beau désordre ? Le fait d’écrire cette chanson a-t-il changé ta façon de voir cette relation ?
Pas vraiment. Si cela m’a appris quelque chose, c’est que je savais déjà tout. Je savais pourquoi nous réagissions ainsi l’un envers l’autre, pourquoi cela avait un effet aussi fou sur nous deux ? J’avais juste besoin de le dire à voix haute, et oui… c’est exactement comme je le pensais.
Seriously Love, Go Home (Sérieusement, MON amour rentre CHEZ TOI)
Le titre ressemble à un ordre, pas seulement d’aimer, mais aussi de s’aimer soi-même. Que signifie « rentrer à la maison » pour toi aujourd’hui ? Est-ce que cela implique aussi d’accepter des parties de toi-même que tu as peut-être laissées de côté ?
Oui, bien sûr. J’ai perdu mon accent du Nord quand j’ai déménagé à Londres, ce qui était vraiment dommage. Mes potes ont fait en sorte que je me débarrasse de cet accent hybride Londres/Blackburn dès que je suis rentré à la maison 😂. Revenir à la maison m’a obligé à me regarder en face, à me sortir la tête du cul et à remettre de l’ordre dans ma vision merdique de la vie. Je n’aurais jamais pu faire ça dans une ville où tout tourne parfois autour de « qui porte quoi, qui a le plus bel appartement, qui gagne le plus, qui réussit ». C’était devenu tellement difficile. J’avais besoin de me rappeler d’où je venais, qui j’étais, et de faire mon deuil correctement au lieu de me cacher derrière tous ces faux problèmes.
Une production dépouillée, une émotion brute
Cet EP semble plus direct, plus essentiel. Moins de sophistication, plus d’intensité. Était ce un choix artistique ou un besoin émotionnel ? As-tu eu le sentiment de devoir être encore plus vraie dans ta musique ?
Oui, je pense que Dimitri* (ndrl : Dimitri Tikovoi son producteur et co-compositeur) et moi avons vraiment appris à nous connaître au cours de ce processus. Il a découvert ce qui m’attirait, mais il m’a aussi connu personnellement. Cela a rendu le processus vraiment honnête. Dimi m’a vu arriver au studio dans des états discutables, et je pense que nous nous sommes simplement nourris de ce qui se passait dans ma vie à ce moment-là.
Une voix LIBRE
Ta voix semble plus libre que jamais, moins contrôlée, plus ouverte. Est-ce quelque chose que tu as également vécu personnellement ? Lâcher prise sur la perfection et être simplement authentique ?
Je n’avais pas vraiment le choix. Avec tout ce qui se passait, je n’avais ni le temps ni la patience de m’amuser à essayer d’être heureuse ou parfaite. Tout était à fleur de peau, personnellement. J’étais une bombe à retardement, prête à exploser émotionnellement à tout moment. Mais j’ai fini par réaliser que c’était ce qui me manquait. Ça ne devrait pas être parfait. Parce que je suis loin de l’être, tout comme tout le monde. Le monde a besoin d’entendre les imperfections, surtout maintenant.
De retour sur scène
Tu remontes sur scène après trois ans d’absence. Comment te sens-tu ? Est-ce comme renouer avec ton public, ou plutôt comme un nouveau départ ?
Je ne me suis jamais sentie aussi bien sur scène. J’ai l’impression que toute l’expérience que j’ai acquise au fil des ans ressort lorsque je joue. J’oublie parfois depuis combien de temps, je fais cela, alors quand j’ai su que les concerts allaient avoir lieu… J’étais, pour être honnête, complètement paniquée. Mais après quelques concerts, tout s’est mis en place, encore mieux qu’avant.
Débuter et rester fidèle à soi-même
Tu as fait l’expérience des grandes maisons de disques dès tes débuts, puis tu as retrouvé ton indépendance. Avec le recul, quel conseil donnerais tu à un jeune auteur-compositeur interprète qui cherche aujourd’hui à percer sans se perdre ?
N’écoute personne qui te dit comment ta musique devrait sonner. À mes yeux, c’est à proscrire absolument. Mais à part ça, chaque expérience est tellement unique que je trouve assez étrange de donner des conseils.
Une chanson pour comprendre où tu en es
Parmi les cinq titres de l’EP, lequel te semble le plus personnel à l’heure actuelle ? Celui que les gens devraient écouter s’ils veulent vraiment te connaître.
Je pense que c’est God We Tried. Chaque note de ce morceau respire Charlotte OC.
Parmi les cinq titres, tu as choisi de mettre en avant « Cider and Black » lors de la sortie de l’EP. Qu’est-ce qui t’a marqué dans cette chanson ? Elle semble très ancrée dans la réalité et cinématographique, avec une tension silencieuse qui la traverse. La considères-tu comme une porte d’entrée vers l’album, ou plutôt comme un instantané de ta situation actuelle ?
Pour moi, c’est juste un moment dans le temps. C’était là où j’en étais quand je l’ai écrite. Je me souviens encore de la folie qui m’habitait quand j’écoute cette chanson. Je pense que le son de ce qui va suivre sera encore plus brut que jamais. Mais j’adore « Cider and Black ». Je pense que personne n’a jamais entendu cette facette de moi auparavant, et c’est pour cette raison que je l’adore.
Et après ?
L’EP est sorti le 11 juillet. Quelles sont tes prochaines étapes ? Un autre projet ? Une pause ? Où veux-tu consacrer ton énergie dans les mois à venir ?
Le prochain album va bientôt voir le jour, donc je me remets directement au travail, ce qui est vraiment libérateur pour moi. J’ai vécu avec cet EP pendant deux ans, et je suis maintenant ailleurs sur le plan personnel. Donc oui, je suis très, très, très, très enthousiaste.
Que trouverait-on dans la loge de tes rêves ?
Du miel, de l’eau chaude, du champagne, des vocal zones… Peut-être des appareils de musculation, pour évacuer la tension avant le concert, mais est-ce que je m’en servirais ? Probablement pas. Et puis encore du champagne. Peut-être un Pho. Et un chiot Border Collie. Bien dressé.
Et sur la scène de tes rêves, qui serait à tes côtés ?
Freddie Mercury, Tina Turner, Leonard Cohen… Et mon père qui nous chahuterait depuis le bord de la scène.
Dernière question : tu pars pour Mars, que prends-tu avec toi ?
Et si la pop contemporaine devenait le théâtre d’une introspection collective ? À travers leurs derniers morceaux, une constellation d’artistes, de Fiona Apple à Damiano David en passant par Bon Iver ou Dove Cameron, explore sans détour les turbulences intérieures, les cicatrices du quotidien ou les doutes existentiels. Ici, pas de posture, peu de certitudes, mais des aveux mis en musique, entre frémissements organiques et envolées électroniques. Une pop qui n’a plus peur de se fissurer, qui assume ses paradoxes, et qui nous invite, quelque part, à faire de même.
C’est cette traversée émotionnelle que retrace la nouvelle playlist “Fred’s Backstages” : un espace intime où l’on croise des éclats d’âmes, portés par des artistes qui transforment leurs fragilités en matière sonore. Vous commencez à avoir l’habitude désormais, ma playlist ne se contente pas d’être un enchaînement de titres du moment, elle a un fil rouge qui relie les artistes entre eux.
Une génération qui parle vrai, même quand ça tremble
Et c’est bien le sujet encore cette fois, certains titres donnent l’impression d’avoir été écrits sur le fil. Fiona Apple dans Heart of Gold n’adopte aucune armure. Elle chante la complexité d’exister, loin des injonctions. Même registre pour Damiano David avec Voices, un morceau tendu, brut, qui évoque la surcharge mentale sans détour. Ces chansons n’essaient pas de plaire, elles essaient d’être justes. Et ça s’entend.
L’électro sensible : quand la machine devient cœur battant
Contrairement aux idées reçues, l’électro ne neutralise pas l’émotion, elle la transforme. Écoutez Lady Gaga & Gesaffelstein (Abracadabra), ou Gryffin & Julia Michaels (Air) : il y a du souffle, du corps, de la fièvre. Chez Faithless & Bebe Rexha, Dollars and Dimes mêle groove et mélancolie avec une lucidité désabusée mais dansante. Ce sont des productions millimétrées, mais au service d’un ressenti, pas d’une façade.
L’ambiguïté comme revendication artistique
Des artistes comme Bon Iver (There’s a Rhythmn) ou Benson Boone (Mystical Magical) nous plongent dans une pop impressionniste, où le flou est revendiqué. Les textes évoquent sans expliquer, les voix se superposent comme des pensées. Même approche pour Dove Cameron, qui dans French Girls, brouille les pistes entre fantasme, identité et sincérité. Ce flou n’est pas une fuite : c’est une esthétique. Celle de ne plus avoir à choisir entre les cases.
La puissance de l’émotion assumée
On retrouve chez Jorja Smith (The Way I Love You) ou Sabrina Carpenter (Taste) une approche frontale de l’émotion. Ces morceaux, très produits, n’en restent pas moins habités. Ils assument leurs affects, leur intensité, leur sensualité, sans fard.
Il y a ici un retour à la puissance de la voix comme véhicule principal de l’authenticité.
Cette playlist, c’est un peu comme un miroir qu’on n’a pas forcément envie de regarder… mais qui nous parle quand même. Il y a des morceaux qui claquent, d’autres qui frôlent à peine, et puis des voix qui, même quand elles craquent, racontent plus qu’un long discours bien calé. On ne sort pas toujours indemne de ces écoutes, et c’est peut-être ça le but : sentir, sans chercher à tout comprendre.
À écouter fort, à danser dessus, ou à laisser tourner quand on ne trouve pas le sommeil.
La playlist de Fred’s Backstages revient avec des nouveautés cette semaine. Régulièrement, j’aime plonger dans les méandres de la création musicale pour vous concocter une playlist qui raconte une histoire. Pas seulement à travers les morceaux qui la composent, mais aussi grâce aux liens subtils entre les artistes, aux résonances inattendues entre leurs univers. Certains livrent des récits bruts et introspectifs, d’autres osent des croisements audacieux entre styles, mais tous partagent cette quête d’authenticité qui rend leur musique si vibrante.
L’émotion au cœur de la création
Si la musique peut être un simple plaisir, elle devient parfois un exutoire puissant, une catharsis. Prenez Dove Cameron et son titre Too Much : une pop sombre et élégante, portée par une voix qui vacille entre douceur et intensité, comme un souffle retenu avant l’explosion. À l’opposé, Rosemary avec What Does a Girl Gotta Do? ne prend aucun détour : son indie rock brut claque comme un cri de rage, où chaque note semble taillée à vif.
Dans un registre plus introspectif, Rachel Chinouriri, accompagnée de sombr sur All I Ever Asked, tisse un univers feutré où chaque silence pèse autant que les mots. Même sensation de flottement avec Lina Stalyte & Sun Ohm sur Sit in the Cloud, un morceau éthéré où les textures électroniques semblent suspendre le temps.
Quand les frontières musicales s’effacent
Une des forces de cette sélection, c’est cette capacité à brouiller les étiquettes, à s’affranchir des genres. La preuve avec Nouvelle Vague & Elias Dris, qui revisitent Do You Really Want to Hurt Me avec une douceur feutrée, presque fragile. Comme une conversation murmurée au creux de l’oreille, où la mélancolie du titre original se pare d’une nouvelle élégance.
Ce morceau annonce d’ailleurs une actualité chargée pour eux : une tournée européenne en mars avec des passages à Dublin, Zurich et Clermont-Ferrand, et une version deluxe de leur album Should I Stay or Should I Go? attendue pour le 16 mai 2025.
À l’opposé du spectre, Doechii injecte une énergie brute avec CATFISH, un cocktail explosif où le rap, l’hyperpop et l’électro s’entrechoquent. Même dynamique chez Blue Jay, dont le titre CHAMELEON porte bien son nom : un jeu de métamorphoses sonores où indie, pop et expérimentations électroniques s’entrelacent dans une alchimie imprévisible.
Des voix qui marquent les esprits
Il y a des artistes qui impressionnent par la richesse de leurs arrangements, et d’autres qui captivent dès la première note. Lubiana, avec Desire, choisit la voie de l’épure : une voix cristalline, une instrumentation minimale qui laisse toute la place à l’émotion brute. Son prochain album Beloved, prévu pour l’été 2025, devrait poursuivre cette fusion entre afro-soul et pop organique.
À l’inverse, Marlene Larsen joue sur l’énergie solaire de la pop avec What You’re Waiting For, où chaque mélodie semble conçue pour rester en tête. Et que dire du duo The Weeknd & Lana Del Rey ? Sur The Abyss, ils tissent un dialogue en clair-obscur, où leurs voix contrastées s’enlacent dans une atmosphère nocturne, presque cinématographique. Un titre à écouter de préférence au volant, sous les néons d’une ville endormie.
Une playlist à l’image de la musique actuelle : libre et audacieuse
Qu’ils soient des figures confirmées ou des talents en pleine ascension, ces artistes partagent une envie commune : repousser les frontières, mélanger les influences et surtout, faire ressentir quelque chose de vrai. Entre ballades contemplatives, expérimentations sonores et éclats de rage maîtrisée, cette playlist est un condensé de ce qui rend la musique actuelle aussi passionnante : son absence de limites.
🎧 À écouter sans a priori, avec une bonne paire d’écouteurs et l’envie de se laisser surprendre.Si tu as aimé cette playlist, abonne-toi sur Spotify, cela donnera de la force aux artistes qui en font partie 🙂
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