La nouvelle playlist de Fred’s Backstages est en ligne sur Spotify, l’occasion de vous faire découvrir de nouveaux groupes, d’autres plus installés, mais dans tous les cas vous pourrez picorer à foison dans cette playlist faites uniquement de coup de cœur. Vous y trouverez du live looping avec Adam Ahuja, le duo electro pop Rosaway, du rock avec les Fatal Picards, de la folk, bref un peu de tout ce qui passe à portée de mes oreilles et qui me fait kiffer. Et surtout de jolies découvertes comme les Dusk Totem, un duo dont je vais très vite vous parler, et le stratosphérique Ben Alès.
Alors comme d’habitude soyez curieux et l’affût des nouveautés car les artistes ont besoin de nous pour exister et continuer à s’exprimer. Chaque écoute compte, chaque moment passé à un concert est une parenthèse enchantée pendant laquelle la musique réunit tout le monde. Mantra du jour 😉
Ce que j’aime dans la vie ce sont les rencontres imprévues et celle avec le groupe de rock les Fatals Picards l’est assurément. Car si je les connaissais de nom, c’est par la Bossa Nova de Jean-Marc Sauvagnargues, leur batteur que j’ai découvert leur musique. Comme quoi la bossa mène décidément à tout 😉
Ceci étant dit, j’ai eu la chance de discuter longuement avec Jean-Marc puis avec Laurent Honel, leur guitariste et auteur-compositeur et j’ai fait la connaissance de deux garçons passionnant, engagés et avec une vision saine de la musique. Ici on ne parle que de l’amour du public, de la langue française et de sa richesse pour évoquer non sans humour les grands sujets de société. Car l’humour fait partie de l’adn du groupe au même titre que leur passion pour la scène et le partage.
Mais revenons aux origines car je ne suis peut être pas la seule ignorante du coin et la seule à être passée à côté de ce groupe.
On démarre en 2000 quand quatre garçons (Ivan Callot le fondateur qui a quitté la formation depuis, Laurent, Jean-Marc, Paul Leger et Yves Giraud) décident justement de marier musique et humour pour parler d’homophobie, de chômage, d’immigration et tout pleins de sujets qui nous percutent à chaque coin de rue depuis un moment déjà.
Mais nous sommes dans un humour à la Desproges, celui de Bobby Lapointe ou Renaud, quand les mots se chargent de messages l’air de rien et l’air de tout, car jouer avec les mots est un art parfois oublié par certains et c’est bien dommage.
Voici un groupe atypique qui en 2007 se paye le luxe de participer à l’Eurovision confortant son image de rockeurs décalés mais qui surtout passe sa vie sur scène comptabilisant plus de 1700 concerts dont 9 Olympia complets entre la France, la Belgique, la Suisse et le Québec. Ils fêteront d’ailleurs leur 20 ans de carrière l’année prochaine!
Les Fatals Picards ce sont 9 albums studios et 3 albums lives. Certains ayant été financés grâce au crowdfunding, explosant les objectifs grâce à une communauté de fans très engagée.
J’avoue que je n’ai pas écouté tous les albums, mais le petit dernier par contre a eu toute mon attention. « Espèces menacées » est sorti en avril dernier. L’occasion pour eux de s’interroger et nous avec, sur l’impact des interdits alimentaires dans la vie de couple (« sucer des cailloux »), la vie révolutionnaire après la mort des idéaux. La chanson « Mon arbre » qui évoque sans concession mais avec beaucoup de poésie le drame du suicide dans le monde agricole m’a particulièrement touchée. La plume des Fatals est alors juste et pudique. On y parle d’écologie, de suprémacisme blanc, de films X des années 80, de la collusion entre business et terrorisme. Ça égratigne, bouscule mais sans pour autant oublier de nous faire danser et c’est bien la force des Fatals Picards, une envie irrésistible de vous donner le sourire malgré tout et de vous embarquer dans leur univers un peu fou certes, mais tellement ancré dans la réalité.
Une mention spéciale pour cette reprise d’anthologie du tube « Banana Split » sur laquelle Lio s’est invité pour un duo explosif et très très rock. Mais aussi pour les interludes qui sont autant de pastilles surprenantes liant les chansons les unes aux autres.
Vous l’aurez compris, j’ai aimé cet album parce qu’en ces temps de crises, la musique et le rock des Fatals Picards en particulier est une bouffée d’oxygène qui aide à prendre du recul, à se marrer l’espace d’un moment, à réfléchir aussi. « Espèces menacées » porte un regard à la fois décapant et tendre sur nos humanités. C’est un album riche, enjoué et engagé, engageant aussi. Bref une découverte tardive pour moi mais il n’est jamais trop tard pour rien en réalité dans la vie 😉
Les Fatals Picards sont en tournée un peu partout en France et ils seront à Paris au Trianon le 7 décembre 2019 et moi aussi du coup !
Il y a des jours ou des nuits en l’occurrence pendant lesquels le temps s’arrête et nous embarque dans un voyage sensoriel qui peut nous emmener loin. Il y a quelques jours, j’ai été attrapée par une musique familière et douce qui m’a renvoyée directement à mes premiers émois musicaux. Jean-Marc Sauvagnargues, puisqu’il est à l’origine de ma bonne humeur, est le batteur du groupe de rock français, les Fatals Picards, mais je ne le savais pas quand j’ai écouté son morceau car pour être franche, je n’avais jamais écouté ce groupe. Du coup, je n’ai absolument pas été influencée par ce point particulier.
Mais commençons par le début, Jean-Marc est avant tout issu d’une famille de musiciens, père saxophoniste et flûtiste, mère pianiste et chanteuse. Il débute avec la batterie à 10 ans, grandit en jouant dans des groupes tout au long de ses études de maths. Il devient prof où il enseigne les maths et la musique pour des élèves en difficulté. Il rejoint les Fatals en 2002 avec la carrière et le succès que l’on connaît mais cela fera l’objet d’un autre article.
En effet, la passion de Jean-Marc Sauvagnargues est en réalité la bossa nova et ce n’est que cette année qu’il a décidé de nous dévoiler cette autre partie de lui. Il va réunir autour de lui Julien Doumenjou et des musiciens du groupe A Banda. L’album « SAUDADE » sort aujourd’hui, le 15 novembre et ce deuxième opus en solo que j’ai eu la chance d’écouter en avant-première est un petit bijou de bout en bout pour qui aime la musique brésilienne.
Saudade n’a pas de traduction précise en français, c’est un sentiment qui fait appel à l’espoir, la nostalgie, la tendresse et en réalité tout tient dans ce mot si doux et si chantant. Jean-Marc Sauvagnargues nous délivre dans ce disque son amour pour cette musique au travers de grands standards de la chanson française inspirés ou adaptés de chefs-d’oeuvre brésiliens. Mais il a pris le parti de respecter les codes de la bossa sans ajouter d’instruments autre que ceux prévus à l’origine et a choisi des arrangement simples et épurés. Il a surtout décidé d’enregistrer en live avec tous les musiciens. Ce qui, de nos jours, ne se fait que très rarement, chacun enregistrant ses parties, puis on assemble le tout.
Jean-Marc a certes repris des standards mais en s’attachant à en retrouver l’essence originale, celle de Jobim entre autres, sans chercher à verser dans le jazz ou la variété.Il a aussi composé des titres originaux, tels que « Saudade » qui est finalement une déclaration d’amour à la bossa, « Le café veloso » et le titre « Et Demain ». Les reprises de Nino Ferrer avec » La rua Madeira » mais aussi « Fais comme l’oiseau » dont on connaît celle de Michel Fugain et « Paroles, Paroles » qui m’a réconcilié avec cette chanson que je n’aimais pas tant que cela.
Le groupe qui l’accompagne dans cette aventure, A Banda est une formation complète qui joue de la musique brésilienne dans l’esprit original et dont le leader Julien Doumenjou, guitariste talentueux a mis sa patte sur les arrangements de l’album. Jean-Marc dont la voix se prête délicieusement à ce genre musical, chaude et douce est souvent accompagnée par celle incroyablement belle de Patricia Lestre.
Vous l’aurez compris, j’ai vraiment craqué sur cet album de bout en bout et je vous invite à le découvrir et à vous laisser embarquer dans l’autre univers de Jean-Marc Sauvagnargues. Pour ceux qui le connaissent derrière les fûts des Fatals Picards, vous découvrirez toute sa sensibilité et la preuve encore une fois que les artistes sont multiples et qu’il ne faut pas les mettre dans des cases.
« Saudade » est une caresse qui fait du bien à l’âme et la douceur par les temps qui courent est précieuse et à apprécier sans modération.
Jean-Marc et A Banda seront en concert pour présenter l’album, le 11 janvier 2020 à l’Européen avec en première partie Yves Giraud, le bassiste des Fatals mais cette fois à la guitare classique.
Vous le savez sans doute désormais, mes goûts musicaux sont assez éclectiques parce qu’on a deux oreilles et qu’on peut aimer autant le rap que le jazz, la pop et la folk. Bon c’est vrai que j’aime de plus en plus la folk, cela dépend de mon humeur. Midnight Préfou est venu à moi via Groover comme pour beaucoup des artistes que je découvre. J’ai écouté un premier titre « The island » issu de leur album « Bubulle is dead », en hommage à leur regretté poisson rouge. Et rien que dans leur accroche complètement décalée, j’ai été séduite avant même d’avoir appuyé sur Play, et quand en plus la musique est bonne et bien on peut dire que c’est gagné.
Deux marins de commerce, un chimiste et un médecin, une fille et trois garçons, qui se définissent comme « une bande de joyeux lurons hauts en couleurs malgré un taux de daltonisme assez élevés » voici Midnight Préfou, Clélia la chanteuse et violoncelliste, Clément, Martin et Arthur, guitariste, pianiste et chanteurs aussi. Ces quatre là se sont rencontrés au Havre, pendant leurs études à l’Ecole Nationale Supérieur Maritime, bah oui on est au Havre. Leur musique est un joyeux mélange entre folk anglaise et chanson française et une bonne dose d’humour décalé quand le sujet s’y prête comme dans leur titre « Pauvre con » dont le clip est un montage au vitriol de portraits des politiques qui nous entourent. Des passionnés de musique dont les influences vont de Cocoon à Stu Larsen, en passant par Thomas Fersen.
Ils mélangent français et anglais avec beaucoup de douceur, la voix de Clélia tout en délicatesse se promène avec sensibilité sur les jolis titres de leur nouvel EP « Wanderlust », trois chansons c’est peu et presque pas assez une fois qu’on est happé par l’univers poétique de Midnight Préfou. Wanderlust c’est le syndrome du voyageur et à n’en pas douter le voyage est le fil rouge qui inspire notamment Clélia et Martin. Cet EP a d’ailleurs été enregistré alors qu’ils s’apprêtaient à partir pour un an en Nouvelle-Zélande. C’est donc depuis le bout du monde que j’ai échangé la première fois avec Martin.
Le premier titre « Wanderlust » est une balade folk, une invitation au voyage entre banjo et harmonica. « Tauopathie » est un duo violoncelle et guitare mêlant la voix de Clélia à celle de Martin et enfin » Monoamine Theory » composé durant un voyage en Birmanie, plus enlevé et plus pop.
Autant le premier album » Bubulle is dead »avait été complètement auto produit et réalisé par leurs soins, autant ce dernier EP a été mixé et masterisé en studio, confirmant l’envie des Midnight Préfou de s’engager durablement dans la musique. En tout cas, ils m’ont plu et leur vision de la composition se résume bien dans cette phrase que je leur pique allègrement » Pour créer nos chansons, nous essayons de trouver des associations de notes et d’accords qui ne rendent pas trop mal quand on les écoute, et puis nous saupoudrons des paroles dessus. Comme souvent dans la chanson française, parfois nos textes veulent faire passer un message, mais la majorité du temps ça n’a aucun sens »
Vous l’aurez compris, l’humour fait partie de leur ADN et cela leur donne une fraîcheur qui donne envie d’en découvrir plus non?
Allez hop, la playlist de novembre pour changer sera éclectique sur Fred’s Backstages. J’ai encore découvert des pépites depuis septembre, fait de belles rencontres avec des artistes engagés, brillants, passionnés et généreux. Je vous livre mes premiers coups de cœur de ce mi-novembre mais il faudra y revenir car la playlist s’enrichit au gré de mes balades musicales. Alors abonnez vous, partagez, découvrez, n’ayez pas peur, la musique ne mord pas ou alors ce sont les mots, histoire de vous secouer un peu avant d’entrer dans la torpeur de l’hiver.
Je vous prévois quelques jolis articles d’ici la fin de l’année, mais je prends mon temps, j’écoute, je ré-écoute, je vais dans les concerts, je papote au téléphone avec les artistes, je les rencontre, tout cela se sont des heures et des heures accordées à leur art qu’il ne faut pas prendre avec une indécente légèreté au risque de leur ôter l’espace vital dont ils ont besoin pour s’épanouir.