Simony: la nouvelle claque du rap

Ce n’est pas tous les jours qu’on se prend des claques en écoutant de la musique et dans mon cas, en écoutant du rap. Je suis une amoureuse des mots alors forcément quand je tombe sur un artiste qui sait les manier avec un vrai propos et une véritable envie d’en découdre avec les rimes et les punchlines intelligentes, mes radars ont tendance à passer au vert.

C’est exactement ce qui vient de se passer avec le rappeur français Simony, jeune prodige de 22 ans découvert il y a à peine un an sur Instagram, alors qu’il participait à des concours de freestyles sur @uneminute2rap. Très vite repéré par des rappeurs et par les RABBITS, Simony déroule son rap hybride avec brio. Un mélange entre rap et électro qui surprend et laisse présager un futur plus que prometteur à ce garçon.

Il vient d’ailleurs de signer avec la maison de disque Wagram en mars dernier et il a désormais une équipe avec lui. Mais ce n’est pas tant cela qui m’a passionné chez lui, surtout après avoir passé du temps à discuter avec lui. Simony fait preuve d’une maturité certaine, les pieds bien ancrés dans la réalité, mais la tête dans les étoiles, une ambition assumée, une véritable réflexion sur la société qui l’entoure. Il met dans ses textes toute sa rage, son envie d’un monde moins formaté, plus à l’écoute des autres, un refus du diktat de l’argent. Tout cela avec un flow incroyablement fluide, percutant et une prod monstrueuse.

Simony découvre le rap très jeune, grâce à son oncle, avec NTM, Assassins, Ideal J, avant de se construire ses propres références avec les sons plus électro de Daft Punk, mais aussi Kanye West et en France Disiz. Il commence à écrire très tôt aussi, de la poésie, des textes complexes, qui ne s’accordent pas forcément avec le rap, alors il apprend, s’adapte car Simony a des choses à dire. C’est un instinctif doublé d’un cérébral qui pense sa musique autant qu’il la joue. Et c’est bien là toute sa force. les punchlines acérées sont bourrées de références cinématographiques. Il fait référence à sa vie, mais aussi à celles des gens qui l’entoure, parle du décalage qu’il ressent avec la société qu’on lui propose, mais aussi avec lui-même. Il y a chez ce garçon une introspection permanente qui nourrit son écriture. On pourrait faire un parallèle avec Nekfeu, mais ce serait trop simple car Simony a déjà un monde à part qui ne ressemble à personne. On est surpris par la puissance qu’il dégage à un si jeune âge. Mais la sincérité est là et c’est bien l’essentiel.

Et Simony ne fait pas comme tout le monde, il a déjà construit une fan base solide sur Instagram avec plus de 82 000 followers et sur YouTube avant même de se retrouver sur les plateformes de streaming.

Il a balancé quatre clips en à peine un an sur YouTube, réalisés par ses potes du collectif Le Fief, complètement home made dans lesquels il crève l’écran. Habité de bout en bout. Les titres de ces morceaux sont révélateurs d’un univers sombre, comme Birdman, Fight Club, Death Note ou la Fièvre. La liberté, la dualité, l’ambition, la psychologie, sont autant de sujets qu’il aborde sans faux-semblants. Son incompréhension face à un monde dans lequel plus personne ne prend le temps de se connaître soi-même pour évoluer. Cette course effrénée pour produire toujours davantage. Simony fait partie de cette génération qui regarde le monde sans prisme et sa collaboration avec les RABBITS donne un côté aérien à ses textes. Il parle de ces comparses comme  » des mecs qui ne sont pas des mecs qui font de la musique dans un vaisseau spatial ». La terre et le ciel finalement.

Son processus créatif n’est en rien figé, mais il a besoin d’être proches des gens pour travailler. Il écrit beaucoup, les Rabbits composent avec lui en studio, ou ils proposent des prods et il écrit dessus. Il a besoin de comprendre le mood, de ressentir des sensations, des vibrations.  » Si je les ressens pas je ne peux pas être touché, si j’ai pas la vibration au niveau du 5ème chakra, ça ne marche pas » dit-il.

Vendredi 24 avril sortira sur toutes les plateformes le premier EP sous le nom de « SIMONY ». Déjà deux titres sont en streaming, les deux derniers les rejoindront alors. Ce premier EP est un cadeau pour tous ceux qui le suivent depuis le début et lui réclament les 4 titres qu’ils écoutent déjà sur YouTube.

Il prépare déjà un nouveau projet pour la rentrée qu’il construit de façon différente. « Le premier EP s’est construit en même temps qu’on le pensait » « le prochain, j’ai commencé à le penser avant de le réaliser ». La différence est subtile mais tellement révélatrice de la manière de fonctionner de Simony.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce garçon. C’est un véritable coup de cœur, musical et humain, et vous savez que sur ce blog l’un ne va pas sans l’autre. Simony m’a touché et il est évident qu’il va se faire une belle place sur la planète rap, mais je ne serais pas surprise qu’on le retrouve dans d’autres sphères. Le cinéma, lui fait déjà des appels du pied et il sera dans le prochain film de François Ozon. Quant à nous, on le retrouvera aux Cuizines le 3 octobre et très certainement sur beaucoup de scènes dans les mois à venir.

Crédits Photos: avec l’aimable autorisation de Simony

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