Kiara jones, nouvelle icone neo soul

Dans les jolies découvertes de ces derniers mois, il y a Kiara Jones, une jeune femme très talentueuse avec un univers déjà très particulier. J’ai eu la chance de l’interviewer juste avant la sortie de son premier ep « Black Garden ». Kiara fait partie de la sélection pour le prix Pernod Ricard France, très couru des artistes émergents. Sa musique oscille entre soul, jazz et pop, mais elle a surtout un son qui n’appartient qu’à elle et un univers visuel vintage et déjà très affirmé.

Racontes nous un peu ton parcours et d’où viens tu Kiara?

J’ai toujours fait de la musique d’aussi loin que je m’en souvienne. J’ai un papa qui était musicien, bassiste et percussionniste et une maman écrivain. Elle nous a transmis cet amour pour la culture et j’ai toujours été dans ce milieu artistique. Je ne me suis pas posée la question de savoir si j’avais le droit de faire de la musique. C’était une évidence. J’ai chanté, j’ai commencé par le ukule car le plus accessible, puis à la guitare, et au piano. J’aime bien toucher à tout, tout savoir faire, surtout quand je compose, je n’ai pas envie d’être limité dans ma création.

Quelle est justement ta formation musicale?

En autodidacte, j’ai appris sur le tas avec des musiciens. Je pense qu’il faut avoir des bases, mais il faut savoir s’en libérer pour ne pas avoir peur de dépasser ses limites et ne pas être trop scolaire. On retrouve cette liberté dans ma musique. Sinon on ne se serait pas forcément lancé dès le premier single « Black Garden », sur un morceau sans batterie, ni basse, en complet guitare chant. Je ne me pose pas la question de savoir si c’est mainstream ou pas.

C’est pour ça que ta musique est atypique, elle est très épurée.

Je trouve qu’il faut respecter certaines codes, au niveau de la structure par exemple, mais on ne doit pas se poser la question de savoir si ça va plaire. Il faut déjà que ça nous plaise à nous.

As-tu fait des études en parallèle de la musique?

J’ai fait un master d’économie, tout en ayant mon projet artistique et mes collègues se demandaient ce que je faisais en entreprise. Quand je n’ai plus réussi à concilier les deux, j’ai dû faire un choix. Entre ce que j’aime vraiment et qui me motive et l’entreprise, il n’y avait pas photo. Mes parents voulaient surtout que je réussisse, mais dans tous les cas, on ne peut pas lutter contre ce qu’on est vraiment.

Comment as-tu commencé?

Au départ, je composais dans ma chambre avec ma guitare. J’habite à Fontainebleau qui est un bassin de musiciens. J’avais participé à une scène ouverte et beaucoup m’ont dit qu’il fallait que je trouve un groupe, mais c’était vraiment pas pour être pro au début. La bascule s’est faite en 2018, pendant le premier tremplin soul en France, le Sankofa soul contest. Ca se passe au Bizz’art à Paris et c’est un évènement parce qu’il y a des artistes qui viennent de partout en France. Quand je suis arrivée, c’était noir de monde et l’accueil a été fou. Ca m’a marqué et je me suis dit qu’il fallait que je me lance. J’ai été repéré par Bruno Berberes pour The Voice 2019 à cette occasion. J’avais déjà passé le casting mais j’étais dans mon master et je ne pouvais pas faire les deux. Deux ans après, je me suis lancée mais j’ai quitté mon job. Je n’ai pas été très très loin. Je suis passée aux auditions à l’aveugle Ca donne de la visibilité quand même. D’ailleurs, cet été j’ai fait le Summer Tour de The Voice.

Le chant est-il venu tôt dans ta vie?

J’étais de nature très timide et le chant était un moyen d’expression depuis toute petite. Je ne parlais pas beaucoup mais je chantais énormément. C’était tout ce que je disais pas dans la journée que j’essayais d’exprimer dans ces petits moments. C’est venu avant de jouer des instruments.

Tu as une personnalité et une identité déjà très affirmée avec une esthétique dans tes clips très particulière. C’est un travail d’équipe ou de toi uniquement?

J’aime beaucoup la mode, le cinéma, j’écoute beaucoup de musique anglo- saxonne. On m’a souvent dit que mon esthétique ne fait pas français, ce que je ne comprends pas. je dessine le moodboard moi même pour faire la trame du clip. Après je pense les vêtements. Je travaille en collaboration avec les réalisateurs mais je suis un peu leur cauchemar parce que j’ai des idées bien arrêtées.

Tu es en auto prod ou en label?

J’ai refusé jusqu’ici d’être en label, j’attends de sortir mon projet. J’ai eu peur qu’on me bride et qu’on m’empêche de faire ce que je veux. Pour ce projet, j’ai envie d’avoir une liberté totale. Après on verra, je ne refuserais pas éternellement, mais pour moi, jusqu’à aujourd’hui, même pour la synchro, je pensais ne pas être assez prête en terme d’identité. Et objectivement, je me débrouille bien et j’ai une équipe avec moi, un manager, un tourneur mais pour l’artistique je préfère rester seule maître à bord. On a de la ressource malgré tout et je connais trop d’artistes qui sont bloqués avec des labels.

Pour la communication, de quelle façon gères-tu le projet?

J’ai utilisé des plateformes comme Groover, sinon on se débrouille avec mon équipe. Surtout qu’au début pour mon premier single, je ne pensais pas à l’impact que Black Garden allait avoir sur les autres artistes. Mais j’ai été super soutenue parce qu’ils ont trouvé ça différent de ce qui se faisait en France.

Parles nous de ton Ep « Black Garden » sorti le 6 novembre quelle en est la couleur?

Une couleur jazz, indie pop, et plutôt soul. J’avais assez de morceaux pour faire un album mais les autres titres sont plus électro pop. Donc sur l’ep les derniers titres sont plus pop pour annoncer la suite. Il y a 5 titres.

Quel est le fil rouge de ton ep?

Le thème principal c’est l’amour et l’espoir. Le premier titre s’appelle « Not Today », composée un peu avant le confinement et cette chanson a pris sens avec ce qui s’est passé après. Elle est plus dansante, plus feel good que « Black Garden ». C’est un ep positif, je voulais que sur chaque chanson, on ressente quelque chose, de la joie ou de la mélancolie. « Another day » qui clôture l’ep, est un morceau plus funk et plus jazzy, c’est un mélange de ce que je fais en live, plus dynamique.

On doit donc s’attendre à une évolution de ta musique vers d’autres univers ?

Oui c’est un peu décalé et je vais continuer à me balader dans différents univers. J’ai envie d’explorer.

Dans ta loge idéale on trouverait quoi?

J’aurais forcément une guitare comme ça pas de stress avant de monter sur scène. Après je prendrais mon régisseur, parce que j’ai besoin d’avoir un regard rassurant, pour la confiance. Je n’ai pas d’exigences particulière.

Sur ta scène idéale on trouverait qui?

KAYTRANADA, James Blake, Sampha, Robert Glasper ce serait énorme.

Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir un moment qui a changé ta vie?

La première fois que j’ai joué sur la bouclette tv, quand j’ai joué mon morceau avec ma guitare en plateau devant toute l’équipe. Je présentais une de mes compos et j’ai pris conscience que c’était concret. C’était un sentiment particulier, c’est la bascule pour moi.

Je t’emmène sur Mars, qu’emportes-tu avec toi?

Je prendrais un album de Kaytranada pour avoir de la musique qui me donne le moral tout le temps et un piano. Sinon des chaussons de danse, avec la gravité, ça peut faire une image pas mal.

Pour suivre Kiara Jones sur ses réseaux sociaux, c’est par ici

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