NEDELKO, nouvelle force tranquille du rap français

Aujourd’hui, je vous embarque dans l’univers du rappeur Nedelko, découvert au sein du collectif lyonnais L’Animalerie, la musique de Nedelko est un savant mélange entre musique progressive et rap plus technique. Il écrit ses textes, avec une mélancolie assumée, un sens du rythme qui fait mouche et qui a su me toucher. Un premier album Rhéologie sorti en 2019, surprenant qui dévoile un artiste d’une grande sensibilité sachant manier les mots avec poésie. Le 4 décembre prochain, sort son nouvel album URIZEN PT.I, associé au compositeur et beatmaker Oster Lapwass, il promet de nous emmener encore plus loin dans son univers. J’ai eu la chance d’écouter les maquettes et c’est une jolie claque. C’est beau, puissant et fort. Un garçon à découvrir d’urgence parce qu’il va faire de plus en plus parler de lui dans les mois à venir. C’est tout ce qu’on lui souhaite mais je n’ai pas trop de doute vu la qualité de son écriture. Le rap quand il est bien écrit, c’est juste un petit bonheur à savourer tranquillement.

Nedelko, racontes nous ton parcours?

J’ai jamais fait de musique quand j’étais jeune, pas de solfège, ni d’école mais j’en ai beaucoup consommé, beaucoup écouté. Je ne m’étais pourtant pas vraiment autorisé à faire partie de ce monde. Pour moi, c’était pour des gens qui étaient déjà dedans. Quand j’étais petit, je voulais être véto, la musique semblait inatteignable. J’avais des parents qui n’étaient pas contre l’idée, mais c’étaient mes propres barrières, ma timidité naturelle qui m’empêchaient de me lancer. J’ai fait mes études, j’ai fait trois ans d’histoire à la Sorbonne, puis je suis parti six mois en Nouvelle-Zélande, je cherchais un pays qui dépayse pas mal et où il y avait du travail. Là-bas, j’ai beaucoup écrit et quand je suis rentré, j’ai décidé que ce serait la musique. J’ai fait une école de son mais c’était très technique et ça m’a pas accroché, c’était pas assez artistique pour moi. Au bout d’un an j’ai fait des maquettes et j’ai envoyé à l’Animalerie, le collectif lyonnais de Oster Lapwass dont j’étais déjà fan. Il a kiffé et il a voulu travailler avec moi. Du coup, je suis parti sur Lyon et on a bossé sur Rhéologie.

Tu écris tes textes, très introspectifs, très personnels, comment gères-tu l’émotion sur scène?

Des fois c’est compliqué, en plus quand je fais des concerts, les gens qui ne me connaissent pas, attendent de pouvoir bouger, mais moi j’ai un registre assez calme. Parfois c’est plus difficile car il y a des morceaux qui peuvent me percuter plus .Il faut gérer les émotions. Dans le prochain album, il y aura des morceaux plus patate mais ça reste sur des sujets forts.

Quel est ton processus d’écriture?

En général ca va vite, il y a un mécanisme rythmique, c’est presque mathématique. je parle de mes émotions et je les regroupe par thème. Le prochain album sera en deux parties et il racontera une histoire. 14 titres, la première partie sortira le 4 décembre et la suivante en mars 2021. En terme de thème, il y a un élargissement de l’horizon pour la deuxième partie. Ce sera dans la continuité du premier album Rhéologie. Mais on reste dans la mélancolie latente, tout en allant plus loin en terme de musique, dans la construction des morceaux, dans l’agencement des chansons, cela correspond plus à ce que je veux faire dans la musique, un mélange de rap et de musique progressive.

Tu as sorti un son avec Oster Lapwass, « Or what » le 13 octobre dernier, produit par Yann Rat-Patron qui m’a surpris car très différent de Rhéologie. Peux-tu nous en dire plus?

Sur Or what, c’est plus léger en effet, mais ça me représente aussi pas mal, c’est le côté pote que j’aime. Mais il ne sera pas sur l’album, ca m’a fait marrer de le faire et c’est autant moi que les trucs tristes. Je voulais montrer une autre facette. C’était aussi un test parce que j’avais un peu peur que les gens m’enferment dans un style.

Quelles sont tes références musicales?

King Crimson, c’est un pilier du rock progressif. J’ai été un petit peu secoué par Pink Floyd au collège, puis les Strokes pendant l’adolescence, Julian Casablancas, a beaucoup expérimenté mais de façon écoutable. Ca m’intéresse cette démarche, expérimenter mais rester accessible. Il y a aussi Courtney Barnett, c’est une inspiration, qui est australienne. En français j’aime beaucoup, Moustaki Bashung, Leo Ferré, et en rap j’ai commencé à écouter Odezenne, quand il faisait du rap rap, maintenant c’est plus électro. Mais ça m’a entrainé vers le rap que j’aime, le collectif Time bomb, Lunatic, Booba, Oxmo Puccino, des rappeurs avec du fond. Booba on oublie qu’il a apporté beaucoup au rap, au niveau technique. Et mes inspi c’est l’Animalerie.

Tu es en autoproduction ou tu as signé en label?

Je suis en indé, et je ne cherche pas spécialement à signer en label, mais je ne suis fermé à rien, surtout en terme de visibilité. Le but reste d’être écouté par le plus de monde possible. J’utilise aussi la plateforme Groover pour me faire connaître. Ils sont top pour l’émergence.

Pour ce deuxième album, avec qui as-tu travaillé?

J’ai travaillé avec la même équipe, Oster Lapwass et deux beatmakers et compositeurs Hayko, le guitariste et compositeur du groupe Arche, Yaon et GoodJohn. On est plutôt content. Je pense faire un clip par morceau.

C’est quoi le pitch de Urizen?

Dans la mythologie de William Blake, Urizen occupe le rôle de grand architecte. Celui qui dessine les limites de l’horizon, crée l’univers et en définit les contours à l’aide de son compas. Ce second album fait le récit de ces horizons transfigurés, qui grandissent ou se restreignent à mesure qu’ils croisent ou percutent ceux des autres. Ici, Urizen c’est l’histoire d’un monde qui nait dans un autre trop petit. C’est le passage de l’errance, de l’étroitesse et de la solitude, à la rencontre, la lumière et l’ascension. Le concept de l’album est de le couper en deux parties qui se croisent et se répondent, URIZEN navigue entre les saisons et les courants, entre rap, mélodies lancinantes et musique progressive.

Comment gères-tu les clips?

C’est moi qui fait le montage et l’étalonnage, je travaille avec Matthieu, et pour les coûts, je travaille à côté, je suis barman. Pour moi c’est important de payer les gens. Ca demande de l’investissement. D’ailleurs, j’ai prévu de sortir un clip pour chaque chanson sur cet album. C’est un projet qui va durer sur le long terme.

Dans ta loge idéale on trouve quoi ou qui?

On trouverait uniquement mes potes, ma copine, et pas mal de bières, des pizzas et Oster Lapwass

Sur ta scène idéale, on trouve qui?

Baptiste Chambrion, mon backer Edgar, et Oster. En fait avec l’Animalerie, j’ai déjà fait de belles scènes comme Le transbordeur à Lyon. Je devais faire la première partie d’Oxmo mais ca été annulé le jour du confinement.

Le temps vient de s’arrêter, tu peux choisir un moment qui a changé ta vie.

C’est quand j’ai dû prêter un disque dur il y a quelques mois ou sinon le 27 juillet 2019. Ca reste un secret 🙂

Je t’emmène sur Mars, quelle personne ou quel objet emmènes-tu avec toi?

Je prends mon chat Mario, parce que ca le dérangera pas plus que ça, comme il ne fait que dormir.

Raconte-nous un moment gênant, drôle ou inattendu que tu as déjà vécu dans ta carrière?

Un concert à Chambéry, c’était dans un bar, et les gens ne voulaient pas de nous, ca se voyait. Rien à faire pour les embarquer. Jusqu’à la fin ca été un enfer. On est sorti de ce concert, on s’était garé à un endroit où il fallait pas et la voiture avait été bloquée par un gros poteau. On a passé la nuit pour enlever ce truc (rires)

Quels sont tes projets dans les mois à venir?

La sortie de l’album, acheter un pavillon à Clamart (rire) et une Fiat Multipla.

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